Test de l’iPad mini OLED (A20 Pro) : la meilleure petite tablette du marché, à un détail près

Mini, maxi prix

Apple a enfin glissé un écran OLED dans l'iPad mini. Avec la puce A20 Pro, une certification IP67 et 38 g de moins sur la balance, la petite tablette fait un vrai saut. Elle garde pourtant un écran à 60 Hz, et son prix de départ grimpe de 150 € par rapport au lancement du modèle précédent.
iPhone Duo et iPad mini Oled // Crédits : Frandroid
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J’ai acheté mon premier iPad mini il y a une douzaine d’années, et j’en ai eu un à presque chaque génération depuis. Seul le modèle A17 Pro de 2024 m’a échappé. Ce format d’à peu près 8 pouces a toujours eu une place à part chez moi : assez grand pour lire la presse, regarder une série ou jouer confortablement, assez petit pour finir dans un sac sans qu’on y pense. Je le sors dans l’avion, au lit ou sur le canapé, pendant que le smartphone reste en charge ou dans la poche.

Les smartphones pliants ont un peu bousculé cette habitude. Avec un Pixel Fold dans la poche, je laissais de plus en plus souvent l’iPad mini à la maison, puisque le grand écran intérieur du pliant couvrait une partie de ses usages. Pour ce test, j’ai utilisé l’iPad mini OLED en parallèle de l’iPhone Duo, le pliable d’Apple. La comparaison m’a surtout rappelé un atout logiciel de la tablette. J’y reviens plus bas.

Apple a présenté l’iPad mini OLED le lundi 26 octobre. Il arrive en magasin ce vendredi 6 novembre, à partir de 759 € en Wi-Fi 128 Go.

Une tablette presque seule sur son créneau

Les tablettes de cette taille se comptent sur les doigts d’une main. Lenovo propose sa Legion Tab, orientée jeu. RedMagic a sorti cet été l’Astra 2, une tablette de 9,06 pouces vendue 499 €, avec un écran OLED à 185 Hz et un refroidissement liquide. Je l’ai testée en détail : la RedMagic Astra 2 est la concurrente Android la plus proche de l’iPad mini OLED, et je m’en sers comme point de comparaison tout au long de ce test.

Pour aller plus loin
Test de la Redmagic Astra 2 : la tablette gaming compacte qui refroidit à l’eau

Face à ces deux tablettes Android pensées pour le jeu, l’iPad mini OLED joue une autre carte : celle d’une tablette généraliste, légère, qu’on emporte partout. Il est plus grand qu’un iPhone Pro Max et beaucoup moins encombrant qu’un iPad Air ou un MacBook. Ce format intermédiaire est sa raison d’être.

Fiche technique de l’iPad mini OLED

iPad mini OLED (2026)iPad mini A17 Pro (2024)
ÉcranOLED 8,5 pouces, 2 316 x 1 512 pixels, 326 pppLCD IPS 8,3 pouces, 2 266 x 1 488 pixels, 326 ppp
Luminosité annoncée600 nits, 1 200 nits en pointe (HDR)500 nits
Fréquence d’affichage60 Hz60 Hz
PuceApple A20 Pro (2 nm)Apple A17 Pro (3 nm)
Processeur5 cœurs (128 et 256 Go), 6 cœurs (512 Go)6 cœurs
GPU7 cœurs, ray tracing matériel5 cœurs
Stockage128, 256 ou 512 Go128, 256 ou 512 Go
Dimensions195,3 x 132,6 x 5,4 mm195,4 x 134,8 x 6,3 mm
Poids (Wi-Fi / cellulaire)255 g / 263 g293 g / 297 g
ÉtanchéitéIP67IP42
Batterie18,9 Wh, jusqu’à 10 h19,3 Wh, jusqu’à 10 h
Caméras12 Mpx à l’arrière, 12 Mpx Center Stage à l’avant (bord paysage)12 Mpx à l’arrière, 12 Mpx Center Stage à l’avant (bord court)
Sans filWi-Fi 7, Bluetooth 6, Thread (puce N1)Wi-Fi 6E, Bluetooth 5.3
Cellulaire5G, eSIM uniquement, modem Apple C25G, eSIM
PortUSB-C, USB 3 (10 Gbit/s)USB-C, USB 3 (10 Gbit/s)
BiométrieTouch IDTouch ID
ColorisMinuit, lumière stellaireBleu, mauve, lumière stellaire, gris sidéral
Prix de départ759 € (Wi-Fi), 929 € (cellulaire)609 € au lancement
Caractéristiques annoncées par Apple.

