
Le bras de fer est devenu public le lundi 11 mai 2026. Ce jour-là, Saint-Lô Agglo a notifié au groupe Rebirth (Solex, Matra, Cycles Lejeune, Coleen, Mobiky) son intention de l’expulser du bâtiment de 4 000 m² qu’elle a fait construire en 2015 pour accueillir son usine de vélos électriques, dans la zone Neptune 2. Le site emploie 31 personnes.
Selon la collectivité, l’entreprise n’a réglé « aucune charge locative » depuis décembre 2025, pour une ardoise qui atteint aujourd’hui 122 665 euros. Rebirth aurait jusqu’au 20 août 2026 pour libérer les lieux.
Dans les colonnes de Ouest-France, l’agglomération évoque seize mises en demeure adressées depuis janvier 2024 et une action en justice. Le tribunal judiciaire de Coutances avait déjà accordé à l’entreprise, en 2023, une période probatoire de deux ans après une première affaire en 2022 pour des loyers impayés.


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Trois mois de retard, ou affaire de TVA ?
Le PDG de Rebirth, Grégory Trebaol, se défend. Interrogé par France 3 Régions, il affirme : « L’avocat de l’agglomération a envoyé un courrier à notre avocat et l’agglo a écrit aux médias avant même qu’une action judiciaire n’ait été officiellement engagée. On ne comprend pas cette façon de faire. »
Il reconnaît tout de même un retard : « On a trois mois de loyers de retard à tort, oui. On nous menace d’expulsion pour trois mois de loyers en retard. Cela provoque l’inquiétude chez les 31 salariés pour un peu plus de 122 500 euros… On pourrait faire autrement. C’est inacceptable. »

Le dirigeant pointe surtout du doigt un litige plus ancien. En 2019, Rebirth est placé en redressement judiciaire. Les murs de l’usine sont alors cédés à Saint-Lô Agglo pour solder une dette de 4,9 millions d’euros TTC. Selon Grégory Trebaol, son groupe a réglé à cette occasion 800 000 euros de TVA, que la collectivité ne lui aurait jamais remboursés. « Cette tentative d’expulsion ne constitue-t-elle pas, en réalité, un moyen de détourner l’attention de ce problème de TVA non résolu et d’en dissimuler l’existence au public et aux élus ? », s’interroge-t-il.
Contactée, l’agglomération estime que ce dossier est sans rapport avec les loyers impayés. Elle indique avoir déjà fait savoir par courrier à Rebirth que le groupe ne lui a jamais versé de TVA dans le cadre de la vente du bâtiment, et qu’elle n’a donc à rembourser cette somme ni à l’État, ni à l’entreprise.
Une médiation réclamée par la préfecture
L’affaire a également pris une tournure politique. Le comité de la Manche de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) a diffusé un communiqué le mercredi 13 mai 2026 pour demander une médiation sous l’égide du préfet de la Manche, jugeant que « le préalable absolu est que soit définitivement clarifié et réglé le litige sur la TVA ».
Rebirth indique de son côté avoir saisi la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), le service de l’État chargé de l’accompagnement des entreprises en difficulté, et se dit « pleinement mobilisé et ouvert au dialogue pour trouver une issue constructive dans l’intérêt des 31 salariés et du territoire ».
Le calendrier, lui, ne bouge pas pour l’instant : Rebirth doit avoir quitté les lieux le 20 août 2026. Le groupe, qui a racheté ces derniers mois Cowboy et Angell Mobility, joue potentiellement son avenir ici.
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