2020 serait l’année d’un duel au sommet entre Samsung et LG. Les deux fabricants sud-coréens continueraient en effet de fournir conjointement Apple en dalles OLED pour ses prochains iPhone. LG chercherait toutefois à gagner en prépondérance face à son rival, tandis que le chinois BOE serait exclu des débats faute de pouvoir rivaliser sur le plan technologique.

Pour les écrans OLED de sa prochaine cuvée d’iPhone, attendue à la rentrée 2020, Apple ne changerait pas une équipe qui gagne. Selon ETNews, le géant californien resterait solidement accroché aux écrans OLED fournis par Samsung depuis l’iPhone X, tandis que LG (fournisseur de dalles OLED pour l’actuel iPhone 11 Pro Max) serait aussi sollicité pour l’approvisionnement. Faute de convaincre d’un point de vue technologique et sur le plan du rendement, le chinois BOE Technology, pourtant premier fabricant mondial d’écrans plats depuis quelques mois, serait d’ores et déjà éliminé de la (courte liste) des fournisseurs potentiels d’Apple pour les écrans de ses prochains smartphones.

Trois tailles d’écran OLED différentes pour les prochains iPhone : 5,4 ; 6,1 et 6,7 pouces

Pour les iPhone 2020, Apple compte visiblement proposer trois diagonales d’écrans différentes : 5,4, 6,1 et 6,7 pouces. Un quatrième appareil pourvu d’une connectivité 5G serait également prévu, et reprendrait l’une de ces trois diagonales. On apprend d’ETNews que Samsung aurait réussi à convaincre Apple de la pertinence de sa technologie OLED Y-OCTA. Cette dernière permet pour rappel de concevoir des dalles OLED tactiles et flexibles, capables de se dispenser du traditionnel film tactile ajouté normalement en plus de la dalle. L’intérêt de cette technologie est double : elle permet de réduire l’épaisseur des écrans OLED tout en diminuant leur coût de production.

Seulement voilà, Samsung est actuellement en position de quasi monopole sur cette technologie OLED « on-cell » (LG Display peut en produire, mais ses dalles sont de moins bonne qualité et son rendement plus sujet à cautions, note ETNews). A l’heure actuelle, aucune autre société que Samsung Display n’est capable de produire en masse ce type de dalles, qu’Apple prévoit d’utiliser pour ses iPhone 5,4 et 6,7 pouces. L’adoption de cette technologie par Apple aurait par ailleurs demandé bien des efforts de persuasion de la part de Samsung, qui héritera en contrepartie d’un contrat fort juteux, d’ores et déjà convoité par LG.

« Bien qu’Apple s’en tenait à la méthode du film tactile [la méthode ‘traditionnelle’ évoquée plus haut, NDLR] depuis son premier iPhone, Samsung Display a réussi à les faire changer d’avis en faisant activement la promotion de la technologie Y-OCTA », explique une source proche du dossier. « Le bruit court que Samsung Display aurait également proposé des conditions outrageusement intéressantes à Apple pour décrocher le contrat », poursuit-elle.

BOE ignoré pour 2020… mais pas forcément par la suite ?

Reste le cas de l’iPhone de 6,1 pouces. De ce côté, Apple miserait sur un approvisionnement mixe en faisant appel à la fois à Samsung Display et à son concurrent LG Display. Sur cette diagonale, Apple se contenterait par ailleurs d’écrans OLED classiques et non Y-OCTA, laissant ainsi à LG la possibilité de s’imposer un peu plus face à son rival éternel. Le groupe de Cupertino chercherait aussi à diversifier autant que possible son approvisionnement pour éviter d’éventuels problèmes de rendement, sans pour autant faire entrer BOE dans la danse… du moins pour l’heure.

Le fabricant chinois rencontrerait en effet des problèmes de développement pénalisants pour convaincre Apple de passer commande pour des dalles OLED de 6,1 pouces. Ses capacités de rendement seraient aussi à pointer du doigt, mais l’année prochaine, la compétition pourrait ne plus se limiter à LG et Samsung. L’entrée d’un troisième acteur dans les débats pourrait permettre à Apple, pour 2021, de tirer les prix vers le bas et gonfler ses marges.