J’ai essayé la Leapmotor B05 : vendue 15 000 € moins chère qu’une Peugeot E-308, que vaut cette voiture électrique chinoise ?

Voitures • 2026

Présentée début 2026, la Leapmotor B05 débarque dans un segment typiquement européen : celui des berlines compactes. Pour se défendre, cette voiture électrique chinoise veut mettre en avant son comportement dynamique et son rapport qualité / prix attractif. Vous allez le voir dans notre essai et avec notre avis, elle pourrait bien inquiéter Peugeot ou Volkswagen.
Leapmotor B05 // Source : Leapmotor
Leapmotor B05 // Source : Leapmotor
 

L’offensive de Leapmotor se poursuit. Les bons résultats commerciaux en Chine, permettant à la startup d’atteindre la rentabilité, ne suffisent plus : le cap vers l’international, débloqué par le partenariat avec Stellantis, s’accélère.

L’Europe fait évidemment partie des marchés stratégiques. Initialement composée de la petite T03 et du grand C10 lors du lancement européen en 2024, la gamme s’est depuis étoffée du B10, un SUV compact, avant d’accueillir la petite dernière : la Leapmotor B05.

Cette berline compacte électrique s’attaque donc à un marché ô combien européen, dominé par les Volkswagen ID.3 Neo, Renault Mégane E-Tech et autres Peugeot E-308. Pour espérer se faire une place au soleil, Leapmotor met l’accent sur un style expressif, un comportement dynamique et une tarification agressive. Pour en savoir plus, nous sommes partis la découvrir en Allemagne.

Leapmotor B05Fiche technique

Modèle Leapmotor B05
Dimensions 4,43 m x 1,88 m x 1,52 m
Puissance (chevaux) 218 chevaux
0 à 100km/h 8,0 s
Niveau d’autonomie Conduite semi-autonome (niveau 2)
Vitesse max 170 km/h
OS embarqué LeapOS
Taille de l’écran principal 14,6 pouces
Prise côté voiture Type 2 Combo (CCS)
Fiche produit

Cet essai a été réalisé dans le cadre d’un voyage presse organisé par la marque.

Leapmotor B05Un design très européen

Ne tournons pas autour du pot : la gamme européenne de Leapmotor peut difficilement compter sur son design pour sortir du lot. La B05, au contraire, veut apporter un peu d’émotion en s’appuyant, notamment, sur une ligne bien plus expressive.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Mission plutôt réussie : tout en s’appuyant sur les impondérables Leapmotor (notamment la signature lumineuse en trois points et le bandeau noir à l’avant comme à l’arrière), la B05 s’offre un style bien plus européen, presque latin.

Les courbes sont douces, les volumes marqués, les proportions réussies, les grandes jantes de 19 pouces valorisantes : la mission est réussie. Ajoutez à cela quelques fantaisies, comme les portières aux vitres sans encadrement et les poignées invisibles, à l’image des Tesla, et vous obtenez un design finalement assez plaisant.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Notons tout de même quelques limites : la belle impression de largeur… n’en est pas une : avec 1,88 m de large, la Leapmotor B05 pourra causer quelques sueurs froides dans les parkings – ses 4,43 m de long la placent définitivement dans la catégorie supérieure, la situant au même niveau qu’une Kia EV4 bien au-dessus des 4,37 mètres d’une Peugeot E-308 ou des 4,26 m d’une VW ID.3.

Quant à la lunette arrière, l’absence d’essuie-glaces arrière pourra faire grogner lorsqu’il pleut – une absence difficilement justifiable. Terminons par un aérodynamisme assez travaillé, avec un coefficient de pénétration dans l’air (Cx) limité à 0,26, de bon niveau pour la catégorie.

Leapmotor B05Un habitacle spacieux, coffre excepté

Une présentation dans les standards

Pour les connaisseurs de la gamme Leapmotor, la découverte de l’habitacle de la B05 ne sera pas une surprise : basée sur la même plateforme que le B10, elle en reprend sa planche de bord.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Pour les autres, reprenons. La présentation de la B05, sans réécrire de standard, est plutôt de bonne facture. Les matériaux rembourrés sont à portée de main, les formes sont douces, la sellerie en similicuir plutôt accueillante.

La planche de bord, très horizontale, met en valeur l’écran central que nous détaillerons juste après. Face au passager, un renfoncement anime l’ensemble, tout en restant parfaitement décoratif.