Design : plus fin, plus léger, étanche

Le design bouge peu. Seules les grilles de haut-parleurs disparaissent. Apple fait désormais passer le son par l’écran (son système « Acoustic Display »), avec des woofers couplés à la dalle et des tweeters cachés entre la vitre et la coque. Ce boîtier fermé aide aussi la tablette à obtenir son IP67. On retrouve des tranches plates, un port USB-C, une zone magnétique sur la tranche pour accrocher et recharger l’Apple Pencil, et des aimants au dos pour fixer le Smart Folio. Apple annonce la compatibilité avec l’Apple Pencil Pro et l’Apple Pencil USB-C.

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

Le changement se sent surtout en main. L’iPad mini OLED pèse 255 g en Wi-Fi et 263 g en version cellulaire, contre 293 et 297 g pour le modèle précédent. Il perd aussi presque un millimètre d’épaisseur (5,4 mm contre 6,3 mm).

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

Sur le papier, 38 g de moins, cela paraît peu. Au bout d’une heure de lecture au lit à une main, la différence se sent nettement. Je la trouve vraiment très légère, et c’est exactement ce qu’on attend d’une tablette qu’on veut emporter partout.

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

L’autre nouveauté bienvenue est la certification IP67. C’est une première sur un iPad : Apple n’annonçait aucune certification d’étanchéité pour les modèles précédents. Le nouveau résiste, selon Apple, à 30 minutes d’immersion sous un mètre d’eau. Pour une tablette qu’on lit au bord d’une piscine, dans la salle de bains ou qu’on pose dans la cuisine pour suivre une recette, c’est une vraie tranquillité d’esprit. Apple précise toutefois que les dégâts causés par les liquides ne sont pas couverts par la garantie.

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

Je regrette en revanche la palette de couleurs. Apple ne propose plus que deux coloris, minuit et lumière stellaire, alors que le bleu et surtout le mauve de l’iPad mini A17 Pro avaient du caractère.

Touch ID : efficace, encore faut-il le trouver

Pas de Face ID ici : le déverrouillage passe toujours par le capteur Touch ID intégré au bouton supérieur, logé dans un coin de la tablette. Il reconnaît bien les empreintes, mais je le trouve un peu lent. Surtout, je galère souvent à le trouver.

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

Le problème vient du format. Une tablette se saisit dans tous les sens, et iPadOS fait pivoter l’interface sans broncher, y compris tête en bas, caméra en bas. Selon la façon dont j’attrape l’iPad, le bouton se retrouve sous un pouce, sous un index ou carrément de l’autre côté. Comme je ne sais jamais vraiment dans quel sens je tiens la tablette, je cherche le capteur à tâtons.

Mon conseil : enregistrez plusieurs doigts dès la configuration. J’ai ajouté mes deux pouces et mes deux index, soit quatre empreintes, ce qui couvre à peu près toutes les prises en main. Depuis, le déverrouillage tombe juste beaucoup plus souvent du premier coup.

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

Caméra avant : idéale en paysage, moins en portrait

Je n’ai testé que la caméra avant, celle qu’on utilise vraiment sur une tablette. Elle migre sur la grande tranche, avec un capteur de 12 Mpx et Center Stage, la fonction qui recadre l’image en temps réel pour vous garder au centre quand vous bougez. Tablette tenue à l’horizontale, le résultat est convaincant. En appel FaceTime ou pour se filmer, on se retrouve bien cadré, face à l’objectif, et Center Stage suit les mouvements.

Ce placement devient un défaut en mode vertical. La caméra se retrouve alors sur le bord droit ou gauche, selon le sens dans lequel on tient la tablette. Pour un selfie en portrait, le visage n’est pas centré dans l’image, et le résultat n’est pas terrible. J’aurais aimé une solution pour ce cas de figure.

