Autrefois chasse gardée des Ligier et Aixam, le marché des voitures sans permis a été dynamité par Stellantis lors du lancement de la Citroën Ami en 2020, suivi de la Fiat Topolino (sa jumelle technique) en 2023.
Les résultats sont spectaculaires : les voitures électriques sans permis représentent 75 % du marché en France et 78 % en Italie. De quoi aiguiser les appétits et inciter de nouveaux acteurs à grignoter des parts du gâteau.
C’est dans ce contexte qu’arrive la Linktour Alumi, première voiture de la (très) jeune marque chinoise fondée en 2025 et filiale de Shandong Weiqiao Pioneering, un géant chinois du textile et de l’aluminium.
Disponible en version avec et sans permis, l’Alumi veut tirer son épingle du jeu avec des prestations rares sur le segment, aussi bien côté technique que des équipements, tout en conservant un ticket d’accès abordable.
Suffisant pour se faire une place au soleil ? Nous avons pu tester cette Alumi sans permis le temps d’un essai dans Paris, de quoi se faire une bonne idée de la proposition. Et elle pourrait marquer des points.
Linktour AlumiFiche technique
| Modèle | Linktour Alumi |
|---|---|
| Dimensions | 2,67 m x 1,50 m x 1,59 m |
| Puissance (chevaux) | 8 chevaux |
| Niveau d’autonomie | Conduite manuelle (niveau 0) |
| Vitesse max | 45 km/h |
| Taille de l’écran principal | 10,25 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 |
| Prix entrée de gamme | 10690 euros |
| Essayez-la | Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec une voiture prêtée par la marque.
Linktour AlumiUn design qui sort de l’ordinaire
Pas de néo-rétro, pas de design à l’économie : la Linktour Alumi dispose d’un style bien à elle, préférant une esthétique industrielle, presque cyberpunk – d’autant plus dans la livrée gris mat de notre exemplaire.

Les angles sont saillants, l’air presque menaçant, le design au final assez intéressant avec une partie supérieure noire englobant les vitrages. La face avant, en décalage du pare-brise, surjoue l’horizontalité avec une signature lumineuse extrêmement fine, surmontant les projecteurs cachés dans un masque noir.
Le profil, quasi-monovolume, interpelle par de larges épaules intégrant les poignées de porte, mis en valeur par un sticker noir prolongeant visuellement la fenêtre (sans encadrement !). Le travail sur le contraste se poursuit à l’arrière, où le hayon est ceinturé d’un insert noir – les feux sont relégués dans le bouclier.

Autre chose qui interpelle : les dimensions de la Linktour, plutôt généreuses pour la catégorie. Ses 2,68 m de long pour 1,50 m de large et 1,55 m de haut restent évidemment très compacts en 2026, dépassant la Citroën Ami de 27 cm en longueur et 11 cm en largeur. La Ligier Myli reste cependant encore plus longue, avec 2,95 m de long.
Bref, un style unique pour la catégorie et qui interpelle : les têtes avaient tendance à se retourner sur le passage de l’Alumi, et plusieurs personnes sont venues demander plus d’informations sur cet étrange véhicule. Mission réussie.
Linktour AlumiUn habitacle spacieux et bien équipé
Une présentation plutôt flatteuse
Si vous pensiez que l’habitacle d’une voiture sans permis n’était qu’un amas de plastique, la Linktour pourrait bien vous faire changer d’avis.

Alors certes, la présentation reste simple, mais de réels efforts ont été réalisés par rapport à la concurrence, offrant une impression de « vraie voiture ».
Le ciel de toit capitonné, par exemple, ringardise le châssis tubulaire visible des jumelles Stellantis, tandis que les inserts en tissu sur la planche de bord et les contre-portes apportent un soupçon de raffinement, bien aidé par les touches vert d’eau (ceintures et surpiqûres).

Enfin, on ne peut s’empêcher de découvrir les deux vitres électriques à impulsion, les commandes au volant, les boutons sur la planche de bord, les prises USB et l’écran central (que nous détaillerons juste après) ; bref, bien des éléments qui créent un véritable fossé avec les habitacles souvent très rustiques de la concurrence.
Beaucoup d’espace, mais peu de rangements
Bénéfice des dimensions de l’Alumi : l’espace à bord est vaste. À l’inverse de l’Ami et de la Topolino, dont l’étroitesse oblige à positionner le siège passager en décalé du conducteur, la Linktour installe les deux sièges côte à côte – qui peuvent, petite fantaisie, s’incliner jusqu’à 169° en cas de sieste impromptue.

Ajoutons à cela la belle impression d’espace à bord, grâce au plancher parfaitement plat et au toit vitré, qui contribuent à la bonne impression générale. Le sélecteur de rapport, sur le commodo droit, permet de libérer davantage la console centrale.
La Linktour ajoute à cela un coffre assez généreux de 320 litres (probablement jusqu’au plafond), incluant une tablette arrière pour cacher le contenu des regards trop curieux.

Bref, un habitacle spacieux, mais un point est à signaler : aucun rangement fermé n’est disponible. Les vide-poches sont légion (console centrale, surface de la planche de bord avec sangles, contre-portes), mais les objets stockés resteront systématiquement visibles. Un peu dommage.
Linktour AlumiUn écran basique, mais fonctionnel
Dès la finition intermédiaire, l’Alumi reçoit un écran central de 10,25 pouces, permettant de gérer différents paramètres (Bluetooth, climatisation, ordinateur de bord, etc), sans oublier une compatibilité Android Auto / Apple CarPlay sans fil.
Un écran, il faut le dire, franchement basique et bien peu réactif. On est très loin des standards des « vraies » voitures, mais l’essentiel est là.
Un mot sur la réplication smartphone : mon Pixel 10 Pro a systématiquement refusé de se connecter via Android Auto. Un bug manifestement restreint à mon appareil, d’autres utilisateurs ayant réussi à s’y connecter sans problème.

