Introduction

Dans le domaine des écouteurs, il y a deux fortes tendances : les modèles vraiment sans fil et ceux avec réduction active du bruit. Jusqu’à présent, seuls Apple et Sony s’étaient risqués à proposer des écouteurs embarquant ces deux fonctions. Néanmoins, Huawei a suivi avec ses FreeBuds 3 ayant la particularité de ne pas être des intra-auriculaires. Sont-ils à la hauteur des modèles concurrents ? C’est ce qu’on va voir dans ce test complet.

Les Huawei FreeBuds 3

Fiche technique

  Huawei FreeBuds 3
Style open-fit
Réponse en fréquence NC
Réduction de bruit Oui
Étanchéité Non
Bluetooth 5.1
Autonomie annoncée 4 heures avec une seule charge
Autonomie annoncée avec étui 20 heures avec le boîtier de charge
Poids 4,5 g (x2)
Poids étui 48 g

Ce test a été réalisé avec des écouteurs qui nous ont été fournis par Huawei.

Notre vidéo des Huawei FreeBuds 3

Lien YouTube S’abonner à FrAndroid

Design

De prime abord, les FreeBuds 3 de Huawei ont tout, absolument tout, des AirPods d’Apple. Plus encore que les Xiaomi AirDots Pro, ils reprennent tout ce qui faisait l’identité des première et seconde génération d’AirPods lancés en 2016 et plus tôt dans l’année.

Les FreeBuds 3 de Huawei

Il faut dire que contrairement aux AirPods Pro, aux Xiaomi AirDots Pro ou aux Sony WF-1000X M3, les FreeBuds 3 ne sont pas des écouteurs intra-auriculaires. On se retrouve ainsi avec des embouts en plastique rigide qui ne rentrent pas directement dans le canal auriculaire, mais viennent simplement se poser à son entrée. Un format que l’on qualifie en anglais d’open-fit.

Outre le format des écouteurs en lui-même, on retrouve également la forme de tige popularisée par Apple, mais également l’embout en métal intégrant le microphone au bout de chaque tige. Quant aux coloris, si Huawei avait présenté initialement un modèle noir, il n’est finalement pas disponible en France où seul la version blanche est proposée. Seule différence notable entre les AirPods et les FreeBuds, la tige qui se prolonge au delà de l’écouteur sur les modèles de Huawei comme on peut le voir ci-dessous :

Il n’y a pas que pour les écouteurs en eux-mêmes que les FreeBuds 3 ressemblent fortement aux AirPods. Le boîtier reprend lui-aussi le même principe. Les écouteurs s’enfilent directement tige la première dans le compartiment adapté. Il suffit d’ouvrir la boite pour les allumer et ceux-ci restent bien maintenus à l’aide d’un système d’aimant. On notera néanmoins que pour le format de la boîte, Huawei a su se distinguer de son concurrent américain avec un format bien rond de 5,9 cm de diamètre. Une boîte assez imposante en forme de galet, mais qui saura se glisser facilement dans votre poche.

Le boîte des Huawei FreeBuds 3

A l’usage, le format open-fit des écouteurs les rend particulièrement confortables et on ne ressent aucune gêne, même après les avoir portés plusieurs heures consécutives. Il s’agit là d’un grand avantage par rapport aux modèles à annulation de bruit concurrents qui sont souvent des intra-auriculaires, notamment les WF-1000X M3 de Sony. Qu’il s’agisse de la gêne liée à l’intégration de bouchons dans les oreilles ou à celle liée au poids des écouteurs, force est de constater que Huawei a su emprunter aux meilleurs et qu’avec les AirPods, Apple a su éclairer la voie.

Une réduction de bruit tout juste anecdotique

Le principal intérêt des FreeBuds 3, et ce qui permet à Huawei de les vendre à près de 200 euros contre 130 euros pour les FreeBuds Lite, est l’ajout d’une fonctionnalité de réduction du bruit.

La réduction de bruit s’active en tapant deux fois sur l’écouteur gauche

Celle-ci peut être activée de deux moyens. Par défaut, il est ainsi possible de tapoter deux fois sur la tige de l’écouteur gauche pour entendre la mention « noise cancelling on ». Il est également possible de passer par l’application Huawei AI Life — sur laquelle on reviendra plus tard — afin d’activer l’option « réduction de bruit ».

Que les choses soient claires, ne vous attendez pas à une réduction de bruit aussi efficace que sur un casque audio comme le Bose Headphones 700 ou le Sony WH-1000X M3. N’espérez pas non plus une réduction aussi performante que sur les AirPods Pro ou les Sony WF-1000X M3.