Apple en a pourtant une sous la main. Les iPhone 17 ont inauguré une caméra avant Center Stage à capteur carré de 18 Mpx, qui permet de cadrer en portrait ou en paysage sans tourner le téléphone. L’iPad mini OLED n’en profite pas : Apple annonce un capteur de 12 Mpx, sans ce capteur carré. Sur une tablette qu’on tient aussi souvent dans un sens que dans l’autre, c’est pourtant là qu’il aurait été le plus utile.

À l’arrière, on retrouve un capteur de 12 Mpx avec flash True Tone, que je n’ai pas testé en détails ici.

Écran : un très bel OLED, bridé à 60 Hz

La grande nouveauté se trouve là. L’iPad mini passe d’un LCD de 8,3 pouces à une dalle OLED de 8,5 pouces, en 2 316 x 1 512 pixels, avec toujours 326 pixels par pouce. Sur un écran OLED, chaque pixel produit sa propre lumière et s’éteint complètement pour afficher du noir, sans rétroéclairage. Le contraste devient infini, et les films sombres gagnent en profondeur.

iPad mini Oled // Crédits : Frandroid

J’ai passé la dalle sous ma sonde Calibrite ColorChecker Display Plus HL, pilotée par le logiciel libre ArgyllCMS. Pour situer les résultats, j’ai répété exactement les mêmes mesures sur un iPad Pro M4, qui utilise un OLED « Tandem » à double couche, et sur l’écran Mini LED d’un MacBook Pro M4 Pro.

MesureiPad mini OLEDiPad Pro M4 (OLED Tandem)MacBook Pro M4 Pro (Mini LED)
Couverture DCI-P399,6 %99,6 %99,4 %
Couverture Rec. 202072,0 %72,0 %72,3 %
ContrasteInfini89 416:1 (ANSI)6 714:1 (ANSI)
Température des couleurs7 005 K6 669 K6 287 K
Luminosité max SDR478 cd/m²604 cd/m²620 cd/m²
Luminosité max HDR (fenêtre 10 %)1 152 cd/m²1 624 cd/m²≈ 1 650 cd/m²
Luminosité HDR plein écran1 147 cd/m²1 034 cd/m²1 194 cd/m²
Delta-E 2000 SDR moyen (max)2,15 (5,59)0,89 (1,51)1,38 (3,06)
Mesures Frandroid, sonde Calibrite ColorChecker Display Plus HL et ArgyllCMS, luminosité au maximum, True Tone, Night Shift et luminosité automatique désactivés. Les deux iPad sont mesurés avec la même correction spectrale OLED, approchée faute de profil Apple disponible.

Luminosité : un HDR qui ne faiblit pas en plein écran

En SDR, c’est-à-dire l’affichage standard de l’interface, du web et de la grande majorité des applications, je mesure 478 cd/m² sur un blanc plein écran, avec le curseur de luminosité au maximum et la luminosité automatique coupée. C’est 21 % de moins que l’iPad Pro M4 (604 cd/m²), et sous les 600 nits annoncés par Apple. La valeur ne bouge pas selon la surface affichée : une petite fenêtre blanche et un plein écran sortent au même niveau.

Le HDR donne un résultat plus intéressant. Avec une vidéo HDR10 affichée sur 10 % de l’écran, l’iPad mini OLED monte à 1 152 cd/m², proche des 1 200 nits promis. En plein écran, il tient encore 1 147 cd/m². Il ne perd presque rien quand la surface lumineuse s’agrandit, et pas davantage sur la durée : pendant cinq minutes de blanc HDR plein écran, la luminance reste entre 1 144 et 1 149 cd/m².

L’iPad Pro M4 monte bien plus haut sur une petite zone (1 624 cd/m²), mais il perd 36 % en plein écran et tombe à 1 034 cd/m², soit 10 % sous l’iPad mini OLED. Une scène de neige ou un grand ciel lumineux ressortent donc plus fort sur la petite tablette que sur la grande.

