Geely Galaxy M9 : pourquoi ce nouveau SUV familial à moins de 22 000 € en Chine fait déjà trembler Li Auto et Nio

 
Geely a lancé en septembre 2025 le Galaxy M9, un SUV électrique à prolongateur d’autonomie de plus de 5,20 mètres. Ce véhicule familial propose une configuration jusqu’à sept places et j’ai pu l’observer en concession en Chine. 
Galaxy M9, Geely
Le SUV Galaxy M9 du groupe Geely. // Source : Nicolas Declunder pour Frandroïd

Développement et stratégie

Propriétaire de Volvo, Polestar, Lotus et Zeekr, le groupe chinois fait partie de ceux – à l’instar de Xpeng par exemple – qui misent sur le véhicule électrique avec prolongateur d’autonomie (EREV). Avec sa gamme Galaxy lancée il y a à peine deux ans, il vise maintenant les familles et le M9 représente le sommet de l’offensive de la marque. L’objectif est clair : s’attaquer au leader du marché, le BYD Tang L, ainsi qu’aux startups telles que Li Auto et Onvo (du groupe NIO). 

Proposé initialement à partir de 183 800 yuan (environ 22 360 euros), Geely a immédiatement appliqué une remise de lancement de 10 000 yuans, plaçant l’entrée de gamme à 21 135 euros en Chine. Une manœuvre qui a porté ses fruits, le modèle trouvant immédiatement son public avec un rythme de croisière de 10 000 ventes mensuelles.

Design extérieur 

Esthétiquement, le Galaxy M9 en impose avec ses 5 205 mm de long, 1 999 mm de large et 1 800 mm de haut, il est 20 centimètres plus long qu’un Range Rover et seulement deux centimètres moins large que son cousin le Zeekr 9X. Son empattement géant de 3 030 mm permet une bonne habitabilité pour tous les passagers.

Le design, baptisé « Star River Ripple », se caractérise par une calandre pleine avec une inclusion de points lumineux, ressemblant effectivement à une galaxie d’étoiles. Le tout n’est pas très aérodynamique avec un Cx de 0,285, malgré des volets actifs pour l’optimiser, ce qui n’a probablement pas favorisé le développement d’une version tout-électrique. Un point similaire à Li-Auto qui a dû développer une carrosserie complètement différente pour ses BEVs de la gamme i8. 

Vous l’aurez compris, le M9 n’est pas destiné à concurrencer les hatchbacks et autres SUVs de catégories B et C qui dominent le marché européen. On est là sur un véhicule qui impose, et ce profil massif est souligné par la signature lumineuse qui traverse toute la largeur du véhicule, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. Les flancs sont épurés et soulignés par des poignées de porte affleurantes.

Un détail pratique a retenu mon attention : un marchepied est intégré pour faciliter l’accès à bord, une attention bienvenue pour les personnes de petite taille ou les enfants, compte tenu de la garde au sol de 192 mm.

Intérieur et finitions

L’habitacle que je découvre propose une configuration 2+2+2 avec un niveau de confort exceptionnel pour le segment. La qualité de finition est tout simplement bluffante à ce niveau de prix. Le confort est royal : les quatre sièges principaux (rangs 1 et 2) sont équipés de série du chauffage, de la ventilation et surtout d’un massage 10 points. Et la troisième rangée bénéficie de sièges chauffants, un raffinement rare. Les sièges sont confortables, moelleux et bien dessinés. 

Au centre, l’accoudoir avant dissimule un immense réfrigérateur de 9,1 litres, capable de maintenir des températures allant de -6°C à +50°C. C’est un véritable frigo à compresseur, pas une simple boîte à gants réfrigérée.

L’aménagement est pensé pour les familles, avec une modularité exemplaire permettant de transformer l’arrière en véritable salon roulant. Galaxy ne communique pas sur le volume de chargement pour le coffre mais la derniere rangée de sièges semi-rabbatables devrait porter un volume de chargement total de près de 1 000 litres. Pas de coffre avant sur le M9.

Les Six Finitions au Crible

La gamme du Galaxy M9 se structure autour de six déclinaisons qui se distinguent par leur autonomie électrique et leur niveau d’équipement. L’entrée de gamme, baptisée « Explorateur 100 » propose une batterie de 18,4 kWh et des sièges en similicuir, un écran central de 50 centimètres, une caméra de recul et des capteurs de stationnement, une  climatisation trizone.

La seconde finition « Navigation Intelligente 100 »  ajoute le système G-Pilot H5 d’aide à la conduite de niveau 2+, le stationnement automatique et le freinage d’urgence jusqu’à 130 km/h. On y trouve également des sièges en cuir véritable et une instrumentation numérique de 30 centimètres derrière le volant.

Le milieu de gamme s’ouvre avec la « Navigation Noble 230 » qui inaugure la batterie de 41,46 kWh. Elle hérite des équipements précédents et y ajoute le système audio Flyme Sound en option (avec ses 23 canaux et 50 haut-parleurs virtuels), un affichage tête haute AR-HUD de 45 cm, des sièges avant ventilés et massants (10 points), ainsi que le réfrigérateur de 9,1 litres intégré dans l’accoudoir central. 

Juste au-dessus, la « Navigation Drapeau 230 » enrichit encore la dotation avec les sièges arrière également ventilés, chauffants et massants, l’écran de divertissement au plafond de 44 cm, des poignées de porte éclairées, et le système Flyme Sound de série. Il ajoute aussi 2 écrans de contrôle à l’arrière pour la climatisation, les sièges et la température du réfrigérateur. C’est la version la plus vendue en Chine.

