Après une rapide prise en main lors de la Paris Games Week en octobre dernier, nous avons eu l’occasion d’essayer plus en profondeur le PlayStation VR, le casque de réalité virtuelle de Sony. Ainsi, pendant deux heures complètes nous avons plongé dans les différents univers proposés par le spécialiste nippon du jeu vidéo. Deux heures agréablement surprenantes et très variées.

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C’est non sans une certaine appréhension que je me suis rendu chez Sony pour essayer le PlayStation VR pour la première fois. Ayant déjà eu l’occasion de tester le HTC Vive, je m’attendais à une expérience bien moins enrichissante que sur ce dernier, notamment en raison de ses limitations techniques et de celles de la PlayStation 4. J’étais loin de m’imaginer à ce moment-là que j’allais expérimenter quelques minutes plus tard ce qui serait pour moi une véritable claque en réalité virtuelle.

Le plus confortable

Que ce soit le Google Cardboard, le Samsung Gear VR, l’Oculus Rift et le HTC Vive, enchaîner les heures de jeu en réalité virtuelle devient rapidement assez désagréable. Entre les bords un peu tranchants du premier et l’impression de lourdeur des autres, il est difficile de réellement les oublier, d’autant qu’ils sont très hermétiquement fermés, ce qui entraîne une certaine chaleur (et donc un inconfort certain avec la transpiration), et souvent un dépôt de buée sur les lentilles. Le PS VR, lui, bien que plus lourd que le HTC Vive de 10 grammes, est bien plus confortable.

Tout d’abord, son réglage est très simple. Un bouton situé derrière l’arceau permet de desserrer ce dernier afin d’y glisser sa tête. En relâchant le tout, l’arceau trouve alors de lui-même le bon réglage. La partie casque quant à elle se déplace également d’avant en arrière afin de gérer la mise au point de l’écran. En cas de doute, le bon réglage est généralement le plus proche du visage. Et c’est là toute l’ingéniosité de l’appareil. La lourdeur du casque ne repose à aucun moment sur le nez et ne vient pas se coller sur les yeux, ce qui le rend très agréable à porter. En outre, un petit interstice en dessous permet de laisser passer un peu d’air et ainsi éviter l’accumulation de buée sur les lentilles.

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Certains y verraient un inconvénient puisque cela laisse également passer la lumière, mais nous avons joué dans un environnement bien éclairé, et une fois plongé dans un jeu, on en oublie totalement la présence de cette fine source de lumière. Le choix semble donc bon.

Techniquement moins bon… mais moins cher

L’une des principales critiques émises à l’encontre du PlayStation VR est son écran 1080p scindé en deux là où le HTC Vive et l’Oculus Rift montent à 2160 x 1200 pixels et que le Gear VR de Samsung adopte la résolution du téléphone embarqué dedans, à savoir 2560 x 1440 pixels. Alors que les pixels sont déjà visibles sur les autres casques, ils le sont d’autant plus ici, mais il faut avouer que l’immersion créée par la réalité virtuelle permet de vite oublier ce défaut, et ce quel que soit le périphérique adopté.

Précisons que la caméra (50 euros neuve) permet de – très bien – détecter le joueur dans la pièce, même lorsque celle-ci est plutôt sombre. Il est donc possible de bouger dans la pièce, d’avancer la tête ou encore de se pencher, toutes les actions sont fidèlement retranscrites à l’écran.

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En revanche, la plus grande limitation risque de venir non pas du casque, mais de la PlayStation 4. En effet, ne vous attendez pas à jouer à Uncharted 4 en VR avec la même qualité que sur un écran plat. En fonction des jeux, l’aliasing est conséquent, on peut avoir du cliping et la finesse des graphismes rappelle bien souvent ce qui se faisait sur la génération précédente (PlayStation 3). Il ne faut pas oublier cependant qu’entre le prix de la console et du casque, on atteint approximativement le prix d’un HTC Vive seul, qui nécessite pour sa part un PC costaud (comptez environ 1000 euros supplémentaires) pour tourner.

Un catalogue prometteur

Mais la principale force de Sony est de nous rappeler que les graphismes ne font pas tout et que l’expérience du joueur, ainsi que parfois la direction artistique, sont au cœur de la réalité virtuelle et du jeu vidéo en général. Et dans ce domaine, le géant japonais n’a plus à faire ses preuves, les chiffres de vente de sa dernière console et de ses exclusivités suffisant à mettre tout le monde d’accord.

