Prise en main des RTX Spark : NVIDIA change la définition du PC portable

 
L’IFA 2026 est la dernière terre de présentation officielle des RTX Spark avant leur sortie officielle. L’occasion de voir l’ambition de NVIDIA s’affirmer avant le mois d’octobre.

C’est désormais officiel : les ordinateurs RTX Spark, nouvelle plateforme créée par NVIDIA, sortiront sur le marché au mois d’octobre. Pas de date de sortie précise, pas d’officialisation sur les prix des machines non plus (on a notre idée), mais l’IFA 2026 a tout de même permis au nouveau créateur de SoC américain de qualifier un peu plus sa proposition et ce qu’il escompte en faire. Nous avons pu les prendre une dernière fois en main avant la sortie officielle et observer la nouvelle définition du PC portable que tente d’imposer NVIDIA.

Les NVIDIA N1X en deux saveurs surpuissantes

Première confirmation définitive importante pour la nouvelle plateforme de NVIDIA : ses configurations précises. Le nouveau SoC NVIDIA N1X se déclinera en effet en deux modèles précis qui partageront malgré tout le même nom.

Le SoC le plus puissant permettra de retrouver 20 cœurs CPU ARM ainsi que 6144 cœurs CUDA dédiés à la partie graphique. À titre de comparaison, la RTX 5070 de bureau intègre cet exact même nombre de cœurs, quand la RTX 5070 Ti mobile plafonne à 5888.

La seconde variante intègrera quant à elle 18 cœurs CPU ARM ainsi que 5120 cœurs CUDA. Là encore, pour comparaison, la RTX 5060 Ti de bureau propose 4608 cœurs CUDA, au même titre que la RTX 5070 mobile.

Pour vous donner un point de comparaison, le SoC le plus puissant du marché Windows n’est autre que le Ryzen AI Max+ à l’heure actuelle. Or, celui-ci reste dans le même cadre de performance qu’une RTX 5060 mobile qui est largement dépassée par le NVIDIA N1X qu’importe sa configuration.

Notez cependant une chose. Toutes les machines RTX Spark démarrent avec un minimum de 24 Go de RAM partagée entre le CPU et le GPU, mais seule la version la plus puissante sera capable d’intégrer jusqu’à 128 Go de RAM. Pour la seconde version, le plafond se trouvera à 32 Go, laissant entendre que celle-ci reste dans le cadre classique des PC portables gamers connus du marché.

Il en va de même pour ce que nous retrouverons sur le marché. Si tous les NVIDIA N1X seront disponibles sur des ordinateurs portables, les mini-PC, eux, ne pourront intégrer que la version la plus puissante de la puce. C’est le cas notamment du Acer SFF RTX Spark dévoilé à l’IFA 2026 dans le même temps.

Plus de RAM = plus de fun

On pourrait aisément se demander ce que ça change. Dans le cadre du très large pool de RAM disponible sur ces machines, la réponse est toute trouvée : la possibilité de lancer d’énormes modèles d’intelligence artificielle. Mais plus que cela, NVIDIA insiste sur le fait qu’il voit plutôt sa solution comme la possibilité d’avoir une polyvalence accrue. Les RTX Spark seront ainsi capables de lancer de larges modèles d’IA tout en faisant d’autres tâches lourdes, comme de la création sur Photoshop ou du jeu vidéo.

C’est grâce à cela que l’IA agentique pourra prendre le contrôle de votre session créative pour vous aider par exemple à créer une image sous Photoshop sur la seule base d’un petit scrapbook, ou qu’elle prendra les traits d’un chief of staff capable d’écrire des emails à votre place pendant que vous vous chargez d’un développement lourd… ou passez votre rang Diamant. On vous voit.

Maximiser à tout prix la productivité, très souvent par le biais de l’intelligence artificielle. Voilà la mission qu’a donné NVIDIA à sa plateforme, et il faut dire que les utilisateurs d’intelligence artificielle seront certainement aux anges. Pour les autres… Mieux vaudra peut-être privilégier la version plus modeste à 32 Go de RAM.