Graphique de luminosité mesurée en SDR et en HDR : iPad mini OLED contre MacBook Pro M4 Pro
Luminance mesurée à la sonde en SDR plein écran, en HDR sur 10 % de l’écran et en HDR plein écran. L’iPad mini OLED reste derrière le Mini LED du MacBook Pro M4 Pro en pointe, mais s’en approche en plein écran (1 147 contre 1 194 cd/m²).

HDR : évitez la luminosité à fond pour regarder un film

Une vidéo HDR10 code chaque pixel en luminance absolue, exprimée en nits. Un écran de référence affiche une zone à 100 nits à 100 cd/m², une zone à 1 000 nits à 1 000 cd/m², et ainsi de suite. J’ai envoyé à l’iPad mini OLED une série de vidéos de 100 à 2 000 nits pour voir ce qu’il affiche réellement.

iPadOS ne suit pas ces valeurs : il cale tout le rendu HDR sur le curseur de luminosité. Luminosité au maximum, une zone codée à 100 nits sort à 557 cd/m², plus lumineuse que le blanc de l’interface. Les tons moyens d’un film, étalonnés en général entre 100 et 200 nits, se retrouvent entre 557 et 731 cd/m². Les hautes lumières n’ont plus que 2,2 fois de marge au-dessus du blanc SDR. L’image est très lumineuse, ce qui aide en extérieur, mais elle paraît plus plate que ce qu’a voulu l’étalonneur : les reflets, les phares ou le soleil ressortent peu.

À 50 % de luminosité, l’iPad se rapproche de l’intention d’origine. Les 100 nits s’affichent à 190 cd/m², les pointes restent à 828 cd/m², et la marge HDR grimpe à 7 fois le blanc de l’interface. J’ai mesuré le même relèvement sur l’iPad Pro M4 : le comportement vient d’iPadOS, pas de la dalle.

Courbe HDR de l'iPad mini OLED à 100 % et 50 % de luminosité
Luminance affichée par l’iPad mini OLED selon la luminance demandée par la vidéo HDR10, curseur à 100 % et à 50 %. La diagonale en pointillés correspond à un affichage fidèle : à luminosité maximale, iPadOS remonte fortement les bas niveaux et écrase le haut de la courbe.

Mon conseil est simple : pour regarder un film HDR le soir, dans une pièce sombre, ne poussez pas la luminosité au maximum. Gardez-le pour l’extérieur. J’ai fait ces mesures avec une page web en plein écran ; le réglage étant géré par le système, l’application TV devrait suivre la même logique, mais je ne l’ai pas vérifié à la sonde.

Couleurs : justes sur les teintes, froides sur le blanc

La dalle couvre 99,6 % de l’espace DCI-P3, celui du cinéma numérique, et 100 % du sRGB, la référence du web. Les contenus web ordinaires ne sont pas sursaturés : iPadOS les convertit proprement.

Pour la fidélité, j’utilise le Delta-E, un indice qui chiffre l’écart entre la couleur demandée et la couleur affichée. Sous 2, l’œil ne voit pratiquement pas la différence ; sous 1, on atteint le niveau d’un écran de référence. L’iPad mini OLED obtient 2,15 de moyenne. Les couleurs saturées sont très justes (0,18 pour l’orange, 0,57 pour le vert, 1,19 pour le rouge). Les gris tirent le résultat vers le haut, jusqu’à 5,59 sur le blanc.

Delta-E 2000 moyen de l'iPad mini OLED et du MacBook Pro M4 Pro
Delta-E 2000 moyen mesuré sur les 24 patchs du ColorChecker (contenu sRGB), plus bas c’est mieux. L’iPad mini OLED (2,15) reste derrière le MacBook Pro M4 Pro (1,38), surtout à cause de ses gris.

La cause tient au point blanc. Je mesure 7 005 K, quand la référence est à 6 500 K : le blanc tire légèrement vers le bleu, et ce décalage reste constant sur toute l’échelle de gris. L’iPad Pro M4, mesuré avec la même sonde et la même méthode, sort à 6 669 K avec un Delta-E de 0,89. Une réserve s’impose : ma sonde utilise une correction approchée pour l’OLED, faute de profil Apple dans la base de référence. Comme l’iPad Pro ressort presque juste dans les mêmes conditions, le bleuté de l’iPad mini OLED me paraît bien réel. Sans point de comparaison, il passe inaperçu ; posé à côté d’un écran calibré, il se voit.

