En 2026, Navee intensifie son offensive sur le terrain des trottinettes électriques. La marque chinoise dévoile des nouveautés à un rythme effréné, pour tenter de bousculer les leaders du marché que sont Xiaomi et Segway. En bel exemple, citons la GT3 Max que nous avons essayée en 2025, avec déjà une remplaçante GT5 au printemps 2026.
Cette dernière semble très proche esthétiquement voire identique, mais elle améliore de nombreux points : autonomie, puissance, freinage, etc. Le tout se fait à un prix stable de 599 € hors remise. Une belle affaire ? Il fallait tout de même confirmer cela lors d’un test en bonne et due forme, sur les mêmes terrains que sa devancière.
Fiche technique
| Modèle | Navee GT5 Max |
|---|---|
| Autonomie annoncée | 90 km |
| Temps de recharge annoncé | 360 min |
| Vitesse max | 25 km/h |
| Puissance du moteur | 700 watts |
| Poids maximal supporté | 130 kg |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque.
Une évolution en détail, mais plurielle
Au premier regard, on pourrait effectivement confondre les deux modèles Navee GT5 Max et GT3 Max. Pour les avoir eues côte à côte, elles sont en effet presque pareil mais bien différentes tout de même ! Le deck a bougé pour offrir une plus grande partie arrière relevée, le tube diagonal du châssis et la potence sont spécifiques pour loger un câble supplémentaire, les bras oscillants sont plus cossus, et viennent entourer des amortisseurs plus verticaux.
Difficile de nommer tous les petits changements, tant la marque a bien travaillé entre les deux versions, mais c’est surtout la fourche couleur bronze qui reste le point le plus distinctif. L’esprit reste assez consensuel, mais dégage toujours une belle qualité de fabrication. On apprécie aussi l’accroche-sac, qui permet de porter une petite course tout en restant sous les 5 kg. La béquille, elle, a un pied trop petit qui s’enfonce dans les sols meubles.
Un équipement riche mais imparfait
Les dimensions n’évoluent que peu, avec 1,20 m de long pour 60 cm de large et 1,28 m de haut. Le mécanisme de pliage est identique et asymétrique. La potence se rabat légèrement sur la gauche, avec la sonnette servant de crochet. Pas le plus facile en transport, mais le poids qui grimpe à 24,6 kg (contre 23,4 kg sur la GT3) est incompatible avec le multimodal.
Le deck conserve une surface généreuse – 50 cm de long, 19 cm de large exploitables – pour mettre les pieds dans sa position favorite. Reste que le revêtement coloré et le logo se dégradent très rapidement, comme sur la GT3, et que le garde-boue avant manque de longueur pour protéger des projections (eau, gravillons, boue, etc.).
Le guidon est identique et courbé pour avancer la position de conduite, avec des poignées peu adhérentes sous les paumes (désormais noires). À l’extrémité, les clignotants sont parfois peu visibles sous nos grandes mains, surtout avec des gants, mais les commandes sous le pouce gauche sont parfaitement placées. L’éclairage est automatique à l’allumage, mais il est possible de l’actionner manuellement.
Dommage que le bouton soit sur la commande de gâchette, donc inaccessible en conduite… Le projecteur avant, réduit en taille, conserve une bonne puissance, mais son faisceau reste un peu étroit pour circuler en dehors des pistes cyclables, tandis que le feu arrière est classique avec sa fonction-stop.
Un écran minimaliste
Si la trottinette électrique évolue un peu à l’extérieur, son électronique ne bouge pas d’un iota. On trouve au centre de la potence le petit écran, joliment inséré mais plus que simpliste.
Cela ravira les amateurs de minimalisme, mais Segway et Xiaomi ont désormais lancé des affichages plus complets. Sur cette Navee GT5 Max, on retrouve la vitesse en gros caractères, avec une petite jauge inférieure pour la batterie, et quelques icônes dont des modes de conduite.
Une application qui n’évolue pas
L’application n’a pas évolué depuis notre test de la GT3 Max. Elle permet de consulter le pourcentage de batterie avec une estimation de l’autonomie, le kilométrage avec distance des 10 derniers trajets, de régler la force du frein électronique ou encore de fouiner dans les données de la batterie.
On aime le verrouillage du moteur, qui bloque la roue pour les arrêts minute, à condition de rester près de l’engin (c’est du Bluetooth). Pour le stationnement, il faudra la sécuriser avec un antivol classique (non fourni), pendant que le traceur Apple Find My opère… seulement pour les possesseurs d’appareils iOS.
De superbes performances
La Navee GT5 Max marque une vraie progression en performances. Son moteur arrière développe désormais 700 W de puissance nominale et 1 638 W en pic, contre respectivement 400 W et 1 000 W pour le modèle sortant. Effectivement, les accélérations sont beaucoup plus nettes ! La trottinette électrique ne bouscule pas son conducteur façon Segway ZT3 Pro, grâce à un peu plus de douceur, mais c’est plus nerveux que sur la grande sœur NT5 Max qui arrive ce mois de septembre.

