
Si pour vous, les SUV électriques de MG s’arrêtaient aux MG S5 et MG S6, vous aviez raison… jusqu’à aujourd’hui, puisque la gamme du constructeur anglo-chinois vient de s’étoffer d’une ligne premium : IM.
IM, ça veut dire Intelligence in Motion. C’est une marque indépendante en Chine, appartenant à SAIC, maison-mère de MG. Pour éviter de repartir de zéro et s’affranchir du temps et de l’argent nécessaires pour lancer une marque sur un nouveau marché (d’autant plus en Europe), SAIC a donc décidé d’intégrer les IM dans la gamme MG.
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L’Europe aura droit à deux modèles : la MG IM5, une grande berline électrique, et le MG IM6, un SUV électrique qui nous intéresse aujourd’hui.
Nous sommes partis à sa découverte, de quoi tenter de répondre à une question simple mais cruciale : s’agit-il d’un énième SUV électrique chinois premium ou apporte-t-il quelque chose d’inédit à cette catégorie déjà surchargée ?
Un design tout en courbes pour fendre l’air
La première impression à la découverte de cet IM6 a peu de chances d’être inoubliable : un SUV fastback, dans la lignée du Tesla Model Y, jusqu’ici rien de révolutionnaire.

La face avant, comme souvent en 2026, tire ses traits pour accentuer l’impression de largeur : phares, calandre, tout y passe. Le profil est dans la norme, avec des poignées dissimulées, un vitrage sans montant et une ligne de toit qui se termine par un becquet. Quant à l’arrière, le bandeau lumineux pourra faire penser à… une Aston Martin.
Reste que le SUV premium a quelques atouts dans sa manche. Son style, tout en courbes, tranche avec les propositions parfois très anguleuses de la concurrence, et sert à obtenir un coefficient de traînée (Cx) plus que correct, affiché à 0,25 (autant qu’un… Model Y).

Enfin, l’impression de largeur n’en est pas une : le MG IM6 est un beau gabarit de 4,90 m de long pour 1,99 m de large et 1,67 m de haut. Bref, quand bien même pas grand monde ne devrait se retourner sur son passage, l’IM6 a le bon goût de ne pas faire de fausses notes.
Un habitacle spacieux et qualitatif
Une présentation agréable
En tout cas, l’aspect premium revendiqué par ce MG IM6 est immédiatement perceptible dans l’habitacle.

La présentation est plutôt agréable, avec une quantité impressionnante de matériaux rembourrés et quelques détails intéressants : les placages sur les contre-portes ont été, d’après MG, « co-créés par des designers émergents de Central Saint Martins », une école de design londonienne.
Les sièges, aux rembourrages en carrés, font quant à eux furieusement penser aux anciennes Citroën CX, ressuscités par le C4 Cactus en 2018. De quoi promettre un sacré niveau de confort, bien aidé par un chauffage et une ventilation de l’ensemble – le siège conducteur a l’exclusivité du massage.
Dans cette ambiance assez agréable, quelques éléments peuvent détonner, comme l’éclairage d’ambiance curieusement limité à un petit insert sur les contre-portes. Un détail.
Un bon sens de l’accueil
Les 2,95 m d’empattement le prédisaient : l’habitabilité de l’IM6 est de premier ordre. À l’arrière, deux adultes tiennent sans la moindre gêne, avec la possibilité d’incliner très généreusement l’assise.

La place centrale, comme souvent, servira de dépannage (non pas à cause de l’espace aux jambes, avec un plancher plat, mais plutôt à cause de l’accoudoir central qui rend l’assise très dure).
Le grand toit vitré apportera beaucoup de lumière, tandis que quelques attentions (buses de ventilation, prises USB) rendront les longs trajets plus agréables.
Seuls les rangements à bord peuvent décevoir, avec une absence de boîte à gants. Il faudra se contenter d’un accoudoir central et d’un espace sous la console centrale, sans oublier les contre-portes.
Le coffre (qui s’ouvre, petite astuce, en appuyant sur le point de gauche du logo) annonce 655 litres, incluant un espace sous le plancher de 69 litres. À ceci, il faut ajouter un coffre avant (frunk) de 32 litres pour y placer ses câbles de recharge.
Des écrans plutôt bien étudiés
Élément phare de la planche de bord de cet IM6 : l’écran… ou plutôt les écrans. Deux dalles s’offrent à nous ; la première, d’un bloc, englobe le combiné d’instrumentation et l’écran central sur 26,3 pouces. La seconde, de 10,5 pouces à la verticale, est là pour les réglages.

