Pour ne pas dépendre des États-Unis, Oppo voudrait ses propres puces « désaméricanisées »

Oppo ferait notamment son marché chez UNISOC, Qualcomm et MediaTek

 

Alors que les sanctions américaines continuent de frapper Huawei là où ça lui fait le plus mal, Oppo souhaite sécuriser ses approvisionnements en SoC. D'après Nikkei, le géant chinois aurait commencé à concevoir des processeurs maison à l'aide d'ingénieurs débauchés chez certains de ses propres fournisseurs.

L’Oppo Find X2 Neo // Source : Frandroid

Tout pour ne pas suivre la trajectoire de Huawei. Alors que les nouvelles sanctions américaines pourraient sérieusement handicaper les capacités de production actuelles de HiSilicon (filiale de Huawei à l’origine des SoC Kirin), Oppo serait déjà à la manœuvre pour produire ses propres SoC à l’aide d’ingénieurs de haut vol débauchés chez Qualcomm, MediaTek ou encore UNISOC.

Cette initiative est doublée d’une volonté de simplification et d’internalisation des technologies et modes de production, afin de ne dépendre que marginalement des firmes américaines et de leurs technologies. L’idée est simple : limiter au maximum les risques d’embargo sur des composants clés pour le fabricant de smartphones. Reste que la chose va coûter cher à Oppo… et n’aboutira pas, concrètement, avant plusieurs années rapporte Nikkei.

Des « vétérans de l’industrie » engagés par Oppo

D’après les sources du quotidien économique, Oppo aurait débauché plusieurs « cadres supérieurs » et « vétérans de l’industrie », issus notamment de chez MediaTek, plus gros fondeur de SoC mobiles derrière Qualcomm, et UNISOC, second plus gros fabricant de puces mobiles en Chine après HiSilicon, afin de doper le développement de ses propres processeurs.

Parmi les grands noms recrutés récemment par Oppo, Jeffery Ju, ancien COO de MediaTek également passé chez Xiaomi. Déjà impliqué avec Oppo en tant que consultant, l’intéressé devrait faire équipe avec un autre cadre de MediaTek, dont le nom n’est pas mentionné, ayant notamment travaillé à l’élaboration des puces 5G du groupe taïwanais.

On apprend enfin, toujours de Nikkei, qu’Oppo aurait aussi attiré à lui des « talents » tout droit issus de chez Qualcomm et même HiSilicon. Selon le média, l’embauche de ces ingénieurs hautement qualifiés pourrait aider Oppo à accélérer la « désaméricanisation » de ses produits. Un objectif commun à de nombreuses firmes chinoises et soutenu par Pékin, mais qui a néanmoins été mal négocié par certains groupes concurrents d’Oppo. Xiaomi avait par exemple tenté de développer ses propres SoC par le passé, lançant même son premier processeur maison en 2017… avant d’enterrer le projet.

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