Écart du point blanc à 6 500 K : iPad mini OLED contre MacBook Pro M4 Pro
Écart de la température du blanc par rapport à la référence de 6 500 K, plus bas c’est mieux. Avec 7 005 K, l’iPad mini OLED affiche un blanc plus froid que le MacBook Pro M4 Pro.

Le noir, lui, est parfait. La sonde lit 0 cd/m² au centre d’un disque noir entouré de blanc, y compris à 25 mm de la zone claire. Dans les mêmes conditions, le MacBook Pro M4 Pro laisse filtrer 0,197 cd/m² : c’est le halo typique d’un rétroéclairage Mini LED par zones. Les sous-titres blancs sur fond noir restent nets, sans auréole.

60 Hz en 2026, un choix difficile à défendre

Toutes ces qualités rendent le blocage à 60 Hz encore plus difficile à comprendre. L’écran se rafraîchit 60 fois par seconde, comme celui de l’iPad mini de 2021. ProMotion, la technologie qui permet aux iPad Pro et aux iPhone, y compris l’iPhone 17 de base, de monter à 120 Hz, reste absente. Sur une tablette vendue 759 € minimum, avec un écran OLED, je trouve ce choix aberrant.

Je m’en rends compte tous les jours. Le défilement d’une page web ou d’un fil d’actualité paraît moins fluide, les animations d’iPadOS aussi, et les jeux plafonnent à 60 images par seconde alors que la puce pourrait aller plus loin. La RedMagic Astra 2, vendue 499 €, monte à 185 Hz.

J’y vois deux explications possibles. La première est la segmentation de la gamme, pour réserver la fluidité aux iPad Pro. La seconde serait l’autonomie, mais je n’y crois pas beaucoup. Une dalle OLED à fréquence variable peut descendre très bas quand l’image est fixe, comme sur les iPhone Pro, ce qui limite l’impact sur la batterie. Par ailleurs, l’autonomie de l’iPad mini OLED est déjà correcte.

Une troisième piste tient à la dalle elle-même. Plusieurs sources, dont l’analyste Max Weinbach, estiment qu’Apple utilise ici un OLED de type LTPS, et non LTPO comme sur les iPad Pro, comme le détaille Numerama. Une dalle LTPS ne descend pas aussi bas en fréquence quand l’image est fixe : un 120 Hz permanent pèserait donc vraiment sur la batterie. Apple n’a pas confirmé le type de dalle. Interrogé sur l’absence de ProMotion, Dave Pakula, vice-président de l’ingénierie matérielle d’Apple, a mis en avant le temps de réponse très rapide de l’OLED, sans expliquer pourquoi le 120 Hz manque.

Performances : la tablette compacte la plus rapide du marché

L’iPad mini passe de l’A17 Pro à l’A20 Pro, gravée en 2 nm, la puce de la génération iPhone 18 Pro. Le GPU passe de 5 à 7 cœurs et gagne le ray tracing matériel, une technique qui simule le trajet de la lumière pour obtenir des reflets et des ombres plus réalistes dans les jeux.

Les versions 128 et 256 Go ont un processeur (CPU) à 5 cœurs, soit un de moins que l’A17 Pro du modèle précédent. Le sixième cœur et un Neural Engine doublé, dédié aux calculs d’IA, sont réservés à la version 512 Go. Apple annonce un gain « jusqu’à 60 % » en multi-cœur pour sa puce « jusqu’à 6 cœurs » : ce chiffre vaut donc pour cette version haut de gamme.

Apple met aussi en avant cette puce pour ses fonctions d’intelligence artificielle. En France, on n’en profite qu’en partie. Apple Intelligence est bien disponible, avec les outils d’écriture, Genmoji, Image Playground, le nettoyage des photos, les résumés de notifications ou la traduction en direct. Siri AI, la nouvelle version de l’assistant livrée en bêta avec iPadOS 27.2, manque en revanche à l’appel : Apple indique qu’il n’est pas disponible dans l’Union européenne sur iPadOS pour le moment, et dit chercher une solution avec Bruxelles. C’est un vrai manque. L’iPad mini OLED a largement la puissance pour faire tourner ces fonctions, et il serait meilleur avec elles.

