« Pas besoin d’attendre » : cet expert explique pourquoi la révolution de la batterie solide n’aura pas lieu (tout de suite) dans les voitures électriques

 
La batterie solide, promise comme la prochaine révolution des voitures électriques, restera encore extrêmement minoritaire dans les cinq à dix prochaines années, d’après un expert sur le sujet.
Batterie solide Factorial // Source : Mercedes-Benz

Encore théoriques pendant de longues années, les batteries solides franchissent un nouveau cap en 2026 avec de nombreuses annonces de début de production. Ses caractéristiques font rêver, avec des promesses d’autonomie dépassant les 1000 km, des recharges en moins de 10 minutes et un niveau de sécurité encore inédit.

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De quoi espérer une arrivée massive de ces batteries « miracles » dans nos voitures électriques ? Pas si vite, tempère Ouyang Minggao, membre de l’Académie chinoise des sciences et vice-président de China EV100 (un think-tank sur les voitures électriques en Chine) dans une prise de parole relayée par Sina Finance.

Un déploiement très progressif

Pour rappel, une batterie solide est une batterie lithium-ion avec une spécificité : l’électrolyte, élément reliant l’anode et la cathode et dans laquelle circulent les ions, devient intégralement solide (et non liquide sur les chimies actuelles).

Batteries solide lithium céramique ProLogium
Une batterie « solide » lithium-éramique ProLogium // Source : ProLogium

L’intérêt : une densité énergétique encore jamais vue (certaines marques évoquent 600 Wh/kg, quand l’état de l’art actuel ne dépasse pas les 300 Wh/kg) et un échauffement extrêmement réduit, permettant d’augmenter les puissances de recharge et de dire adieu aux risques d’incendie.

En 2026, plusieurs lignes de production de batteries solides ont vu le jour, et des marques commencent à évoquer des arrivées sur des voitures électriques de série en 2026 ou 2027. En revanche, n’espérez pas un déferlement sur le marché : Ouyang Minggao vise une part de marché de 1 % d’ici… cinq à dix ans !

Autant ne pas attendre

D’immenses défis restent à relever avant une démocratisation des batteries solides. Leur développement et leur fiabilisation, d’un côté, restent en cours.

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Certains défis demeurent, comme l’apparition de dendrites (des « pics » de lithium solide) sur l’anode qui risquent de transpercer la couche d’électrolyte, pouvant provoquer un court-circuit dans la batterie.

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L’autre bataille, comme toutes les innovations technologiques, est dans le domaine des prix : les premières batteries solides de série seront bien plus chères que les chimies actuelles, prévient Ouyang Minggao, de quoi les proposer uniquement sur les voitures électriques les plus chères et les plus performantes du marché.

C’est avec la montée de puissance de la production, et les économies d’échelle qui vont avec, que la batterie solide pourra être proposée sur des voitures électriques de milieu de gamme.

BMW i3 50 xDrive // Source : BMW

De quoi lui faire dire : « Beaucoup de gens attendent l’arrivée des batteries solides, mais je pense qu’il n’y a pas besoin d’attendre. Les voitures électriques [actuelles] sont déjà très bonnes. »

Ce qui est, il faut le dire, assez justifié. Même avec des batteries lithium-ion « traditionnelles », BYD est capable de proposer une recharge de 10 à 97 % en 9 minutes, tandis que la nouvelle BMW i3 propose 900 km d’autonomie avec une recharge en 21 minutes.


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