Du fait de leur format open-fit, les écouteurs de Huawei ne peuvent tout simplement pas proposer une aussi bonne isolation passive que sur des intra-auriculaires. Par conséquent, même si les microphones parvenaient à annuler le bruit alentour, il y en aurait toujours une part qui viendrait glisser autour de l’écouteur pour pénétrer dans le canal auriculaire.

Les Huawei FreeBuds 3

De fait, les écouteurs laissent passer de nombreux bruit ambiants. Ne comptez pas sur eux pour vous isoler au bureau. Vous entendrez toujours les conversations ambiantes, les bruits de clavier ou même le son de la machine à café. Au mieux, les écouteurs vous permettront tout juste de réduire ces bruits ambiants, mais guère plus. Pire encore, il m’est arrivé, pensant que la réduction de bruit était éteinte, de tapoter deux fois sur l’écouteur avant de réaliser… que je venais de l’éteindre ce faisant.

En extérieur et dans le métro, c’est encore plus compliqué. On s’y reprend à plusieurs fois dans les réglages de l’application dès qu’on change d’ambiance. Surtout, les écouteurs ont un mal fou à véritablement filtrer les bruits ambiants. En écoutant des podcasts pour aller au travail en métro, j’ai finalement dû monter le volume au maximum pour bien entendre les voix. C’est d’autant plus dommage que la promesse de la réduction de bruit est théoriquement de ne pas avoir à monter le son, puisque votre écoute n’est pas polluée par l’environnement extérieur.

Les Huawei FreeBuds 3

Concrètement, la réduction de bruit active sur les FreeBuds 3 fait surtout penser à une isolation passive, puisque le format des écouteurs n’en profitent pas naturellement. Une fois la réduction de bruit désactivée, c’est comme si vous profitiez d’un mode « transparence » sur des écouteurs concurrents.

Enfin, on notera qu’à l’aide de l’application AI Life de Huawei, il est possible de modifier davantage la réduction de bruit. Dans le menu dédié, le constructeur vous propose ainsi une roue avec la mention « ajustement de la réduction de bruit ». En tournant la roue, on constate bien quelques changements, mais impossible de savoir à quoi ils correspondent. Huawei n’indique aucune valeur, aucun changement et nous laisse choisir à l’aveugle le meilleur paramètre sans indiquer à quoi correspond cette roue.

Peut-être s’agit-il d’un changement de valeur. Peut-être s’agit-il d’un changement d’orientation de la réduction de bruit, mais dans ce cas comment faire pour avoir une réduction de l’ensemble des bruits alentours ? Peut-être s’agit-il d’un changement des fréquences à effacer, mais pourquoi ne pas permettre un réglage automatique ? Aucune idée, mais une seule certitude : ce menu est — très — mal conçu en termes d’interface utilisateur.

Qualité audio

Concernant la qualité audio, Huawei met en avant le nouveau protocole Bluetooth 5.1 utilisé sur ses écouteurs grâce à la nouvelle puce Kirin 1A. Concrètement, celle-ci a l’avantage de séparer le signal stéréo et de ne recevoir pour chaque écouteur que le canal qui lui est destiné.

Huawei affirme également que la latence est particulièrement réduite entre le smartphone et les écouteurs. Un souci bien connu sous Android, notamment pour les jeux mobiles. A l’usage, dans mes parties de Call of Duty Mobile, j’ai effectivement senti une latence moindre qu’avec mon Bose QuietComfort 35. Néanmoins, elle était belle et bien là. Si les bruits de pas ne me laissaient pas penser qu’ils venaient d’adversaires comme c’est habituellement le cas, ils n’étaient toutefois pas complètement synchronisés avec l’écran.

Les Huawei FreeBuds 3

Concernant la qualité intrinsèque du rendu sonore, les écouteurs ne font pas de folies. Dans l’ensemble, ils proposent un son assez sec et qui manque clairement de profondeur. Jusque-là, rien d’étonnant pour des écouteurs true wireless, mais compte tenu de l’intégration d’un tube de basse, on aurait apprécié un peu plus de grave. Non pas qu’elles soient aux abonnés absent, mais les écouteurs font surtout la part belle aux médiums la plupart du temps. Lorsqu’il s’agit de titres avec des basses bien prononcées, les écouteurs les mettent bien plus en avant, mais c’est surtout la signature sonore des FreeBuds 3 que l’on peut ici regretter.

