Des batteries qui montent à 70°C : pourquoi la technologie révolutionnaire de BYD fait peur (à tort)

 
En Chine, un blogueur accuse la charge Flash Charging de BYD d’être nocive pour les batteries des voitures électriques. La firme se défend, et elle ne manque pas d’arguments.
Denza Z9GT sur borne Flash Charging // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Au fil des années, la recharge des voitures électriques s’est très fortement améliorée. Et désormais, il est possible de repartir avec une batterie pleine en à peine plus de 20 minutes. Mais les innovations se poursuivent, et un constructeur a frappé particulièrement fort. Il s’agit de BYD, qui a récemment dévoilé sa charge ultra-rapide Flash Charging. Ainsi, ces bornes sont capables de délivrer jusqu’à 1 500 kW. De quoi passer de 10 à 70 % en 5 minutes, et d’atteindre 97 % en 9 minutes.

Nous avons d’ailleurs pu le voir de nos propres yeux lors de notre essai de la Denza Z9 GT, premier modèle en Europe à en bénéficier. Sur le papier, cette technologie pourrait révolutionner la recharge. Mais selon un blogueur chinois, elle serait également nocive pour la batterie, en raison d’une trop forte montée en température. Mais est-ce réellement le cas ? Pas forcément. Et voilà que la firme basée à Shenzhen répond à ces accusations. Sun Huajun, directeur technique de la branche batteries de BYD, est monté au créneau pour défendre la technologie.

Pour rappel, l’accusation initiale du blogueur s’appuyait sur une mesure : pendant un cycle de charge Flash, la température des cellules aurait atteint 70 °C, un seuil considéré pendant longtemps comme la zone rouge pour les batteries LFP. C’est exactement ce point que Sun Huajun cherche à désamorcer en parlant de « frontière cognitive du passé ».

Denza Z9GT sur une station Flash Charging // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Cité par le site 36Kr, ce dernier déclare que la température élevée n’est en réalité pas un problème. Car cela « ne signifie pas qu’elle entraînera nécessairement des dommages structurels ou des risques pour la sécurité des batteries LFP (lithium – fer – phosphate). » Certes, 70 °C était auparavant considéré comme une limite dangereuse. Or, ce n’est plus le cas sur les nouvelles batteries, dont la Blade 2.0. Et ce grâce aux progrès réalisés sur les matériaux et le refroidissement.

Des tests très sévères

Par ailleurs, Sun Huajun rappelle que BYD « a mené une validation continue à long terme, comprenant 1 000 cycles de charge flash complets. » Et ce alors que le constructeur chinois emploie actuellement plus de 100 000 ingénieurs. Il rappelle que « nous avons effectué un nombre considérable de tests de cycle et de fiabilité avant de transformer cette technologie en une technologie pouvant être installée à grande échelle dans les véhicules ». Par ailleurs, la limite de température n’a cessé d’être revue à la hausse.

Reste un point que BYD ne tranche pas : ces 1 000 cycles de validation, c’est en interne, dans les conditions du constructeur. Aucun organisme indépendant n’a publié à ce jour de mesure sur la dégradation réelle de la Blade 2.0 après plusieurs centaines de charges Flash en usage client. On en saura davantage quand les premières Denza Z9 GT européennes auront quelques dizaines de milliers de kilomètres au compteur.

Le scientifique rappelle qu’il y a quelques années, elle était fixée à 60 degrés seulement. Il souligne également que les entreprises capables de proposer une charge sous les 10 minutes sont encore rares. Car seulement celles « possédant une solide expérience en recherche électrochimique et en ingénierie des systèmes » en sont capables. Des déclarations qui devraient rassurer, d’autant plus qu’on rappelle que la Chine a mis en place une réglementation très stricte sur les batteries. Et ce afin de réduire considérablement le risque d’incendie.

Batterie BYD Blade // Source : BYD

Par ailleurs, un groupe de blogueurs a décidé de mettre la batterie Blade 2.0 à l’épreuve en la malmenant. Résultat, aucune flamme ni fumée n’a été détectée. Preuve de la résistance de la technologie du constructeur, qui mise uniquement sur le LFP. Et ce car cette chimie est justement réputée pour sa grande fiabilité, et sa résistance à la chaleur. Le constructeur est d’ailleurs si confiant qu’il garantit désormais son accumulateur à vie en Chine, sous certaines conditions toutefois.


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