AMD a lancé hier ses puces pour serveurs EPYC de seconde génération (nom de code « Rome »), avec la promesse de performances supérieures à l’offre actuelle d’Intel pour des tarifs inférieurs. Un discours alléchant, confirmé par les premiers benchmarks publiés dans la nuit.

Crédit : AMD

En grande difficulté sur le serveur il y a encore quelques années (la faute à une offre Opteron piteuse), AMD parvenait à regagner en légitimité il y a deux ans avec le lancement de ses processeurs EPYC de première génération (nom de code « Naples »). Capables de rivaliser avec la concurrence d’Intel, et plaqués sur une grille tarifaire plus raisonnable, ces processeurs devaient surtout servir de tremplin à l’arrivée de puces de nouvelle génération, plus abouties et basées sur le combo ZEN 2 / gravure en 7 nm.

Nous y sommes. Avec l’inauguration hier de ses premiers CPU Ryzen Rome, le groupe chapeauté par Lisa Su semble en bonne voie pour voler la vedette d’Intel, qui doit actuellement temporiser en attendant l’arrivée de ses puces Ice Lake (10 nm) pour serveurs… attendues seulement à l’horizon 2020.

AMD EPYC 7742 : le nouveau mètre étalon d’un marché toujours dominé par Intel

Pour confirmer son aisance retrouvée sur le marché des processeurs pour serveurs, AMD lançait donc il y a quelques heures une gamme complète articulée autour de 19 nouvelles références. En tête de file, l’EPYC 7742 et ses 64 cores / 128 threads. Ce molosse fera désormais office de mètre étalon sur un marché jusqu’à présent monopolisé par Intel et ses processeurs Xeon. Fort de cette assise nouvelle, AMD fait preuve d’une assurance justifiée, selon AnandTech. L’entreprise évoquait notamment un rapport prix / performance presque deux fois supérieur, et une amélioration de près de 15% des instructions par cycles (IPC) par rapport aux premiers cores ZEN, sur lesquels sont basés les puces EPYC lancées en 2017. Des promesses tenues, avec une avance assez considérable de l’EPYC 7742 face au Intel Xeon Platinum 8280L, note WCCFTech.

Des performances 50 à 100 % plus importantes pour l’offre renouvelée des rouges

Les chiffres relayés par le média sont évocateurs : l’EPYC 7742 se montre 97% plus rapide que le Xeon Platinum 8280L en Integer workload sous SpecRate 2017 et 88% plus véloce en floating workload sur ce même outil. Sous SpecjBB 2015, la nouvelle puce d’AMD bat cette fois de 84% celle d’Intel. Des données confirmées par AnandTech, qui évoque — en conclusion de ses propres benchmarks — des performances 50 à 100 % plus importantes pour l’offre renouvelée des rouges face aux processeurs x86 (sur socket) d’Intel. La concurrence n’a décidément qu’à bien se tenir.

Crédit : AMD

Et pour cause, même sur le plan tarifaire, les nouveaux processeurs pour serveurs d’AMD sont plus avantageux, avec un EPYC 7742 annoncé à 6950 dollars « seulement ». C’est environ 3000 dollars de moins qu’un Xeon Platinum 8180, qui se contente pour sa part de tout juste 28 cores et 56 threads, mais avec des fréquences plus élevées.

Reste la question de la pertinence de ces nouveaux processeurs sur le long terme vis-à-vis des Xeon 10 nm qui ne manqueront pas d’arriver. A défaut d’une boule de crystal, il faut pour l’heure se contenter des dires d’AMD, ou plus précisément des déclarations de Forrest Norrod (Senior Vice President de la division Enterprise d’AMD).

Cité par AnandTech, l’intéressé expliquait : « Nous avons conçu cette gamme pour concurrencer Ice Lake [la prochaine génération de processeurs Intel], en espérant faire des progrès dans le domaine des performances en single thread. Nous ne nous attendions pas à faire face à un Skylake réchauffé à la place ». « Ce sera l’un des moments forts de notre carrière », a-t-il ajouté. Le message est clair, AMD a mis toutes ses tripes dans sa nouvelle génération de puces EPYC, et semble même un peu déçu qu’Intel n’ait pas pu lancer sa nouvelle génération à temps pour pouvoir s’y mesurer.

Une chose est certaine, la compétition entre les deux groupes est définitivement relancée… que ce soit auprès du grand public, auprès des professionnels, ou sur le marché florissant du serveur.