La GSMA, alliance des acteurs télécoms, a publié une étude sur l’impact du bannissement de Huawei sur le déploiement de la 5G en Europe. La sentence est sans appel.

Le CEO de Nokia, Rajeev Suri

L’affaire Huawei a beau impacter les smartphones de l’entreprise, c’est principalement son activité d’équipementier réseau qui est remise en cause. Le gouvernement Trump craint en effet un espionnage massif de la part du constructeur chinois, même s’il n’a pas encore apporté de preuves en ce sens.

Ceci est particulièrement important alors que les acteurs télécoms se préparent à déployer la 5G à travers le monde. L’Europe la veut active pour 2020, et la France fait ses premiers tests. L’affaire Huawei risquerait d’y mettre des bâtons dans les roues.

L’impact de la 5G sans Huawei

BFM Business a en effet pu consulter une étude proposée par la GSMA, l’association des acteurs télécoms européens. Celle-ci nous met en garde sur l’impact de l’absence de Huawei sur le déploiement de la 5G.

L’étude avance que bannir Huawei du déploiement de l’infrastructure 5G occasionnerait un surcoût de l’ordre de 55 milliards d’euros pour les opérateurs européens. Il faut dire que nombre d’entre eux se basent sur les technologies du chinois, qui a l’avantage d’être l’un des moins chers du marché. C’est aussi le cas en France, notamment chez Orange.

Plus encore, passer par d’autres acteurs comme Nokia n’occasionnerait pas qu’un simple surcoût… mais aussi un retard, du fait que ces derniers n’ont pas forcément une production capable de suivre la demande. La GSMA estime que le déploiement prendra donc 18 mois de plus sur le plan mis en place par l’Union européenne.

Manque à gagner et rayonnement international

Un tel retard va également impacter le retour sur investissement des acteurs télécoms, qui prévoient déjà un manque à gagner de l’ordre de 45 milliards d’euros à l’horizon 2024. Les opérateurs n’investissant qu’en perspective de meilleurs revenus, voilà qui risquerait de compromettre la motivation générale.

De plus, cette affaire va entacher le rayonnement international technologique des métropoles européennes comparativement au reste du monde. L’étude estime que « l’interdiction pourrait élargir l’écart sur la 5G entre l’Europe et les États-Unis de 15 points d’ici à 2025 ». L’interdiction ferait en sorte que seulement 25% de la population européenne serait couverte en 5G en 2025, contre 40% sans bannissement de Huawei. En comparaison, 55% de la population américaine disposerait de la 5G en date.

Voilà qui chiffre précisément ce que nous pouvions déjà déduire de la situation. Mais surtout, la GSMA s’est désormais clairement positionnée comme un soutien de Huawei, qui pourrait ainsi au moins compter sur un maintien de ses opérations en Europe.