En plus de Huawei, les États-Unis bannissent le plus gros fabricant de puces chinois

 

Les États-Unis et le gouvernement de Donald Trump ont inscrit le plus gros fabricant de puces chinois, SMIC, sur la même "Entity List" que Huawei afin d'empêcher l'entreprise d'utiliser des technologies américaines.

Le siège de SMIC

Le siège de SMIC // Source : SMIC homepage

Donald Trump est encore président des États-Unis jusqu’au 20 janvier 2021 — pour peu qu’il laisse la place à son successeur Joe Biden sans faire de remous. D’ici là, le chef d’État et son administration ont encore la possibilité de mener plusieurs actions fortes et hostiles à l’égard de la Chine. Ainsi, après avoir infligé un dur embargo au géant Huawei, le gouvernement américain sape un peu plus un autre acteur majeur de la tech dans l’Empire du Milieu : Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC).

SMIC est le plus grand fabricant chinois de puces. Grandement restreint par l’embargo, Huawei s’était d’ailleurs tourné vers ce compatriote pour continuer de faire fabriquer ses SoC de smartphones. Sauf que le gouvernement de Donald Trump vient d’inscrire SMIC à sa fameuse Entity List, ce qui empêche la firme de collaborer avec des entreprises américaines, mais également d’utiliser des technologies américaines. La raison : le fournisseur de semi-conducteurs est soupçonné d’avoir des liens étroits avec l’armée chinoise.

Or, SMIC fait tourner ses lignes de production à l’aide aussi d’équipements américains. Cet embargo risque donc de restreindre sa capacité à ouvrir de nouvelles usines. Il faudra notamment observer si cela ne touche donc pas indirectement Huawei dans la foulée, même si le géant chinois aurait obtenu l’autorisation de travailler avec Qualcomm.

La réaction de SMIC

Dans un communiqué, SMIC explique que, pour l’instant, cette décision américaine « n’a pas d’impact majeur sur le fonctionnement de la société ». Le groupe tient toutefois à se défendre.

La société rappelle qu’elle est une entreprise internationale opérant de manière indépendante avec des parties prenantes telles que des investisseurs et des clients dans le monde entier. La société a respecté toutes les règles et lois, et a opéré en conformité avec les lois et règlements des juridictions où elle exerce ses activités. Les services et les produits de la société sont tous destinés à des utilisations finales civiles et commerciales et ne sont pas impliqués dans une application militaire. La société s’oppose fermement à la décision du ministère de la Défense des États-Unis, qui reflète un malentendu fondamental de ce dernier concernant les utilisations finales des activités et de la technologie de la société. La société continuera à communiquer de manière proactive avec les départements concernés du gouvernement américain.

La Chine s’active

SMIC était déjà dans le viseur des États-Unis : depuis quelques mois, les entreprises américaines avaient besoin d’une licence spéciale pour travailler avec ce fournisseur. De son côté, la Chine prend aussi ses dispositions et a investi 3 milliards de dollars pour renforcer ses capacités de production de semi-conducteurs et réduire sa dépendance aux technologies étasuniennes. Plusieurs équipements utilisés sont cependant protégés par des brevets, ce qui rend la tâche particulièrement compliquée.

Joe Biden, président des États-Unis fraîchement élu, est issu des rangs du parti Démocrate opposé au camp Républicain de Donald Trump. On peut penser qu’il assouplira l’embargo appliqué par son prédécesseur, mais rien ne permet à l’heure actuelle d’affirmer cela avec certitude.

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