Processeur : un cran sous l’iPhone 18 Pro

Sur Geekbench 7, qui mesure la puissance du processeur, mon exemplaire obtient 3 953 points en mono-cœur et 10 508 points en multi-cœur. C’est 15 et 17 % de moins que l’iPhone 18 Pro (4 655 et 12 592 points), et presque exactement le score mono-cœur de l’iPhone Duo (3 950 points), à 5 % de son score multi-cœur (11 056 points). Le cœur en moins pèse sur le multi-cœur ; en mono-cœur, la puce semble simplement réglée un peu plus bas que dans l’iPhone 18 Pro. Face à l’iPhone 17 Pro Max et son A19 Pro, l’iPad mini OLED garde 18 % d’avance en mono-cœur et 13 % en multi-cœur.

Scores Geekbench 7 de l'iPad mini OLED face aux iPhone 18 Pro, 18 Pro Max et 17 Pro Max
Geekbench 7, scores mono-cœur et multi-cœur, plus haut c’est mieux. L’iPad mini OLED reste un cran sous les iPhone 18 Pro et devant l’iPhone 17 Pro Max.

Le gros progrès se situe côté graphique. Le score GPU de Geekbench 7 atteint 60 170 points, 38 % de plus que l’iPhone 17 Pro Max (43 656 points), et seulement 5 % sous l’iPhone 18 Pro (63 396 points).

AnTuTu 11 : au niveau d’un iPhone 18 Pro

AnTuTu 11 additionne quatre volets : processeur, graphique, mémoire et fluidité de l’interface. L’iPad mini OLED totalise 3 478 339 points, à 0,6 % de l’iPhone 18 Pro (3 500 975 points) et 37 % au-dessus de l’iPhone 17 Pro Max. Il prend même l’avantage sur l’iPhone 18 Pro en processeur (+6 %) et en mémoire (+8 %), et lui cède 8 % en graphique. Le Galaxy S26 Ultra de Samsung s’arrête à 3 423 980 points. Je ne compare pas ce score aux tablettes Android de notre base : elles ont été mesurées sous AnTuTu 10, dont les résultats ne sont pas comparables.

Score global AnTuTu 11 de l'iPad mini OLED face aux iPhone récents
AnTuTu 11, score global, plus haut c’est mieux. L’iPad mini OLED fait jeu égal avec les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max.
Écarts de performances entre l'iPad mini OLED et l'iPhone 18 Pro, test par test
Écart de l’iPad mini OLED face à l’iPhone 18 Pro, test par test. La tablette cède du terrain en processeur sur Geekbench 7, mais passe devant en jeu 3D.

Jeu vidéo : devant toutes les tablettes Android

Le test qui permet une comparaison directe avec les tablettes Android est 3DMark Wild Life Extreme, un benchmark graphique solide.

L’iPad mini OLED y obtient 8 910 points, soit 53,4 images par seconde. Dans notre base, seul l’iPad Pro M5 fait mieux (63,6 i/s). La petite tablette dépasse l’iPhone 18 Pro Max de 4 %, la Galaxy Tab S12 Ultra de Samsung de 24 % et la RedMagic Astra 2, pourtant pensée pour le jeu, de 15 %.

Classement 3DMark Wild Life Extreme des tablettes et smartphones testés par Frandroid
3DMark Wild Life Extreme, en images par seconde, plus haut c’est mieux. Seul l’iPad Pro M5 devance l’iPad mini OLED parmi les tablettes et smartphones de notre base.

Ce score vient d’un passage unique du test. La RedMagic Astra 2 embarque un système de refroidissement liquide conçu pour tenir la charge sur de longues sessions. Je n’ai pas encore mesuré la stabilité de l’iPad mini OLED sur la durée, et l’écart peut se réduire au fil d’une longue partie.

iPad mini OLED contre RedMagic Astra 2 sur 3DMark Wild Life Extreme
iPad mini OLED contre RedMagic Astra 2 sur 3DMark Wild Life Extreme, seul test passé dans la même version sur les deux tablettes : 15 % d’avance pour l’iPad.