La vraie révolution, c’est le format

Mais pourquoi s’y intéresser si l’IA n’est pas pour nous ? En un mot : le format. La taille du SoC, sa chauffe très contenue, et sa capacité à optimiser au maximum la consommation pour tenir une excellente autonomie malgré la puissance colossale du GPU sont les vrais arguments de la plateforme pour le commun des mortels.

RTX Spark ne viendra pas chasser de leurs terres les monstres de puissance type MSI Titan qui régissent le marché portable côté calculs bruts. Les RTX 5080 et plus mobiles continuent d’être les meilleurs en purs termes de compte de cœurs CUDA. Mais voilà : la plupart des machines qui les intègrent rencontrent d’énormes problèmes de chauffe, ont une autonomie déplorable, ou ne rentrent pas si facilement dans n’importe quel sac.

Nous avons pu en faire le test ici : RTX Spark intègre des PC portables qui ont la capacité de garder toute leur performance en productivité comme en jeu, branchés ou non, et de chauffer de manière très raisonnable sans que leurs ventilateurs rendent la pratique inaudible, le tout dans des formats qui restent très fins et faciles à transporter. Le beurre et l’argent du beurre.

Gaming, oui, mais pas sans concession

Reste un point sur lequel NVIDIA communique moins. Si les RTX Spark promettent de pouvoir lancer des jeux en 1440p à 100 FPS de moyenne, tout cela se repose naturellement sur l’utilisation non seulement du DLSS, mais aussi du Multi Frame Generation.

S’il nous était interdit d’aller chercher le nombre de FPS des jeux une nouvelle fois, ce que nous ne manquerons pas de faire lors de nos futurs tests, il nous a été possible de prendre en main DOOM The Dark Ages, F1 2026 ou encore 007 First Light et de constater les réglages en place.

DOOM The Dark Ages répondait de nouveau au doigt et à l’œil, et sa présentation sur l’écran du Lenovo qui servait à la démo respectait intégralement la beauté du jeu. Mais voilà : nous n’étions pas en 1440p, mais en 1200p, avec un jeu dans ses réglages « haut » relativement faciles à tenir. F1 2026 mettait en avant le ray-tracing et tenait parfaitement sa présentation, mais on ne pouvait pas en dire autant de 007 First Light.

Les artefacts du DLSS étaient légion ici, dans un jeu qui tournait certes dans la définition 1440p native de la dalle (ou 1600p pour être précis) et en réglages hauts, mais n’arrêtait pas de faire disparaître la tignasse de l’agent secret à travers des problèmes d’occlusion. Et ce, quand bien même NVIDIA n’a pas forcé sur le Multi Frame Generation ici, utilisé simplement en X2.

Est-ce là un problème de performance ? Un problème d’émulation du code x86 vers ARM ? Un peu de tout ? Difficile de l’établir, mais si les performances brutes sont bien là, tout n’est pas encore joué. Au moins, la compatibilité s’améliore, le simple nom de NVIDIA suffisant à fournir les clés de bon nombre de logiciels anti-cheat pour ARM.

Prix et disponibilité

Avec RTX Spark, NVIDIA est bien lancé pour changer la définition du PC portable. Nous passerions dès lors d’un milieu devant régulièrement faire des concessions sur une balance entre format, autonomie et performance, vers quelque chose qui sait magnifiquement bien jouer une moyenne. On l’attendait depuis longtemps, NVIDIA semble avoir enfin réussi à le faire.

Mais voilà… Outre le simple fait que ce niveau de performance a toujours un coût, la crise actuelle de la RAM vient faire exploser cette notion comme jamais nous ne l’avions vu jusque-là. Si l’entreprise se garde de commenter la moindre tentative d’établir une fourchette de prix, son cœur de cible très B2B, ses usages orientés IA, et ses configurations faisant exploser les compteurs de RAM ne laissent guère de doute sur le fait qu’un prix très salé nous attend au bout.

Alors que la sortie de tous les PC Asus, Acer, HP, Dell, Microsoft ou encore Lenovo s’approchent à grands pas au cours du mois d’octobre, mieux vaut considérer pour le moment cette nouvelle plateforme comme celle des créatifs les plus riches. L’espoir d’une bonne surprise est ténu.


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