Vous avez une voiture en LLD ? L’alerte rouge de l’UFC-Que Choisir

 
Deux tiers des voitures neuves sont désormais financées en leasing. Mais derrière la promesse d’un abonnement simple comme Netflix se cache une asymétrie juridique violente. L’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme et demande une réforme urgente pour protéger les consommateurs.
Mercedes GLC

Un chiffre pour poser le décor : en 2024, le leasing (LOA et LLD) a représenté 66 % des immatriculations de voitures neuves chez les particuliers. On ne possède plus sa voiture, on la loue. C’est une révolution culturelle poussée par un marketing agressif qui vous vend des mensualités « à partir de » plutôt qu’un prix de vente total devenu illisible.

Le problème, c’est que ce basculement massif s’est fait au détriment de la protection du consommateur. Si la Location avec Option d’Achat (LOA) est à peu près encadrée car assimilée à un crédit à la consommation, la Location Longue Durée (LLD) est un vrai souci juridique.

« La LLD demeure hors du champ du crédit à la consommation : si le droit commun protège […], il ne garantit pas un socle équivalent à celui du crédit »

Et devinez quoi ? Les volumes de LLD ont bondi de 67 % en un an. Les constructeurs ont bien compris que ce produit était beaucoup moins contraignant pour eux.

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Le mirage de la simplicité et le mur de la restitution

L’enquête de l’UFC-Que Choisir, basée sur plus de 1200 lecteurs et 1000 témoignages, montre une face sombre.

Le premier point de rupture, c’est la restitution. Un quart des locataires se voient réclamer des frais supplémentaires à la fin du contrat, avec une facture moyenne de 1200 euros. Carrosserie, pneus, jantes… l’usure « normale » est une notion floue que les experts mandatés par les bailleurs interprètent souvent en votre défaveur.

Mais le plus délirant reste la gestion des « accidents de la vie ». Perte d’emploi, maladie, divorce ou même décès : dans la plupart des contrats classiques, il n’existe aucune porte de sortie simple. Les héritiers d’un locataire décédé peuvent se retrouver à devoir payer les loyers restants ou à racheter le véhicule en urgence. On est loin de la flexibilité promise. Plus grave encore, certaines clauses obligent à continuer de payer son loyer même si la voture est immobilisée au garage pendant des mois pour une panne.

L’asymétrie totale

Le modèle économique est devenu une mine d’or pour les constructeurs via leurs « captives financières ». En restant propriétaires des voitures, ils contrôlent tout le cycle : la vente, l’entretien obligatoire dans leur réseau (souvent plus cher), et la revente en occasion. C’est une machine à cash formidable où le consommateur supporte presque tous les risques.

« Sur 101 établissements contrôlés […], l’administration relève un taux d’anomalies de 50 % portant notamment sur la publicité [et] l’information donnée au consommateur ».

La situation est d’autant plus préoccupante que la DGCCRF a relevé un taux d’anomalies de 50 % dans les établissements contrôlés, avec des publicités trompeuses et des clauses illicites.

Face à ce constat, l’UFC-Que Choisir ne va pas juste émettre des critiques. L’association demande la création d’un droit à la rupture anticipée sans frais pour motifs légitimes et l’alignement de la LLD sur les protections du crédit à la consommation.

« Le coût total moyen atteint 18 000 euros sur 3 à 4 ans […]. Ce coût total est rarement présenté comme tel au consommateur au moment de la signature »

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