« C’est comme dévoiler pour qui on a voté » : en pleine croisade pro-IA, le patron d’Epic Games accuse Steam d’encourager des « campagnes de haine »

 
Alors qu’Epic Games a très publiquement pris parti en faveur de l’utilisation massive de l’IA dans ses jeux, voilà que son patron s’emporte face à Steam, qui force désormais les développeurs et développeuses à être transparents sur leur utilisation de l’intelligence artificielle.
Tim Sweeney en 2017 lors de la GDC // Crédit : Official GDC – Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Pas vraiment connu pour ses opinions nuancées et mesurées sur l’industrie du numérique, Tim Sweeney, patron d’Epic Games et papa de Fortnite, a passé ces derniers jours à crucifier en place publique la nouvelle politique de Valve concernant l’utilisation de l’IA dans Steam, note IGN.

Depuis quelques mois maintenant, la célèbre plateforme de distribution de jeu s’est dotée d’un encart précisant si un jeu a ou non fait appel à des grands modèles de langage dans le cadre de son développement. Pour son rival, qui a pris fait et cause en faveur de l’IA, c’est déjà une « décision politique » insupportable, comparable au fait de « dévoiler de force l’historique de vote d’un développeur ».

Des accusations de « cancel culture »

Selon lui, il est « révoltant d’obliger les développeurs à rédiger un projet politique » qui pourrait ensuite être manipulé dans des « campagnes de haine anti-IA » menées par des « factions malveillantes » nées grâce à l’aide de Valve. En grossissant un peu le trait, il explique que, selon la même logique, Valve devrait également demander aux développeurs de lister leur affiliation politique afin de plaire aux joueurs et joueuses qui votent démocrate ou républicain.

Si la comparaison entre l’utilisation de l’IA et l’adhésion à un parti politique lui a valu quelques remarques désobligeantes sur X, le patron d’Epic Games ne s’est pas arrêté là et affirme qu’avec sa politique de transparence, Valve participe à une certaine « cancel culture » allant jusqu’à saboter le travail d’honnêtes développeurs et développeuses pour « imposer leurs idées politiques ». « Dans un an, tout le monde utilisera l’IA, les jeux seront mieux, développés plus rapidement et ils feront semblant que la meute haineuse qui a fait usage de menaces de mort était seulement incomprise. »

Une attaque véhémente

Il n’est pas étonnant de voir le patron d’Epic Games s’en prendre à Valve qui est un de ses plus gros concurrents. Les deux entreprises disposent de leur plateforme de distribution de jeu et Sweeney s’est toujours illustré par son combat acharné contre la domination des grandes plateformes sur nos habitudes numériques, notamment Apple.

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Mais le responsable verse presque dans les théories du complot et se permet des parallèles douteux entre des pratiques d’État autoritaire et une politique de transparence sur une technologie dont l’utilisation est encore sujette à de nombreuses polémiques. Pas sûr que la comparaison soit très apte.


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