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Ma première expérience s’appelait Ocean Descent (anciennement Into the Deep), l’un des six jeux présents dans VR Worlds, un pack servant à montrer les capacités du PS VR en solo comme en multi. Plus qu’un jeu, il s’agit d’une expérience de contemplation où l’on plonge – littéralement – dans une cage à requin. Le premier pas est là, on s’habitue à regarder autour de soi, à se déplacer dans une surface d’un mètre carré… mais il manque quelque chose. La cage bouge, mais le corps ne le ressent pas, et je dois avouer que j’ai terminé la démo avec un arrière-goût nauséeux.

Heureusement, la seconde expérience s’est immédiatement montrée beaucoup plus amusante. The London Heist, également compris dans VR Worlds,  plonge le joueur au cœur d’un braquage. Dans une voiture en fuite et à l’aide des PS Move (les motion controllers de Sony), on se retrouve catapulté en pleine action, à tirer sur tout ce qui bouge, à tourner la tête à droite et à gauche pour voir d’où arrivent les ennemis, à se pencher par la fenêtre pour les surprendre plus rapidement, à retourner dans l’habitacle pour se protéger et récupérer un chargeur neuf… Les amateurs de salles d’arcade retrouveront là leurs réflexes de Time Crisis, la détection des mouvements du corps en plus.

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Les expériences s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Head Master se joue uniquement au mouvement et demande de mettre des buts de la tête, Kitchen (une démo vieille d’un an pour teaser Resident Evil 7) ligote le joueur à une chaise pour vivre une expérience horrifique, ou encore Here they Lie oblige à suivre des couloirs étranges et glauques dignes des pires cauchemars de Stephen King en se déplaçant à la manette. La caméra n’est pas forcément évidente à prendre en main au départ, puis on s’y habitue avant de plonger dans l’horreur.

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Mais en dehors de ces titres qui ressemblent davantage à des démos, nous avons eu l’occasion d’essayer deux autres jeux : Rush of Blood, un spin-off d’Until Dawn, et Bound, un jeu indépendant. Le premier est encore un rail shooter, mais cette fois-ci bien mieux pensé et dans un univers parfait pour le genre, tandis que le second a la particularité de se jouer… à la troisième personne. On y incarne une ballerine dans un monde féerique, et si la VR est clairement dispensable, elle rend l’expérience plus immersive. C’est rafraîchissant, beau et un peu déboussolant… Tout ce que l’on pouvait attendre d’un produit cherchant à révolution le gaming.

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Bound : Difficile de ne pas avoir envie d’y retourner

Plus encore

Outre les jeux conçus directement pour la réalité virtuelle, l’un des intérêts du PlayStation VR est de pouvoir servir d’écran. Ceux qui n’ont pas de quoi s’acheter un grand écran pourront profiter des lentilles pour jouer à leur jeu préféré, qu’il soit VR ou non, directement dans le casque. Un écran est alors simulé au travers des lentilles, ajoutant un autre attrait à l’accessoire. précisons par ailleurs qu’un micro situé sous le casque facilitera la communication dans les jeux en ligne.

Par ailleurs, tout comme les autres casques, d’autres expériences à 360° seront également proposées. Si l’on sait déjà que les vidéos sphériques de YouTube sont d’ores et déjà compatibles, on peut également espérer que les multiples casquettes du géant nippon permettront de profiter des éventuels films à 360° que Sony Pictures – et pourquoi pas d’autres distributeurs – pourraient proposer.

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Le mot de la fin

Sur le papier, le PS VR n’est peut-être pas le casque de réalité virtuelle le plus intéressant du marché, mais dans les faits, c’est certainement celui qui m’a fait le plus d’effet. Non seulement il est plus agréable à porter et je me vois davantage y jouer lors de longues sessions, mais en plus le catalogue vidéoludique proposé est celui qui m’a donné l’impression d’être le plus prometteur, avec des projets de jeux complets aussi divers qu’amusants et des expériences plus furtives pour compléter le tout. Proposé à un prix défiant toute concurrence, le PS VR affiche donc un énorme potentiel, en espérant qu’il soit davantage exploité que les PS Move à leur époque.