C’est d’autant plus dommage que Huawei ne propose aucun système d’égalisation au sein de son application. Le constructeur chinois a voulu reproduire le concept des AirPods jusqu’au bout et, comme Apple, mise donc tout sur la simplicité, mais aussi sur l’absence de personnalisation. Dommage.

On notera également que les écouteurs utilisent le codec audio SBC de base, et non pas le LDAC ou l’aptX. Pour les smartphones compatibles, les écouteurs profitent également d’un codec propriétaire, baptisé BT-UHD. Néanmoins, seuls les smartphones Huawei avec EMUI 10 sont compatibles.

Usage + boite

En termes de simplicité d’utilisation, Huawei a souhaité faire aussi simple que pour les AirPods d’Apple. On sent que l’ambition est là, que la volonté y est aussi, que le constructeur s’approche de cette utilisation fluide tant appréciée chez Apple… mais on n’y est pas.

Le bouton d’appairage des FreeBuds 3

D’abord parce que Huawei n’a pas la maîtrise complète de l’écosystème Android comme Apple peut l’avoir avec iOS. Cela se ressent d’abord au moment du premier appairage avec un smartphone. Utilisé sur un Huawei P30 — encore sur EMUI 9 — il m’a fallu appuyer sur le bouton du boîtier plusieurs minutes avant que les FreeBuds ne puissent être associés. On est loin de la simplicité de connexion des AirPods sur iPhone.

Pourtant Huawei a cherché à s’en approcher avec les appareils sous EMUI 10 comme le Mate 30 Pro. Sur les appareils compatibles — une poignée pour l’instant — il suffit d’ouvrir la boîte à côté du smartphone pour voir apparaître une pop-up signalant que les FreeBuds 3 sont prêts à être appairés. C’est bien, mais compte tenu du faible nombre de smartphones compatibles, c’est trop peu.

L’autre intérêt de passer par un smartphone Huawei sous EMUI 10 pour les FreeBuds 3, c’est qu’on peut accéder à de nombreuses options directement depuis les paramètres Bluetooth. Pour les autres, comme on en parlé plus tôt, on peut toujours passer par l’application AI Life dédiée, du moins pour les smartphones Android. Pour les iPhone néanmoins, Huawei ne propose aucune application similaire pour contrôler plus profondément les FreeBuds 3.

Parce qu’outre le réglage — très aléatoire — de la réduction de bruit, l’application AI Life est également pratique pour mettre à jour les écouteurs par Bluetooth et surtout configurer des raccourcis. Par défaut, en tapotant deux fois sur la tige de l’écouteur gauche, vous activez ou éteignez la réduction de bruit. Sur l’écouteur droit, vous passez au morceau suivant. Néanmoins, ces paramètres peuvent être modifiés grâce à l’option « raccourcis » de l’application. Vous avez le choix entre cinq actions pour chaque écouteurs (les mêmes actions pour les deux) : lire/suivant, lire/mettre en pause, activer l’assistant vocal, activer/désactiver la réduction de bruit et aucun.

On notera cependant qu’aucun de ces différents paramètres ne permet de régler le volume. Pour cela, il faudra donc nécessairement passer par les boutons de volume de votre smartphone.

Concernant la simplicité d’utilisation, il faut avouer que Huawei a fait fort en s’approchant d’une expérience la plus fluide possible. Il vous suffit d’ouvrir la boite pour allumer les écouteurs, de les sortir pour les glisser dans vos oreilles et hop, ils sont allumés. On aurait préféré peut-être l’intégration du Bluetooth multipoint — pour utiliser les écouteurs en même temps avec un PC portable et un smartphone — mais il faut dire que rares sont les écouteurs true wireless à proposer cette fonctionnalité.

La captation de la voix est très bonne sur les FreeBuds 3

Enfin, l’un des points les plus mis en avant par Huawei lors de la présentation des écouteurs concerne la qualité des appels vocaux et, plus précisément, la captation de la voix. Le constructeur chinois indique en effet avoir intégré un système d’annulation de bruit pour votre interlocuteur, et également d’annulation du vent jusqu’à 20 km/h. Dans les faits, nos essais se sont avérés concluants et on a pu passer un appels avec les FreeBuds 3 sans trop de problème. Notre interlocuteur a entendu le bruit des klaxons sur les grands boulevard parisiens, mais pas celui des moteurs. Pour le vent, malgré de belles rafales, il ne l’a pas non plus trop entendu.

Autonomie

Pour l’autonomie de ses FreeBuds 3, Huawei précise avoir intégré une batterie de 20 mAh par écouteur, ainsi qu’une batterie additionnelle de 410 mAh directement sur le boitier de rangement.