On sent que l’on atteint le bon dosage, avec une gâchette qui permet de gérer finement la puissance, afin de se dégager de certains automobilistes au feu vert par exemple.
Un petit boost existe sur l’application dans « plus de fonctionnalités ». Un mode « Turbo » peut y remplacer le mode « Eco » afin de profiter d’une plus forte accélération, nécessaire dans les dénivelés mais trop nerveux en circulation urbaine. En montée, la GT5 Max grimpe sans aucun souci, même à plus de 10 %, sans perte de vitesse.
Navee revendique de son côté une pente maximale de 28 %, soit un peu plus que les 22 % homologués sur la GT3 Max. Nous n’avons pas pu confronter la GT5 Max à une rampe aussi sévère, mais ce chiffre la place parmi les trottinettes les plus grimpeuses de son segment de prix.
L’excellent moteur, totalement silencieux, compose avec une Navee très agile. On manie la trottinette très facilement, de quoi se faire plaisir au guidon et finement gérer les virages. Cependant, on admet que la stabilité est perfectible. En comparant avec les modèles plus cossus aux roues plus larges (Xiaomi en 12 pouces, la nouvelle NT5 Max), cette GT5 Max avec ses roues classiques de 10 pouces secoue pas mal sur les petits trous et bosses sur la route, qui demande de bien saisir le guidon à deux mains.
Des suspensions et freinage encore perfectibles
La suspension évolue aussi, mais pas à l’avant, où la fourche conserve une bonne absorption des chocs. Mais à l’arrière, les deux amortisseurs ont un angle plus relevé pour tenter de mieux corriger le tout. Dans les faits, peu de différence. Si l’amortissement est bon, peut-être un poil meilleur, les vibrations semblent plus présentes sur les revêtements rugueux, les pavés ou les chemins.
Cela est sans doute dû au changement de pneus, plus lisses, qui offre cette agilité remarquable, mais en dégradant légèrement le confort. Pas de panique, la Navee GT5 reste très confortable, mais les précédentes faisaient mieux (la S60 notamment, mais peu agile).
La marque a aussi voulu monter en gamme sur le freinage. Elle ajoute un frein à disque mécanique arrière, pour seconder l’électronique et le tambour avant. Comme de coutume, il faut bien ajuster l’étrier à la sortie du carton, pour éviter tout frottement tout en ayant le bon mordant. On gagne ainsi 20 à 40 cm de distance (5,80 m à 25 km/h), mais c’est encore trop long, puisque la roue arrière tend à glisser beaucoup avec le blocage du disque.
Une autonomie améliorée avec la même batterie
La Navee GT5 Max partage la même batterie de capacité 596,7 Wh (12,75 Ah) avec la précédente GT3 Max. Pourtant, le fabricant communique sur une autonomie en hausse nette de 90 km contre 75 km auparavant. Cela vaut à 15 km/h, avec une valeur de 65 km à 25 km/h en mode Sport (vs 55 km). Mais là encore, c’est de la théorie en vitesse continue avec 75 kg de charge.
Notre test est mesuré sur un parcours urbain/périurbain, avec de nombreux arrêts/accélérations, et quelques petites pentes modérées. La charge y est de 80 kg, par une température entre 20 et 30 °C, parfois avec du vent fort. Dans ces conditions réelles, nous avons enregistré 3 cycles de charge, avec très peu de différences, pour une moyenne de 46,6 km. C’est bien en deçà des attentes, toutefois supérieur de quelques km à la GT3 Max, et objectivement excellent au regard de la montée en puissance.

Le moteur est ainsi très sobre, autour de 12,8 Wh/km, ce qui la place dans les trottinettes électriques très efficientes telle la rivale Ninebot F3 Pro E.
Nous notons le même phénomène lorsque la batterie s’approche de 0 %, soit une petite perte en performances, moins handicapante en montée car avec une meilleure puissance que sur la GT3. À 0 %, on peut encore parcourir plus de 5 km, une sacrée réserve qui permet de ne pas trop fragiliser la batterie à long terme.
Enfin une recharge plus rapide !
En récupérant la même batterie, on pouvait craindre un chargeur similaire. Que nenni, Navee nous a écoutés avec un chargeur d’intensité 2,45 A (vs 1,3 A) pour une puissance de 133,8 W (vs 69,7 W). On est proche du double, bien que la charge ne soit pas réduite de moitié. La GT5 Max reprend 25 % en 1h30, 50 % en 3 heures, 80 % en 5h, pour un plein en 6h30.
On sent donc la volonté de Navee de procurer des durées plus acceptables, même si la concurrence commence à adopter des chargeurs rapides (type Ninebot Max G3). Au moins, la recharge est très linéaire, sans surprise, et le chargeur compact est facilement transportable. Attention, il chauffe un peu, passant les 55 °C.
Une Navee GT5 Max au prix doux
Lancée en toute fin de printemps 2026, la Navee GT5 Max affiche un prix initial de 599 €. C’est donc le même que la GT3 Max en 2025, mais la concurrence très agressive a déjà influencé la marque, qui applique des remises régulières. Elle est ainsi 100 € plus chère que la petite sœur GT5 Pro, qui propose une puissance moindre de 1 350 W, sans frein à disque arrière, et quelques km d’autonomie en moins.
À ce tarif, la GT5 Max attaque directement les références du segment. La Xiaomi Electric Scooter 6 Max se négocie autour de 649 €, tout comme la Ninebot F3 Pro E que Navee cite volontiers comme cible : la Navee se glisse donc juste en dessous, avec en prime son frein à disque arrière que ces rivales n’ont pas toujours.

La disponibilité est autant sur le site officiel, que chez des revendeurs sélectionnés comme Fnac-Darty et Amazon. La trottinette électrique offre une garantie légale de 2 ans, avec un SAV via email ou formulaire de réparation sur le site de Navee. La fabrication reste en Chine dans l’usine de Navee, qui possède son propre site de production.









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