Google paie les constructeurs pour qu’ils laissent le Play Store tranquille

 

En 2019, Google a mis en place un programme visant à rémunérer les constructeurs afin qu'ils ne proposent pas leur boutique d'application en parallèle du Play Store sur leurs smartphones.

L'application Frandroid sur le Play Store

L’application Frandroid sur le Play Store

Depuis quelques mois, c’est une petite guerre qui se joue du côté des boutiques d’applications alternatives sur Android. Et la bataille rangée — et judiciaire — entre Google et Epic a déjà eu quelques conséquences.

Du côté de Google, le conflit a incité la firme à faciliter l’installation et l’utilisation de boutiques d’applications alternatives. Mais la firme de Mountain View n’a pas dit son dernier mot et s’attaque désormais aux boutiques d’applications préinstallées par les constructeurs de smartphones.

En effet, outre les boutiques tierces comme Epic Games Store, Amazon Appstore ou F-Droid, certains constructeurs n’hésitent pas à proposer leur propre boutique d’applications en parallèle du Google Play Store de Google. C’est notamment le cas de Huawei avec son App Gallery, mais surtout de Samsung qui suggère à ses utilisateurs d’utiliser son Galaxy Store.

Début juillet, on apprenait que Google avait tenté de freiner le Galaxy Store en payant Samsung afin qu’il ne l’installe pas sur ses smartphones. « Google a immédiatement lancé de multiples initiatives coordonnées visant à bloquer l’émergence d’un Galaxy Store [Samsung] concurrent », indique ainsi une plainte déposée contre Google par 36 États américains visant à faire condamner un potentiel abus de position dominante.

Un programme mis en place depuis 2019

Finalement, on en a appris davantage ce jeudi à la suite de la révélation d’autres éléments de la plainte. D’après elle, Google aurait lancé, en 2019, un programme « Premium Device » incitant les constructeurs à ne pas installer leur propre boutique d’application. En échange, ils pouvaient ainsi recevoir une plus grande part des revenus du moteur de recherche, passant ainsi de 8 % pour un smartphone classique à 12 % pour un smartphone adhérent au programme et vendu sans boutique d’application concurrente du Play Store. Certains constructeurs comme LG et Motorola auraient également touché de 3 à 6 % du chiffre d’affaires généré par les utilisateurs sur le Google Play Store.

Comme le souligne le site américain The Verge, ce programme était inconnu du grand public ou des concurrents de Google, dont Epic Games qui le condamne avec fermeté : « Google a cherché à cacher ses pratiques les plus anticoncurrentielles ».

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