Asha Sharma promet qu’Xbox n’est pas à vendre, après avoir supprimé 20 % des effectifs

Pas à vendre, vraiment ?

 
« Xbox n’est pas à vendre », affirme Asha Sharma, CEO de la division jeux vidéo de Microsoft, dans un portrait publié ce mercredi 30 septembre par le New York Times. Elle le dit après un été où Xbox a engagé la suppression de 20 % de ses postes et s’est séparé de plusieurs studios.
Asha Sharma lors du Xbox Game Showcase 2026 // Source : Microsoft

Asha Sharma dirige Xbox depuis février, sans avoir jamais travaillé dans le jeu vidéo auparavant. Dans un long portrait publié ce mercredi 30 septembre par The New York Times, la CEO, née en 1989, a répondu à la question d’une revente de la division : « Xbox n’est pas à vendre ». Elle a enchaîné en expliquant que Microsoft regarderait « les bons partenariats, le bon modèle opérationnel et tout ce qui est nécessaire » pour faire réussir la division. Beaucoup d’options restent en effet sur la table, sauf une vente pure et simple.

Si la question se pose, c’est qu’Xbox reste un éternel trou dans les finances de Microsoft. Le groupe mise désormais sur les infrastructures de données et l’intelligence artificielle. Asha Sharma vient justement de là : avant Xbox, elle était présidente produit de la division CoreAI de Microsoft.

« Notre activité n’est pas en bonne santé aujourd’hui », a d’ailleurs reconnu Asha Sharma en juillet, dans une lettre aux employés. Xbox a vendu beaucoup moins de consoles que Nintendo et Sony sur cette génération. Ses licences historiques, comme Halo et Gears of War, comptent aussi de moins en moins pour les joueurs.

Un été de coupes, puis un discours sur le long terme

Microsoft a annoncé cet été la suppression d’environ 3 200 postes chez Xbox, dont 1 600 immédiatement, soit 20 % des effectifs de la division. Microsoft s’est aussi séparé de plusieurs studios : Double Fine et Compulsion Games sont redevenus indépendants, Undead Labs a changé de propriétaire, et Ninja Theory, dont la vente a échoué, est menacé de fermeture.

Les coupes continuent. Le 22 septembre, Xbox a annoncé la suppression de 268 postes, qui font partie des 3 200 annoncés en juillet. Microsoft estime avoir bouclé environ 75 % de ce plan, étalé jusqu’à fin juin 2027. Halo Studios est particulièrement touché, et le prochain Halo sera développé par une nouvelle équipe d’Activision.

Asha Sharma défend pourtant une vision de long terme. « Nous avons encore beaucoup de chemin à faire avec Microsoft », a-t-elle assuré au New York Times, en mettant en avant les 500 millions de joueurs mensuels revendiqués par Xbox « malgré la remise à zéro » en cours. Elle répète aussi volontiers que « la clarté, c’est de la bienveillance », et vise un milliard de joueurs par jour, notamment grâce au jeu en streaming en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud.

Côté Microsoft, les dirigeants rappellent que des rumeurs de vente d’Xbox circulent depuis toujours, sans jamais s’être concrétisées.

Ces rumeurs ne sortent pourtant pas de nulle part. Plus tôt cette année, le média spécialisé The Information a rapporté que la direction de Microsoft avait discuté en interne d’une scission d’Xbox.

Pourquoi les analystes parient sur un spin-off

De nombreux analystes prédisent bien un spin-off, c’est-à-dire la sortie d’Xbox du groupe sous forme d’entreprise indépendante. Xbox pourrait alors signer un partenariat stratégique avec Microsoft pour garder l’accès à ses technologies, sans plus peser sur ses comptes. Un tel montage respecterait à la lettre la promesse d’Asha Sharma, puisqu’il ne s’agirait pas d’une vente à proprement parler.

Dans ce scénario, Microsoft resterait l’actionnaire majoritaire de la nouvelle entreprise Xbox, qui pourrait ouvrir son capital à d’autres investisseurs.

Depuis le lancement de la première Xbox en 2001, les actionnaires de Microsoft s’interrogent sur l’intérêt de cette division. Aujourd’hui, les priorités de Microsoft sont très éloignées du grand public. Le groupe a abandonné Windows Phone et son service Groove Music, et a nettement ralenti le développement de ses produits Surface. Face aux particuliers et dans les rayons, il ne reste que Xbox, si l’on met de côté l’éternel Windows sur PC. Microsoft a-t-il encore besoin d’Xbox, et Xbox pourrait-il survivre sans Microsoft ?

Microsoft a pourtant beaucoup dépensé pour Xbox. Le groupe a acheté Mojang, le studio de Minecraft, pour 2,5 milliards de dollars (environ 2,2 milliards d’euros) en 2014. Près de dix ans plus tard, il a racheté Activision Blizzard, l’éditeur de Call of Duty, pour 75,4 milliards de dollars (environ 65 milliards d’euros), sans oublier ZeniMax Media, la maison mère de Bethesda, achetée 7,5 milliards de dollars (environ 6,5 milliards d’euros) en 2021. Ces achats ont rapporté de maigres profits.

Le Game Pass n’a pas non plus tenu ses promesses. Cet abonnement donne accès à des centaines de jeux, mais il a plafonné à 34 millions d’abonnés avant de reculer. Phil Spencer, le prédécesseur d’Asha Sharma, en visait pourtant 100 millions.

Satya Nadella, CEO de Microsoft, a refusé de répondre au New York Times.

Le patron de Microsoft s’est toutefois exprimé ces derniers jours sur le sujet. Il estime qu’Xbox doit trouver « le bon modèle économique durable » et renouer avec la croissance dès cet exercice fiscal.


Abonnez-vous à la newsletter Watt Else de Numerama et Survoltés ! Vous y retrouverez nos actus, tests et dossiers sur la mobilité électrique.

Recherche IA boostée par
Perplexity