La console centrale est très standard, avec une arche supérieure accueillant un chargeur à induction et cachant un espace de rangement – au revêtement bien trop glissant pour espérer y garder des choses. Bref, une présentation sans grand panache, mais sans fausse note non plus.

Des passagers gâtés, les bagages un peu moins

L’avantage d’une si grande voiture, c’est que l’espace réservé aux passagers est généreux. La B05 n’y fait pas exception : de ses 4,43 mètres de long, 2,74 m sont réservés à l’empattement (la distance entre les roues).

Leapmotor B05 // Source : Roberto Paravano pour Frandroid

De fait, les passagers avant comme arrière sont aux petits soins. Même sur la banquette, l’espace aux jambes est plus que suffisant, avec un plancher plat et la possibilité de glisser ses pieds sous les sièges avant – au bénéfice du confort. Accoudoir central, buses d’aération, nombreux rangements et prises USB ajoutent au confort général.

À l’avant, les deux sièges peuvent être chauffants et électriques sur la version haut de gamme, tandis que le grand toit vitré (réservé au haut de gamme également) apporte beaucoup de luminosité.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

La Leapmotor trébuche cependant sur un grief partagé par beaucoup de voitures chinoises : un volume de coffre en retrait, sachant qu’aucun coffre avant (frunk) n’est disponible pour arranger la situation.

Avec 345 litres annoncés, la B05 se retrouve derrière des voitures bien plus compactes, comme les Peugeot E-308 (361 litres), VW ID.3 (385 litres) voire la Renault Mégane E-Tech (384 litres). De longueur identique, la Kia EV4 annonce 435 litres.

Leapmotor B05Un infodivertissement complet, mais parfois frustrant

Au centre de la planche de bord de la Leapmotor B05 trône donc un écran tactile de 14,6 pouces, alimenté par une puce Qualcomm 8155… et c’est à peu près tout, puisque les boutons brillent par leurs absences.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

De fait, tout se commande depuis l’écran, obligeant à une certaine maîtrise. Force est de constater que certains réglages, enfouis dans des sous-menus, pourraient gagner en praticité avec un bon vieux bouton physique – l’ouverture du rideau du toit vitré en est un bon exemple.

De même, les réglages de conduite (modes de conduite, intensité du freinage régénératif, aides à la conduite) ne disposent d’aucun raccourci physique, occasionnant de la frustration (d’autant plus lorsqu’on conduit).

Leapmotor B05 // Source : Roberto Paravano pour Frandroid

Tout n’est cependant pas à jeter. L’écran est joli et réactif, tandis que Leapmotor semble conscient des limites de son système et permet d’afficher plusieurs raccourcis, aussi bien sur la barre inférieure de l’affichage que dans un menu accessible en swipant du haut vers le bas.

La navigation est de série, incluant un planificateur d’itinéraire qui nous a paru assez limité. Certes, il est possible de filtrer les réseaux selon nos préférences (utile lorsqu’on a un abonnement, par exemple), mais nous n’avons pas réussi à calibrer un niveau de batterie minimal aux arrêts de recharge ainsi qu’à destination. Android Auto et Apple CarPlay sont également de la fête.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Pour le conducteur, un petit écran de 8,8 pouces, directement monté sur la colonne de direction, est là pour afficher les informations de conduite – notamment un petit ordinateur de bord sur la partie droite. L’affichage est certes simple, mais complet et parfaitement lisible : tout ce qu’on attend de ce genre d’affichage.

Leapmotor B05Des aides à la conduite toujours intrusives, mais facilement déconnectables

À vrai dire, nous aurions pu titrer cette partie exactement comme la précédente : « complètes, mais parfois frustrantes ».

Car oui, de série, la Leapmotor B05 embarque la totale, permettant d’atteindre un niveau de conduite semi-autonome de niveau 2 : régulateur de vitesse adaptatif, maintien actif en voie, changement de voie assisté, sans oublier tout l’attirail rendu obligatoire par la règlementation européenne GSR-2 (surveillance conducteur, alerte de survitesse, etc) et d’autres extras, comme une caméra de recul 360°.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Les aides à la conduite sur les voitures chinoises ont rarement été saluées pour être compatibles avec les goûts européens. Comment se place la B05 dans ce contexte ?