En pratique, j’ai lancé la dernière version de No Man’s Sky avec le HDR activé. Le jeu tourne dans de très bonnes conditions, ce qui n’a rien d’étonnant vu la puce. Le ray tracing matériel ouvre aussi la porte à des portages de jeux console plus ambitieux. Et encore une fois, le plafond de 60 Hz de l’écran reste le principal frein à ce que la puce pourrait afficher.

Chauffe : 41,3 °C au plus chaud

Une précision sur les conditions de test : l’automne s’installe, et il fait 19 °C dans la pièce où j’ai joué. Une tablette chauffe forcément moins dans ces conditions qu’en plein été, à garder en tête si vous jouez par 30 °C.

J’ai enchaîné une heure de No Man’s Sky. Sans surprise, l’iPad mini OLED chauffe. Il n’a pas de ventilateur : la chaleur de la puce passe dans la coque en aluminium (recyclé, selon Apple), un métal qui conduit très bien la chaleur et l’évacue vers l’extérieur par toute la surface de la tablette.

Le point le plus chaud se trouve sur la partie gauche de l’écran, à l’emplacement de la puce, où j’ai relevé un pic à 41,3 °C. C’est chaud au toucher, sans être brûlant. Ailleurs, la chaleur se répartit sur l’ensemble du châssis, et la tablette se tient sans gêne jusqu’au bout de la partie. Il y a juste un pic de chaleur sur un des tranches, mais rien de gênant.

iPadOS, l’atout que l’iPhone Duo n’a pas

Utiliser l’iPad mini OLED à côté de l’iPhone Duo m’a rappelé la vraie force de la tablette : sa logithèque. Depuis plus de quinze ans, les développeurs conçoivent des applications pensées pour l’écran d’un iPad, qu’il s’agisse de dessin et de prise de notes avec l’Apple Pencil, de lecture de BD et de presse, de montage vidéo ou de jeux optimisés. Sur l’iPad mini OLED, on profite de tout ce catalogue.

Notre application QUELLE IA permet d’avoir le classement de tous les modèles de langage. L’application est compatible iPadOS, mais aussi iPhone Duo.

L’iPhone Duo n’y a pas accès, et ça m’étonne. Apple est reparti des applications iPhone pour les adapter à un écran qui se déplie. Je comprends la logique : une application doit passer d’un écran à l’autre sans accroc à l’ouverture du téléphone, ce qui demande plus de travail que d’afficher une application iPad en grand. Avec un écosystème aussi riche côté iPadOS, il est tout de même dommage de s’en priver.

Connectivité : eSIM obligatoire et USB-C toujours lent

J’ai testé la version cellulaire, compatible 5G grâce au modem maison d’Apple, le C2. Elle n’a pas de tiroir pour carte SIM : tout passe par l’eSIM, une carte virtuelle à activer auprès de son opérateur. Il faut donc un forfait compatible eSIM, une option devenue courante.

La puce sans fil N1 d’Apple apporte le Wi-Fi 7, le Bluetooth 6 et Thread, le protocole utilisé par les objets connectés compatibles Matter. Le port USB-C, en revanche, reste en USB 3 à 10 Gbit/s, comme sur le modèle précédent. C’est suffisant pour brancher un écran ou un SSD. Les iPad Pro passent par Thunderbolt, et sur une tablette à ce prix, j’aurais aimé un port plus rapide pour transférer des photos ou des vidéos lourdes.

Autonomie et charge

Sur le papier, la batterie perd un peu de capacité : 18,9 Wh contre 19,3 Wh sur le modèle précédent. Apple annonce toujours jusqu’à 10 heures de navigation web ou de lecture vidéo en Wi-Fi, et jusqu’à 9 heures en cellulaire, la version que j’ai testée. Dans mon usage mixte, entre mails, vidéo, lecture et un peu de jeu, je tiens entre 7 et 9 heures, une autonomie proche de celle de l’ancien modèle. C’est moyen, sans être gênant pour une tablette de ce poids.