Avec ces accumulateurs, le constructeur affirme que les FreeBuds 3 peuvent fonctionner pendant 4 heures avant de tomber à court de batterie. Le boîtier de charge permettrait quant à lui de monter jusqu’à un total de 20 heures d’autonomie.

Le boîtier de charge des FreeBuds 3

À l’usage, on se rapproche en effet des estimations de Huawei quant à l’autonomie des écouteurs. Sur une première session, avec la réduction de bruit activée et de la musique dans les écouteurs pendant au moins la moitié du temps, les FreeBuds 3 ont tenu pendant 3h27 avant de tomber à court de batterie. Sur une seconde session, durant laquelle je n’ai écouté de la musique que pendant 30 minutes, mais ai conservé la réduction de bruit tout du long, les écouteurs sont tombés à 0% après 4h10 d’utilisation.

Après la première charge complète, le boîtier est quant à lui passé de 100 à 80% de batterie. Après la seconde, il est passé cette fois à 55%. De quoi estimer en effet un total de quatre chargements supplémentaires pour les FreeBuds 3.

En revanche, le système de recharge des écouteurs, une fois rangés dans le boîtier, est pour le moins étrange. La première fois, alors que les deux écouteurs étaient à 0% de batterie, le boîtier a préféré recharger d’abord complètement l’écouteur gauche avant de s’occuper de l’écouteur droit. Autant dire qu’en sortant les écouteurs de la boîte après 20 minutes, je n’aurai pu profiter de ma musique que d’une oreille. La deuxième recharge s’est mieux passée avec un chargement des deux écouteurs à 70% en simultanée avant que le boîtier s’occupe de compléter le chargement de l’écouteur gauche, puis du droit.

Quant au temps de recharge complet des écouteurs, si Huawei annonce une heure pour une charge complète, on a pu mesurer de notre côté 1h18 la première fois, puis 1h04 la seconde. De quoi laisser penser là encore qu’il s’agissait d’un bug pour la première recharge complète.

On notera que le boîtier des FreeBuds 3 peut quant à lui être chargé par câble USB-C jusqu’à une puissance de 6W (5V, 2A) ou sans fil avec le standard Qi jusqu’à 2W. Huawei ne propose cependant dans la boîte qu’un câble USB-C et aucun bloc secteur. Néanmoins, comme il s’agit d’un simple câble USB-C, vous pourrez utiliser le chargeur de votre smartphone ou le connecter à un ordinateur.

Prix et date de sortie

Les Huawei FreeBuds 3 sont d’ores et déjà disponibles au prix de lancement de 190 euros

En face, deux autres constructeurs proposent des écouteurs true wireless avec annulation active du bruit : Sony avec ses WF-1000X M3 et Apple avec ses AirPods Pro. On pourra également citer Xiaomi avec ses Mi True Wireless qui proposent une isolation passive grâce à leur format intra-auriculaire, à un prix cent euros moins cher.

Nos photos des Huawei FreeBuds 3

Note finale du test 6/10
Les FreeBuds 3 ne sont pas de mauvais écouteurs, mais cela ne les empêche pas d'être décevants. Il faut dire que sur le papier, Huawei était très ambitieux avec des écouteurs true wireless, à réduction de bruit active et avec une excellente qualité audio grâce à son nouveau codec.

Dans les faits, c'est plus compliqué. La réduction de bruit est anecdotique à cause du format open-fit et, surtout, elle est très loin du niveau des AirPods Pro ou des Sony WF-1000X M3. La qualité audio est elle aussi assez moyenne avec un son qui manque clairement de profondeur. Il n'y a finalement que sur l'aspect true-wireless que les FreeBuds 3 font un sans-faute.

Mais malgré ça, les écouteurs ne sont pas mauvais. Ils proposent un design connu et approuvé depuis trois ans du côté d'Apple, un système de charge assez efficace, une autonomie correcte pour ce type de produit et une bonne qualité d'appel.

Reste que sur ce segment des écouteurs true-wireless premium, la concurrence est rude. Huawei comptait sur la réduction de bruit pour se faire une place, mais celle-ci est finalement si dérisoire qu'on préférera dépenser une centaine d'euros de moins pour des modèles plus accessibles et avec une qualité audio similaire, ou cinquante euros de plus pour une réduction active du bruit qui fonctionne bien mieux.
Points positifs
  • Très simple d'utilisation
  • Autonomie correcte
  • Format confortable
  • Bonne qualité pour les appels
Points négatifs
  • Réduction de bruit très anecdotique
  • Réglages très sommaires
  • Son trop orienté vers les médiums
  • Prix élevé