
L’industrie automobile est en pleine mutation, c’est un fait indéniable. Et pour cause, si les ventes de voitures neuves augmentent légèrement, elles ne progressent pas autant que prévu. Or, c’est tout particulièrement le cas pour les véhicules électriques, dont la demande est plus basse qu’espéré dans le monde. Ce qui met évidemment les constructeurs dans l’embarras, eux qui ont massivement investi dans cette motorisation. Résultat, ils perdent de l’argent et s’enfoncent dans une vaste crise où les licenciements sont nombreux.
C’est par exemple le cas chez General Motors, qui vient de supprimer pas moins de 1 000 postes. Certes, nous aurions pu nous rassurer en imaginant que le groupe américain pourrait embaucher un jour, quand la crise serait terminée. Mais rien n’est moins sûr, car le site Carscoops nous annonce que la firme vient d’installer une cinquantaine de robots au sein de son usine située à Detroit. Officiellement, ces machines doivent aider les salariés dans certaines tâches. Les syndicats, eux, y voient tout autre chose.

C’est en effet ce qu’explique James Cotton, président de la section locale 22 de l’UAW, qui représente les employés de l’usine. Il estime que ces nouveaux robots prennent tout simplement la place des employés. Pourtant, selon le groupe, les machines sont bel et bien aux côtés des humains, afin de les aider à fixer certaines pièces sur les véhicules en cours de production. Mais il est vrai que le timing n’est pas rassurant.
Vers une production plus technologique
C’est ce que rappelle Cotton : « C’est toujours inquiétant de voir un robot arriver dans une usine, surtout après le licenciement de plus de mille personnes. » Pour lui, « ils [General Motors] prétendent que c’est l’avenir, mais si c’est le cas, ils suppriment des emplois. ». Ainsi, les syndicats auraient discuté avec la direction au sujet de ces machines, et notamment sur leur fonctionnement à proximité des personnes. De son côté, GM rappelle que ces dernières sont aussi là pour améliorer la sécurité et l’ergonomie des employés.
Et le groupe, représenté par son porte-parole Kevin Kelly, insiste sur le fait que les salariés licenciés le sont seulement de manière temporaire. Ce que les syndicats ont du mal à croire. C’est notamment le cas de Shawn Fain, président national de l’UAW. Ce dernier monte au créneau et estime que « Nous menons un combat pour l’humanité. Les travailleurs créent plus de valeur que jamais, mais ils n’en récoltent pas les bénéfices. ».

Ce qui alimente la colère des syndicats, c’est le contraste avec la santé financière du groupe. Au premier trimestre 2026, General Motors a dégagé 4,25 milliards de dollars (environ 3,9 milliards d’euros) de bénéfices, en hausse de 22 % sur un an. Difficile, dans ces conditions, de faire passer les licenciements pour une simple mesure de survie.
Pour mémoire, l’usine de Detroit ne produit désormais plus que des voitures électriques, et notamment les GMC Hummer EV et Chevrolet Silverado EV. Mais alors que la demande stagne, le groupe GM a été contraint de réduire les effectifs, mais aussi de procéder à des fermetures temporaires. En parallèle, selon Marick Masters, professeur à l’université Wayne State, le temps de travail nécessaire à la fabrication d’une auto a diminué de 50 à 70 % depuis les années 1980. Et ce notamment grâce à l’aide de l’automatisation.

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