Avant tout, il faut préciser que les conditions de l’essai, avec peu de temps au volant de la voiture, ne nous ont pas permis d’en tirer un avis définitif, mais force est de constater que plusieurs d’entre elles demeurent très intrusives, comme le maintien en voie qui agira agressivement sur le volant dès que vous vous rapprocherez un peu trop d’une ligne blanche.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

À ceci, Leapmotor répond par un raccourci sur le volant personnalisable, dont un des choix permet de désactiver d’un geste un bouquet d’aides à la conduite préalablement sélectionné et enregistré dans votre profil conducteur : à chaque démarrage, il suffira d’appuyer dessus pour faire taire les bips non désirés.

Leapmotor B05Une conduite plaisante

Une fiche technique extrêmement simple

La simplicité de l’offre de la B05 se perçoit nettement du côté de la fiche technique : si deux tailles de batteries sont disponibles (on y reviendra), un seul moteur est proposé.

Situé à l’arrière, il annonce une puissance de 160 kW (218 ch) et 240 Nm de couple, de quoi emmener la Leapmotor de 0 à 100 km/h en 6,7 secondes et de pousser jusqu’à 170 km/h, peu importe la taille de la batterie.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Les équipes de Leapmotor insistent lourdement sur le châssis et les réglages spécifiques au marché européen : suspensions, barres anti-roulis, direction et pneumatiques auraient été peaufinés au centre de Balocco, en Italie, célèbre circuit d’essai de Stellantis. Oh, et un launch control est également présent. Cette B05 serait-elle une authentique sportive ?

Un comportement réussi

Sans aller jusque là, force est de constater que conduire la Leapmotor n’a rien d’une sinécure. Le volant surprend par sa compacité, mais la consistance de la direction n’a rien de renversant – la basculer en mode Sport la rendra simplement plus lourde, sans gagner en précision.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Idem pour la pédale d’accélérateur qui, un peu trop brutale dans sa calibration en Sport et Standard, pourra rapidement faire dodeliner la tête des occupants – basculer en Confort rendra l’arrivée de la puissance bien plus douce, quitte à rogner sur le dynamisme. Rien qu’une mise à jour à distance ne puisse régler à l’avenir.

En revanche, la B05 est loin de se démonter dans les petites routes, grâce à un comportement sain et une suspension réussie. Le roulis est contenu, les changements de direction se font sans moufter, tandis que le confort est de très bonne qualité, même sur revêtement dégradé : une bonne surprise.

Leapmotor B05 // Source : Roberto Paravano pour Frandroid

Les hautes vitesses n’ont pas pu être vraiment testées lors de l’essai, mais les bruits aérodynamiques auraient gagné à être un peu plus contenus – la tenue de cap n’appelle en revanche à aucune critique, au contraire de la rétrovision intérieure, grevée par l’appuie-tête central et l’absence d’essuie-glaces (d’autant plus que l’essai s’est déroulé sous la pluie).

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Bref, sans se transformer en hot hatch, la Leapmotor B05 fait taire bien des a priori sur les Leapmotor et les voitures chinoises en général. De bon augure pour la suite.

Leapmotor B05Batterie, autonomie et consommation : des chiffres dans le rang

Deux batteries au choix

Un seul moteur, donc, mais deux choix de batteries. La Leapmotor B05 embarque, de série, un pack LFP (lithium – fer – phosphate) baptisé « Pro » de 56,2 kWh, promettant jusqu’à 401 km d’autonomie selon le cycle mixte WLTP ; la consommation s’élève à 15,8 kWh/100 km en incluant les pertes à la recharge.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Pour plus de polyvalence, Leapmotor propose également une batterie « ProMax » (toute ressemblance avec un célèbre smartphone serait purement fortuite) de 67,1 kWh, poussant l’autonomie à 482 km WLTP ; la consommation se limite à 15,9 kWh/100 km.

Côté recharge, service unique pour se brancher sur une wallbox avec un chargeur de 11 kW. Pour les recharges rapides, la batterie Pro se limite à 140 kW, tandis que la ProMax peut accepter jusqu’à 168 kW. De quoi communiquer des temps de recharge de 30 à 80 % en respectivement 16 et 17 minutes – l’exercice du 10 à 80 % demande 24 minutes.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Sans aller dans des extrêmes (de plus en plus de rivales dépassent les 600 km WLTP avec d’immenses batteries), la B05 se place donc dans le cœur de marché des berlines compactes électriques, aussi bien en autonomie qu’en temps de recharge.