Pour le conducteur, une dalle de 5 pouces affiche l’essentiel des informations de conduite : vitesse, powermètre, niveau de batterie, voyants et c’est à peu près tout. L’avantage, c’est qu’on ne demande pas forcément plus.
Linktour AlumiConduite : comme une grande
Une fiche technique soignée
Pour cet essai, Linktour nous a prêté une Alumi dans sa version L6 – comprenez sans permis. De fait, le moteur se calque sur la règlementation, avec une puissance de 6 kW (8 ch) pour 65 Nm de couple.

Tout ceci est alimenté par une batterie LFP (lithium – fer – phosphate) de 7,2 kWh bruts (environ 6,5 kWh utiles), offrant jusqu’à 120 km d’autonomie selon le cycle WMTC (le cycle dédié aux motos et aux quadricycles). La recharge complète s’effectue en 4 heures à une puissance limitée à 2 kW.
Chose intéressante, Linktour a mis les petits plats dans les grands pour la conception de son Alumi, avec une structure en aluminium et une batterie intégrée dans le châssis (ce qu’on appelle le CTB, pour cell to body) – bien loin de la conception rudimentaire des quadricycles Stellantis. De quoi profiter, en théorie, d’une caisse plus rigide et plus légère, gage d’un comportement plus homogène.
Une réelle polyvalence
Force est de constater que la promesse est concrétisée une fois en mouvement : l’Alumi s’éloigne assez franchement des standards des voitures sans permis.

Le confort est de mise (pour la catégorie, s’entend), aussi bien au niveau des suspensions que des sièges, tandis que l’insonorisation est bien plus poussée qu’à bord d’une Ami ou d’une Microlino.
Le grand toit vitré réchauffe rapidement l’habitacle au premier rayon de soleil, mais on pourra y parer via le système de climatisation, plutôt efficace (disponible uniquement en haut de gamme)… ou en abaissant les vitres, qui disparaissent intégralement dans la portière.
En ville, on apprécie l’accélération agréablement vive jusqu’à 30 km/h, avant de devenir bien plus calme jusqu’à 45 km/h (sa vitesse de pointe).

La gestion du freinage est en revanche assez rudimentaire. Il semble que la régénération s’ajoute au freinage mécanique (comme à la bonne vieille époque des Autolib’), demandant un dosage assez fin de la pédale – petit bonus, la régénération disparaît sous les 10 km/h, obligeant à moduler la pression en fin de freinage. Rien de dangereux, mais bon à savoir.
Toujours sur une histoire de pédale, mais cette fois-ci d’accélérateur : attention à la marche arrière, où la moindre pression vous enverra à plus de 10 km/h – un peu surprenant au début, et qui demande un doigté de fée. Une caméra de recul permettra de découvrir de quoi on s’approche un peu trop rapidement.

En revanche, la consommation est modérée. Nous avons utilisé 51 % de la batterie en parcourant 58 km dans Paris, de quoi viser une autonomie totale de 114 km dans ces conditions.
Bref, quand bien même quelques points (principalement de calibration) sont améliorables, l’expérience à bord de la Linktour est assez remarquable pour sa catégorie. Pas de dos en compote, pas d’oreilles en feu, pas de comportement inquiétant : les trajets du quotidien se feront avec bien peu de sacrifices.
Linktour AlumiPrix, concurrence et disponibilité
Pour rouler en Linktour Alumi, il faudra débourser 10 690 euros au minimum pour la version sans permis – une offre promotionnelle de lancement, valable jusqu’à fin juin 2026, ramène ce tarif pile sous la barre psychologique des 10 000 euros (9 990 euros très précisément).

La version « avec permis » (L7), permettant de monter jusqu’à 90 km/h et disposant d’une plus grande batterie autorisant 180 km d’autonomie WMTC, est quant à elle disponible à partir de 14 990 euros.
L’absence de bonus met fatalement cette version en concurrence avec les citadines électriques type Renault Twingo ou Citroën ë-C3 qui ne démarrent pas beaucoup plus cher grâce aux aides, tout en proposant des prestations bien plus élevées.
En revanche, la version sans permis s’offre un positionnement intéressant. Faisant abstraction de la promotion de lancement, elle se place certes au-dessus des jumelles Stellantis (8 190 euros pour la Citroën Ami et 9 990 euros pour la Fiat Topolino), mais reste très compétitive face aux Aixam Easy (12 699 euros avec 113 km d’autonomie), Ligier Myli (14 999 euros) et à la Microlino Lite (19 990 euros minimum), tout en proposant des équipements et une polyvalence que toutes ne proposent pas.

Côté distribution, l’entreprise Modelabs (spécialisée dans l’importation et la vente de produits électroniques) s’en chargera pour la France. Elle vise une vente soit en ligne, soit chez Darty et la Fnac (initialement sur son site d’e-commerce, puis dans certains magasins physiques), gage d’une visibilité difficile à atteindre autrement pour une marque inconnue du grand public.
Côté entretien, la garantie court sur trois ans pour la voiture et cinq ans sur le moteur et la batterie (les deux s’entendant kilométrage illimité). Modelabs a annoncé mettre en place une flotte de camions pour entretenir des Linktour en France à domicile ou au bureau, avant une seconde phase où des partenariats avec réseaux après-vente seront noués. Un entrepôt en Île-de-France et un hub en Italie assureront la fourniture des pièces détachées.





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