
Le marché automobile traverse une période de fortes turbulences. Alors que certains constructeurs réduisent la voilure sur le tout à batteries outre-Atlantique, Mercedes-Benz maintient le cap et continue de pousser ses pions sur la voiture électrique. Un entêtement ?
Plutôt une obligation réglementaire dictée par d’autres continents. Adam Chamberlain, le patron de la division américaine du constructeur allemand, s’est confié au média Automotive News sur cette stratégie d’équilibriste.
L’Europe et la Chine dictent la cadence mondiale
Aux États-Unis, la disparition de certains crédits d’impôt fédéraux a refroidi les ardeurs des consommateurs pour les véhicules à batterie. Pourtant, la marque à l’étoile ne peut pas se permettre de ralentir ses investissements. La raison est purement mathématique face aux législations étrangères en vigueur. D’après Adam Chamberlain, cité par le média américain, « il n’y a pas le choix » à l’échelle mondiale.
Le dirigeant précise sa pensée en évoquant les mandats imposés par les autres marchés majeurs. Il rappelle l’exigence européenne de voir les modèles zéro émission représenter la moitié des ventes d’ici 2030, ainsi que l’objectif de « 60 % » fixé par la Chine.
Une pression législative qui explique en grande partie pourquoi le PDG du groupe, Ola Källenius, s’inquiète régulièrement des normes de CO2 sur le Vieux Continent et appelle à la prudence face au risque de guerre commerciale avec l’industrie chinoise.

Face à cette forte demande européenne et asiatique, les usines allemandes tournent à plein régime pour fournir ces régions prioritaires. Mathias Geisen, le directeur des ventes mondiales, confirme cette dynamique de production auprès du média : « Nous travaillons en trois-huit, nous travaillons le samedi« .
Le résultat de ce ciblage géographique est visible sur le sol américain, où seulement « 200 » berlines CLA électriques sont arrivées, toutes vendues immédiatement selon la marque. Le reste étant vendu en Europe, où la Mercedes CLA électrique cartonne commercialement.
Pragmatisme face aux automobilistes américains
Sur le sol nord-américain, comme en Europe, l’entreprise adopte une approche beaucoup plus mesurée. Fini le catalogue spécifiquement dédié au tout électrique, la stratégie s’oriente désormais vers des plateformes partagées, capables d’accueillir indifféremment des motorisations purement thermiques, hybrides ou électriques. « Laissez les clients choisir« , résume sobrement Adam Chamberlain.

Cette recherche de flexibilité locale fait écho aux débats complexes qui agitent actuellement l’Union européenne. Si la Commission envisage de permettre la vente de certaines voitures thermiques neuves après 2035 sous couvert de transition industrielle en douceur, de nombreux analystes estiment à l’inverse que sauver le moteur à combustion pourrait se transformer en véritable désastre face à l’avance technologique fulgurante de la Chine.
Anticiper la vague des retours de location
Un autre défi majeur se profile pour l’industrie automobile selon Automotive News : la gestion des retours de véhicules électriques acquis en location (leasing), dont la valeur résiduelle sur le marché de l’occasion s’est fortement dépréciée.
Les données du cabinet Experian soulignent que la part de ces modèles frôlera les 15 % des retours de location d’ici la fin de l’année 2026. Le volume total des retours devrait même atteindre un pic de près de 800 000 véhicules sur le marché américain d’ici 2028.
Pour l’heure, le dirigeant de la branche américaine affiche sa sérénité face à ce stock : « Le manuel de guerre tactique est assez volumineux« , glisse-t-il, avant de conclure : « Pour l’instant, je ne vois pas la nécessité de faire quoi que ce soit sur ces voitures. »
Un numéro de funambule industriel
La situation de Mercedes-Benz illustre parfaitement la complexité du marché automobile mondial actuel. D’un côté, le constructeur allemand est contraint d’accélérer le développement de ses technologies de batteries pour répondre aux exigences réglementaires strictes de l’Europe et de la Chine.
De l’autre, il doit faire preuve de souplesse pour ne pas forcer la main aux consommateurs de marchés plus attentistes, comme les États-Unis. Une stratégie de l’adaptation permanente qui s’annonce indispensable pour traverser la décennie sans y sacrifier sa rentabilité.
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