Des consommations réelles a priori raisonnables

Des voitures disponibles seulement quelques heures, moins de 100 km parcourus exclusivement sur réseau secondaire : ici aussi, les conditions de l’essai peuvent difficilement reproduire tous les cas d’usage, mais nous avons rendu notre B05 ProMax avec un ordinateur de bord affichant 15,6 kWh/100 km. De quoi promettre une autonomie théorique d’environ 415 km dans ces conditions.

Leapmotor B05Prix, concurrence et disponibilité : un positionnement agressif

Style plaisant, habitabilité généreuse, comportement agréable et autonomies dans le coup : la Leapmotor B05 part donc avec de bonnes bases, auxquelles viennent s’ajouter un autre point clef : ses tarifs.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

La B05 débute en effet à 25 400 euros (prime CEE de 380 euros déduite) en finition Life et la petite batterie aux 401 km d’autonomie WLTP. Pour ce prix, la dotation est généreuse, incluant les jantes 19 pouces, la climatisation automatique, la pompe à chaleur, la caméra 360°, les écrans connectés et l’arsenal d’aides à la conduite.

La grande batterie débute à 27 400 euros avec ces mêmes équipements, tandis que la version Design y ajoute la sellerie en similicuir, les sièges avant chauffants et électriques ou encore le toit vitré pour 1 000 euros de plus.

VersionBatterieAutonomie WLTPPrix
B05 Life56,2 kWh401 km25 400 €
B05 Life67,1 kWh486 km27 400 €
B05 Design67,1 kWh486 km28 400 €

Un positionnement très agressif, donc, pour une voiture de ce segment. Face à elle, les concurrentes européennes sont loin derrière : une Volkswagen ID.3 Neo débute à 34 990 euros avec 417 km d’autonomie, une Peugeot E-308 demande 42 600 euros minimum pour 450 km WLTP, tandis qu’une Renault Mégane E-Tech est disponible à partir de 39 500 euros avec 468 km WLTP.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Notons que ces trois européennes sont éligibles au bonus écologique, abaissant la note de 3 600 à 6 100 euros selon les revenus, auquel la Leapmotor n’a pas droit ; las, même une fois l’aide retranchée, le match est toujours à l’avantage de la B05.

De fait, sa plus grande rivale est également chinoise : la MG4, récemment améliorée (et déjà testée par nos soins), offrant 452 km d’autonomie WLTP et un équipement riche pour 27 490 euros (remise a priori pérenne de 6 000 euros déduite). La Tesla Model 3, dans sa très recommandable version Propulsion à 36 990 euros pour 534 km d’autonomie, est dans toutes les têtes.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

Évidemment, la question de l’assemblage de la B05 dans l’usine espagnole de Stellantis se pose, à laquelle la direction de Leapmotor International a rapidement répondu : pour le moment, la production se limitera au B10, dont les premiers exemplaires sortiront des lignes de Saragosse fin 2026.

Reste que la B05 partage la même base technique que le SUV ; sa production européenne devrait donc être une réalité à terme, de quoi faire sans la surtaxe douanière et lui ouvrir les portes du bonus écologique en France.

Note finale du test
8 /10
Après un premier cycle de voitures électriques qui, sans être mauvaises, n'étaient pas en mesure d'inquiéter beaucoup de concurrents, Leapmotor signe avec sa B05 une berline compacte électrique bien plus séduisante.

Le design agréable, l'habitacle immense et la fiche technique dans la bonne moyenne de la catégorie prouvent que la Leapmotor B05 veut séduire aussi bien au coeur qu'au cerveau, tandis que le comportement, s'il peut difficilement être qualifié de sportif, satisfait par la qualité de la mise au point et du confort général.

Il reste cependant quelques travers, comme un volume de coffre bien en deçà des concurrents, une absence de boutons physiques compliquant l'ergonomie générale et des aides à la conduite encore un peu trop intrusives.

À ceci, Leapmotor répond par un autre argument de choix : les prix, 10 à 15 000 euros plus bas que les rivales européennes équivalentes. De quoi faire réfléchir plus d'un.

Points positifs du Leapmotor B05

  • Rapport qualité/prix remarquable

  • Comportement réussi

  • Habitacle spacieux

  • Autonomies et temps de recharge de bon niveau

Points négatifs du Leapmotor B05

  • Coffre réduit

  • Ergonomie compliquée

  • Aides à la conduite intrusives

  • Pas d'essuie-glaces arrière

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