
Au rayon des normes et des règles, la China partait de loin. De très loin même car il y a encore 10 ans, ne serait-ce que penser qu’un modèle vendu en Chine allait pouvoir être commercialisé en Europe relevait de l’utopie. Mais aujourd’hui, les choses ont bien changé, et la Chine devance même le Vieux Continent, pourtant pas avare en normes, notamment en termes de sécurité.
Nous apprenons aujourd’hui que la Chine va bientôt durcir le ton concernant les voitures à prolongateur d’autonomie, c’est-à-dire ces autos qui roulent à l’électrique, mais qui embarquent un moteur thermique en guise de générateur pour recharger la batterie et ainsi alimenter le moteur électrique. À ne pas confondre avec un hybride classique, où le moteur thermique entraîne aussi les roues : ici, le thermique ne sert qu’à produire de l’électricité.
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Oui mais voilà, ce type de motorisation permet à certains constructeurs sur des autonomies ahurissantes, de plus de 1 000, 1 500 voire même 2 000 km. La Chine n’a pas décidé de revoir son cycle d’homologation très léger, mais plutôt d’asseoir de nouvelle norme en matière de fiabilité pour le moteur thermique.
La Chine va donc remplacer l’ancienne norme QC/T 1086-2017 qui posait des « conditions techniques », une formulation suffisamment vague pour laisser une large marge d’interprétation aux constructeurs. La nouvelle version parle désormais d’« exigences techniques et procédures d’essai », signalant un cadre nettement plus contraignant.

Là où le texte précédent renvoyait à la « documentation technique produit » sans autre précision, la nouvelle norme fixe des tolérances chiffrées. Pour la précision de régulation de puissance du générateur, par exemple : une déviation maximale de ±1,5 kW pour les systèmes jusqu’à 50 kW, et de ±3 % au-delà. Ce genre de détail, a priori technique, a des implications industrielles très concrètes et on vous explique tout ça.
Un écrémage du marché par la norme
Les seuils retenus n’ont pas été fixés arbitrairement. Selon les informations relayées par CarNewsChina.com et CNR, ils ont été arrêtés après consultation des grands constructeurs et équipementiers.
Le raisonnement est assez transparent : facilement atteignables pour les leaders du secteur, accessibles avec des efforts pour les acteurs établis, mais suffisamment exigeants pour écarter les solutions techniquement insuffisantes. La norme devient ainsi un outil de sélection autant qu’un garde-fou.

La compatibilité électromagnétique et le comportement vibro-acoustique (deux points sensibles sur des architectures mêlant thermique et électrique) font également l’objet de critères plus détaillés qu’auparavant.
Des tests d’endurance pour valider le long terme
Parmi les nouveautés les plus significatives figurent des tests de durabilité inédits : 750 heures d’essai sous charges variables et 100 000 cycles de démarrage/arrêt, censés simuler environ 300 000 km d’usage réel, trajet urbain inclus.
Ces exigences prennent en compte les contraintes spécifiques du moteur thermique en usage de prolongateur, sollicité de façon discontinue, souvent en ville. La norme intègre par ailleurs les architectures intégrées, où générateur et fonction de traction partagent un même bloc de transmission, ce qui était resté dans un angle mort du précédent référentiel.
Ce recadrage normatif intervient dans un contexte où la croissance soutenue est très soutenue. Plus d’un million de véhicules à prolongateur d’autonomie ont été vendus en Chine en 2024, un chiffre attendu au-delà de 1,2 million en 2025, soit 5 années consécutives de progression depuis 2020.
Des marques comme Li Auto, Leapmotor, Zeekr, Seres, Deepal ou IM Motors ont toutes renforcé leur offre dans ce segment, comme l’a fait Leapmotor en Europe. En France c’est un peu moins le cas, voire même beaucoup moins, car l’offre n’est déjà pas très abondante, et la technologie pas forcément perçue comme très pertinente.
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