Côté charge, j’ai obtenu 28,2 W en pic de puissance de charge, et ce niveau, cette vitesse de charge a été maintenue de 10 à 45 %, ce qui est bien. Au delà de 50 % de charge, la puissance de charge tombe sous les 20 W. Apple annonce environ 50 % en 30 minutes avec un adaptateur de 35 watts ou plus, vendu à part. Je pense clairement qu’on y est.

Prix et disponibilité de l’iPad mini OLED

L’iPad mini OLED démarre à 759 € en Wi-Fi 128 Go. Il y a deux ans, l’iPad mini A17 Pro était lancé à 609 € en 128 Go et 739 € en 256 Go : la facture grimpe de 150 € à capacité égale. L’écart tombe à 70 € face au dernier prix public de l’ancien modèle, qu’Apple avait relevé à 689 € en 128 Go.

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  • Materiel.net759,00 €
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VersionPrix
Wi-Fi 128 Go759 € (699 € sur l’Apple Store Éducation)
Wi-Fi 256 Go889 €
Wi-Fi 512 Go1 139 €
Wi-Fi + Cellular 128 Go929 €
Wi-Fi + Cellular 256 Go1 059 €
Wi-Fi + Cellular 512 Go1 309 €
Prix publics en France. Le verre nano-texturé antireflet est proposé en option sur les versions 256 et 512 Go ; la configuration la plus chère atteint 1 439 €.

À ce tarif, l’iPad Air fait beaucoup d’ombre à l’iPad mini OLED. L’iPad Air M4 démarre à 819 €, soit 60 € de plus pour un écran de 11 pouces. Pour vous situer dans la gamme, notre sélection des meilleurs iPad détaille les forces de chaque modèle, et notre guide d’achat des tablettes élargit la comparaison à Android.

Note finale du test
9 /10
L'iPad mini OLED est la meilleure petite tablette que j'ai eue entre les mains. Son écran OLED offre un noir parfait et tient son HDR en plein écran mieux que celui de l'iPad Pro M4. L'A20 Pro en fait la tablette de 8 pouces la plus puissante du marché, devant la Redmagic Astra 2 en jeu 3D. La certification IP67 et les 38 g en moins la rendent encore plus facile à emporter partout, ce qui reste sa raison d'être.

Elle traîne pourtant deux défauts sérieux. Le premier tient à l'écran à 60 Hz, difficile à justifier sur une dalle OLED à ce prix, avec une puce qui aurait largement de quoi l'alimenter. Le second est le prix : 759 € minimum, 150 € de plus que le modèle précédent à son lancement.

Je la conseille avant tout aux convertis du format, ceux qui savent déjà qu'une tablette de 8 pouces leur convient. Les propriétaires d'un iPad mini 6 de 2021 feront un vrai bond. Ceux qui ont le modèle A17 Pro peuvent attendre, sauf s'ils lisent souvent dehors ou au bord de l'eau, là où l'OLED et l'IP67 font la différence. Pour tous les autres, je recommande d'aller prendre en main l'iPad mini OLED et l'iPad Air côte à côte, en Apple Store ou à la Fnac, avant de trancher : le format compte davantage que la fiche technique.

Il manque à cet iPad mini OLED un écran 120 Hz pour devenir la petite tablette idéale. Vu l'écart de prix qui le sépare désormais des iPad plus grands, Apple aura du mal à justifier une prochaine génération qui s'en passerait encore.

Points positifs de l'Apple iPad mini Oled (A20 Pro)

  • Écran OLED au noir parfait, HDR stable en plein écran

  • Puce A20 Pro : la tablette compacte la plus rapide, ray tracing compris

  • 255 g et 5,4 mm d'épaisseur

  • Certification IP67

  • Logithèque iPadOS taillée pour la tablette

Points négatifs de l'Apple iPad mini Oled (A20 Pro)

  • Écran toujours limité à 60 Hz

  • Prix en hausse de 150 €

  • Processeur à 5 cœurs sur les versions 128 et 256 Go

  • Port USB-C limité à 10 Gbit/s

  • Touch ID un peu lent et difficile à trouver selon la prise en main

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