2 L / 100 km : ce nouveau moteur hybride Geely pulvérise le record du monde de consommation

 
Alors que la voiture 100 % électrique semble avoir gagné la bataille, le constructeur chinois Geely dégaine un nouveau système hybride simple au rendement thermique inédit. Sans avoir besoin d’être branchée, cette motorisation promet une consommation record de 2,22 L/100 km. Prouesse d’ingénierie majeure ou simple baroud d’honneur du moteur à essence ?

Alors que la voiture électrique s’impose progressivement sur le marché européen, de nombreux constructeurs continuent de peaufiner les moteurs à essence pour réduire drastiquement leur appétit. Le groupe automobile chinois Geely vient ainsi d’officialiser sa technologie i-HEV, un système hybride pensé pour offrir une efficacité record sans nécessiter de grosses et lourdes batteries contrairement aux hybrides rechargeables.

Cette stratégie s’inscrit dans une logique industrielle de contrôle des coûts liés aux matières premières, en évitant l’intégration de gros accumulateurs.

Geely fait d’ailleurs partie de ces acteurs asiatiques qui développent des alternatives très sérieuses pour concurrencer le leadership historique de Toyota dans le domaine de l’hybridation simple.

Un rendement thermique record de 48,41 %

La pièce maîtresse de cette architecture i-HEV est son nouveau moteur essence dédié de 2 litres. Selon les données partagées par la marque, ce bloc affiche « un rendement thermique de 48,41 % », une performance que Geely positionne comme « le rendement thermique le plus élevé en production de série » à l’échelle mondiale.

Pour faire simple, le rendement thermique correspond à la capacité de la mécanique à transformer l’énergie contenue dans le carburant en véritable mouvement, sans la perdre sous forme de chaleur ou de friction. S’approcher du seuil des 50 % représente un accomplissement technique majeur pour un moteur à combustion.

À titre de comparaison, le rendement d’un moteur électrique est proche de 100 %, souvent plus de 95 %. C’est-à-dire que seulement 5 % de l’énergie produite et qui sort de la batterie est perdue et transformée en chaleur.

La partie thermique est épaulée par un système d’entraînement électrique développant une puissance maximale de 230 kW (312 ch), permettant, selon les ingénieurs de la marque, une accélération de 0 à 30 km/h en 1,84 seconde. L’objectif est d’assurer une réactivité maximale à basse vitesse en milieu urbain.

La nuance entre un record et la conduite quotidienne

Toute la communication de Geely repose sur un argument de poids : une consommation certifiée par le livre Guinness des records de « 2,22 litres aux 100 kilomètres ». S’il valide l’efficience théorique du système, ce chiffre doit être remis dans son contexte, car il découle d’un exercice d’éco-conduite extrême qui ne reflète pas les conditions de circulation habituelles.

D’ailleurs, lorsque l’on s’intéresse aux données d’homologation selon le standard WLTP, plus réaliste, la berline Geely Xingrui i-HEV annonce une consommation de 3,98 litres aux 100 kilomètres.

Moteur hybride BYD Shark 6

Le SUV de la gamme, le Xingyue L i-HEV, est quant à lui homologué à 4,75 litres aux 100 kilomètres. Ces valeurs demeurent excellentes compte tenu du gabarit des véhicules, mais elles rappellent qu’en usage quotidien, faire le plein d’essence coûte toujours bien plus cher que de recharger un véhicule fonctionnant exclusivement sur batterie.

Ce n’est cependant pas une première pour le constructeur, qui s’est récemment illustré à travers des coentreprises ciblant la création de motorisations capables de tutoyer la barre des 3 litres aux 100 kilomètres.

Le pragmatisme des batteries de petite capacité

L’architecture i-HEV fait volontairement l’impasse sur la recharge, se contentant d’une batterie dont la capacité oscille entre 1 et 2 kWh. Cette approche limite l’embonpoint du véhicule, une donnée cruciale quand on connaît les dérives de consommation souvent pointées du doigt sur les lourds véhicules hybrides rechargeables lorsque leur batterie est vide.

Mais la contrepartie est que ce système hybride simple consomme plus d’énergie qu’une hybride rechargeable lorsque cette dernière est rechargée. On a également pu voir des mauvaises conceptions chez les grands constructeurs (y compris Toyota) qui réduisent drastiquement la durée de vie de ces petites batteries.

Surtout, ces moteurs essence restent largement moins intéressants d’un point de vue rendement énergétique que les moteurs électriques comme on l’a vu plus haut. Ils ne font que retarder la transition énergétique vers le tout électrique, et font croire aux conducteurs que cette technologie a encore de l’avenir.

Mais c’est une béquille temporaire permettant notamment de vendre des voitures thermiques en Europe sans payer les surtaxes douanières, tout en ciblant les automobilistes réfractaires à l’électrique pour des craintes de plus en plus infondées, comme l’autonomie, la recharge ou la durée de vie des batteries.


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