Inquiété par la loi antitrust, Tim Cook appelle des membres du congrès

 

Six lois antitrust aux États-Unis visent à s'attaquer à la domination d'Amazon, Apple, Facebook et Google. Tous les lobbyistes des géants de la tech tentent de faire changer d'avis certains membres du congrès, et le CEO d'Apple lui-même a mouillé la chemise.

En ce moment, aux États-Unis, six lois antitrust sont en passe d’être votées. Elles visent directement la position dominante des GAFAM, en particulier Amazon, Facebook, Google et… Apple. Les différents lobbyistes employés par ces grands groupes de la tech sont évidemment au travail pour éviter que ces législations ne leur posent trop de souci. Mais pour Apple, c’est carrément son CEO en personne, Tim Cook, qui a décroché son téléphone.

Selon un article du New York Times, le successeur de Steve Jobs a appelé Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants des États-Unis, ainsi que divers membres du congrès pour essayer de les convaincre de changer d’avis. Il aurait déclaré que les projets de loi antitrust ont été précipités et qu’ils entraveraient l’innovation. Ces lois nuiraient aux consommateurs en perturbant les services qui alimentant l’iPhone, a encore averti Tim Cook, cité par cinq témoins différents de ces conversations, selon le journal nord-américain.

Nancy Pelosi peu sensible à Tim Cook

Parmi les menaces qui pèsent sur Apple, la plus importante est celle qui concerne le fonctionnement de l’App Store. Les futures lois pourraient interdire à Apple d’installer ses propres apps comme Mail, Safari ou Reminders sur les iPhone, laissant le champ libre à des apps tierces.

De ce qu’on sait de cet appel, Nancy Pelosi n’a pas été très sensible aux arguments de Tim Cook. Elle aurait par ailleurs refusé de décaler le vote des lois, expliquant au PDG qu’il n’y avait pas de raisons d’allonger le processus.

« Casser les services favoris des consommateurs »

Cité par le New York Times, un lobbyiste très influent qui travaille pour Amazon est sorti du silence qu’impose habituellement sa fonction. Il a prévenu que les lois antitrust « auraient des effets négatifs importants sur les centaines de milliers de petites et moyennes entreprises américaines qui vendent des produits sur notre site et sur les dizaines de millions de consommateurs qui achètent des produits sur Amazon. »

« Les consommateurs américains et les petits business vont être choqués de voir à quel point ces lois vont casser la plupart de leurs services favoris », a pour sa part déclaré Kent Walker, vice-président chez Google. Un porte-parole de Facebook, Chrisopher Sgro, a considéré que les lois antitrust « devraient promouvoir la concurrence et protéger les consommateurs, et non punir les entreprises américaines prospères ».

Climat antitrust

Le climat est plutôt favorable à des lois antitrust aux États-Unis, depuis que les démocrates ont été élus. Mais la situation a connu un coup d’accélérateur certain depuis la nomination à la Federal Trade Commission (FTC) de Lina Khan. Cette dernière songerait par exemple à remettre en question le rachat de MGM par Amazon.

Selon Adam Kovacevich, ancien exécutif chez Google et fondateur d’un groupe de pression sur ce thème, « la Tech a eu une très longue lune de miel politique. Tous les hommes politiques et les décideurs pensent qu’ils ont peut-être été trop indulgents envers la technologie pendant longtemps, et qu’il y a maintenant un désir contraire de punir l’industrie. » Une chose est certaine, les coups de téléphone de CEO ne les feront pas changer d’avis.

La juge Yvonne Gonzalez Rogers a tranché : l’Unreal Engine ne sera pas banni par Apple, mais Fortnite ne reviendra pas sur l’App Store pour le moment.
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