Enfin, les deux versions de pointe se nomment « Navigation Leader 230 » et « Navigation Leader 210 ». Cette dernière, seule version quatre roues motrices, embarque trois moteurs électriques pour une puissance totale de 640 kW (870 ch). Elle ajoute des étriers de frein Brembo, un mode tout-terrain et une dotation technologique incluant notamment les rétroviseurs caméra en option (1 200 yuans, soit 146 euros).

Technologies et cockpit 

Le poste de conduite est dominé par une débauche d’écrans. J’ai particulièrement apprécié cet écran fin placé derrière le volant : sa définition est excellente et son positionnement idéal, bien loin de l’ergonomie discutable que j’avais pu critiquer sur le Toyota BZ5 récemment essayé.

L’ensemble est piloté par la puce Qualcomm Snapdragon 8295P, assurant une fluidité parfaite au système Flyme Auto 2. L’intelligence artificielle « Eva » gère les commandes vocales et la planification des trajets. Côté audio, Geely frappe fort avec son système « Flyme Sound développé en partenariat avec Harman-Kardon, il développe une puissance totale de 2 600 watts sur le haut de gamme. Rien que ça…

Motorisations et batteries

Sous le capot, le Galaxy M9 étrenne le système hybride NordThor AI 2.0 EM-P. Il associe un moteur thermique 1,5 litre turbo de 161 ch, faisant office de générateur, à une puissante chaîne de traction électrique. Deux capacités de batterie sont proposées : 18,4 kWh pour l’entrée de gamme, offrant 100 km d’autonomie électrique CLTC (environ 85 km WLTP), et 41,46 kWh pour les versions longues, poussant jusqu’à 230 km CLTC (environ 185 km WLTP). C’est cette autonomie qui est reflétée dans le nom des finitions finissant par 100 ou 230.

Performances annoncées

Toutes les versions sont montées sur des pneumatiques en 20 pouces (21 pouces en option sur la version trimoteurs) avec des pneus de 255/50, mais les performances sont différentes que vous optiez pour l’entrée de gamme en version monomoteur avec une batterie de 18,4 kWh ou pour la version trimoteurs équipée d’une batterie de 41.46kWh. Galaxy annonce donc un 0 à 100km/h entre 7,7 secondes et 4,5 secondes qui est similaire au BYD Tang L. Et une consommation entre 5,7 L et 6,25 litres au 100 kilomètres, ce qui me semble cohérent avec un poids conséquent compris entre 2 180 et 2 530 kg. À noter que les versions trimoteurs avec la batterie de 41,46kWh, donc plus lourdes, bénéficient d’une suspension pneumatique ajustable pour mieux contenir son roulis.

L’architecture 800 V assure non seulement des recharges rapides, mais aussi une efficience énergétique remarquable pour le gabarit. La garde au sol de 192 mm permet d’envisager sereinement les chemins creux, même si la vocation première de ce salon roulant reste l’autoroute et les grands boulevards.

Positionnement tarifaire et concurrence

Avec une gamme de prix s’étalant de 21 135 euros à 30 270 euros, le Galaxy M9 se positionne comme une proposition très accessible. Son concurrent le plus direct reste le Onvo L90, le SUV électrique de la marque grand public de Nio que j’avais précédemment testé. Le L90, disponible uniquement en version 100% électrique (BEV), propose des dimensions comparables (5 209 mm de long) avec une batterie de 88 ou 108 kWh, pour un tarif démarrant à environ 206 900 yuans (25 170 euros), soit un positionnement tarifaire proche.

Une autre comparaison pertinente s’impose avec le BYD Tang L, lancé en avril 2025, également disponible en configurations 6 ou 7 places. Le Tang L existe en version hybride rechargeable DM-P (229 800 yuans, soit 27 960 euros) et en version 100% électrique (jusqu’à 289 800 yuans, soit 35 260 euros). Avec ses dimensions de 5 040 mm de long, un empattement de 2 950 mm et une batterie de 100,53 kWh sur la version BEV, le Tang L offre une alternative directe au M9, notamment avec sa technologie de charge rapide 1 MW que j’avais pu tester lors de son annonce début 2025. Le Tang L BEV dispose d’une puissance allant jusqu’à 810 kW (1 100 ch) en version transmission intégrale, avec un 0-100 km/h en 3,9 secondes et une autonomie CLTC de 600 à 670 km selon la configuration.

Verdict

Le Geely Galaxy M9 propose un ensemble cohérent pour les familles recherchant espace et équipements. Pour un peu plus de 20 000 euros, ce SUV hybride rechargeable offre six à sept places, un confort notable avec massage sur les quatre sièges principaux, une autonomie électrique de 85 à 185 km WLTP et une autonomie totale dépassant les 1 000 km WLTP. Les performances sont au rendez-vous avec une version trimoteurs atteignant 870 chevaux.

Face au Onvo L90 100% électrique à tarif proche, le M9 mise sur son système EREV et un prix d’entrée légèrement inférieur. Le BYD Tang L, avec sa charge ultra-rapide et ses versions BEV plus puissantes, reste un concurrent sérieux sur le segment des grands SUV familiaux chinois. Le Galaxy M9 l’emportera par les dotations de sa cabine, le BYD Tang L par ses performances et l’Onvo L90 par son système de batteries remplaçables.

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