Coup dur pour la voiture électrique : pourquoi Toyota et Nissan paniquent face au blocage du détroit d’Ormuz

 
Le conflit actuellement en cours au Moyen-Orient a pour effet de booster les ventes de voitures électriques. Problème, la fermeture du détroit d’Ormuz bloque les livraisons d’aluminium, indispensable pour leur fabrication.

La guerre se poursuit encore et toujours au Moyen-Orient, suite aux frappes américaines sur l’Iran. Et le conflit ne semble pas être en voie de résolution, alors que Donald Trump prévient que de nouvelles attaques vont avoir lieu. En représailles, le gouvernement iranien a pris la décision de fermer le détroit d’Ormuz, par où circule environ 20 % de la production mondiale de pétrole. Résultat, le prix du carburant flambe, et les automobilistes sont nombreux à se rabattre sur les voitures électriques.

Comme nous l’avons expliqué un peu plus tôt, les commandes ont fortement grimpé, notamment en France. Une bonne nouvelle pour l’industrie, à l’heure où la demande reste encore faible. Cependant, tout n’est pas rose, bien au contraire. Car la filière se heurte désormais à un gros problème, comme le relate le site Rest of World. En effet, le blocage du détroit d’Ormuz impacte aussi les électriques. Car outre le pétrole, d’autres matières premières passent par ce lieu stratégique. C’est notamment le cas de l’aluminium, indispensable à la fabrication des VE.

Ces autos en contiennent en effet 40 % de plus qu’une voiture thermique, puisque ce matériau permet notamment de réduire leur poids. Mais voilà que l’une des plus grandes fonderies au monde vient de réduire de 19 % sa production, en raison du conflit. De plus, environ 170 porte-conteneurs sont bloqués dans le détroit d’Ormuz, certains transportant très certainement de l’aluminium. Par ailleurs, ceux qui ne sont pas coincés vont devoir prendre une autre route, bien plus longue. Désormais, les livraisons se font par camion, mais c’est évidemment plus lent et coûteux.

Un réel impact sur l’industrie

Et cette nouvelle crise, qui vient s’ajouter à celle que traverse déjà l’industrie a un impact bien réel. Car Toyota a réduit sa production de voitures électriques nécessitant de l’aluminium de près de 40 000 unités sur deux mois. Du côté de Nissan aussi, le calendrier de production a aussi été modifié, sans plus de détails pour le moment. Il faut savoir que les fonderies situées dans le Golfe approvisionnent de nombreux constructeurs, tels que Mercedes, Hyundai ou encore BMW, entre autres. Et ce alors que les Émirats arabes unis sont actuellement le 5e producteur mondial d’aluminium.

Ce sont les marques japonaises qui sont les plus touchées, puisqu’elles s’approvisionnent à 70 % au Moyen-Orient pour ce matériau. Et le patron de Toyota, Koji Sato ne cache pas son inquiétude. Ce dernier indique que « si cette situation se prolonge, il va sans dire qu’il y aura des problèmes d’approvisionnement ». Même son de cloche chez Carsten Menke, de la banque d’investissement suisse Julius Baer. Ce dernier indique que « cette crise va probablement modifier durablement la façon dont les constructeurs automobiles et de véhicules électriques perçoivent le Golfe comme région d’approvisionnement ».

Pour mémoire, l’aluminium produit au Moyen-Orient et utilisé par les constructeurs est fabriqué grâce à l’énergie solaire, et est certifié à faibles émissions carbone. Un point très important pour les entreprises, car ce dernier peut aussi avoir une influence sur l’éco-score qui conditionne notamment l’obtention de la prime CEE en France. Ainsi, le matériau ne peut pas être remplacé au pied levé par un autre. Surtout qu’il est utilisé pour la fabrication de la carrosserie, mais aussi des batteries, du châssis ou encore des systèmes de gestion thermique de l’ensemble du véhicule.


Téléchargez notre application Android et iOS ! Vous pourrez y lire nos articles, dossiers, et regarder nos dernières vidéos YouTube.

Recherche IA boostée par
Perplexity