Beaucoup d’écrans, donc, et bien peu de boutons (voire aucun) : la recette d’une catastrophe ? Évidemment, il faudra les tester en mouvement, mais cette première découverte statique m’a plutôt rassuré.
L’écran inférieur, notamment, est suffisamment bien placé (hauteur et inclinaison) pour pouvoir le manipuler assez facilement. L’organisation et la répartition des menus et des réglages m’ont paru, en parallèle, plutôt compréhensibles.

Évidemment, toute l’armada de connectivité contemporaine est là, et Android Auto, Apple CarPlay et le déverrouillage NFC sont de série ; le planificateur d’itinéraire ne fonctionnait pas sur mon exemplaire, mais nul doute qu’une petite mise à jour débloquera la situation.
Oh, et mentionnons le système-son à 20 haut-parleurs (dont quatre dans le plafonnier), aux réglages sans fin, au rendu très correct et compatible avec l’annulation active de bruit.
Une plateforme perfectionnée
Les IM profitent de leur indépendance en Chine pour reposer sur une plateforme inédite, et qui pourrait rendre jalouses les MG. Ainsi, l’IM6 dispose d’un « châssis digital », incluant un système contrôlant et analysant toutes les fonctions dynamiques de la voiture.

Un principe semblable au Heart of Joy des nouvelles BMW, et synonyme (sur le papier) d’un meilleur contrôle et d’une meilleure réactivité. Ajoutons à cela des roues arrière directrices (6° de chaque côté) et une suspension pneumatique pour débloquer, entre autres, un système de stationnement automatisé dont MG semble très fière.
Autre sujet inédit : les batteries, reposant sur une architecture 800 volts. Pour le marché français, MG a choisi de ne proposer que la grosse batterie de 100 kWh (une autre de 75 kWh est vendue sur d’autres marchés), offrant au SUV jusqu’à 625 km d’autonomie selon le cycle WLTP – notons une consommation élevée, homologuée à 20,7 kWh/100 km en incluant les pertes à la recharge.

Bénéfice de cette architecture : la recharge ne demande que 17 minutes pour passer de 10 à 80 % sur une borne de 350 kW (l’IM6 peut accepter jusqu’à 396 kW, de quoi théoriquement grignoter quelques secondes sur borne 400 kW).
Cette batterie alimente deux versions. La première dispose d’un moteur arrière (propulsion) de 300 kW (407 ch) et 500 Nm, de quoi passer de 0 à 100 km/h en 5,4 s. Une version AWD à quatre roues motrices ajoute un moteur avant, de quoi passer à 553 kW (751 ch) cumulés et 802 Nm de couple ; dans ce cas, le 0-100 km/h ne demande que 3,5 s.
| MG IM6 2WD | MG IM6 4WD | |
|---|---|---|
| Puissance | 407 ch | 751 ch |
| 0-100 km/h | 5,4 s | 3,5 s |
| Masse | 2 320 kg | 2 410 kg |
| Autonomie WLTP | 625 km | 505 km |
| Temps de recharge (10-80 %) | 17 min | 17 min |
| Prix | 56 990 € | 62 990 € |
Des prix plutôt compétitifs
Comme toujours chez MG, la dotation de série est pléthorique : les aides à la conduite, la caméra 360°, les quatre roues directrices avec stationnement automatique, les écrans connectés, le toit panoramique, la pompe à chaleur et bien d’autres éléments sont inclus.

Le MG IM6 débute ainsi à 56 990 euros avec ses 625 km d’autonomie. De quoi le placer au-dessus d’un Tesla Model Y Grande Autonomie Propulsion (46 990 euros, compatible bonus écologique), au niveau d’un Xpeng G9 (59 990 euros pour 502 km WLTP) ou d’un Mercedes-Benz GLB (55 900 euros pour 632 km), et sous les BMW iX3 (64 950 euros pour 637 km WLTP) ou le Volvo EX60 (66 500 euros pour 611 km WLTP).
Notre avis : tout reste à faire
Cette première découverte du MG IM6 a été assez partagée. D’un côté, on a un SUV électrique bourré de technologies, à l’équipement généreux et à la recharge rapide ; de l’autre… beaucoup de concurrents mieux établis sont déjà sur ce créneau.

Ajoutez à cela le positionnement pas des plus évidents du SUV, greffé dans la gamme MG mais au logo inconnu et aux caractéristiques radicalement différentes du reste de la gamme : difficile pour le client de s’y retrouver. Seul avantage : sa présence dans les showrooms MG pourrait lui offrir une visibilité difficile à bâtir sans cela.
Bref, et si les essais routiers nous permettent de jauger pour de bon les qualités de ce SUV premium, difficile d’imaginer autre chose que de la figuration dans les chiffres de vente.





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