Jeux vidéo : le patron de Xbox plaide pour une émulation légale

 

Au détour des 20 ans de la Xbox, Phil Spencer plaide pour une meilleure préservation du jeu vidéo sur les machines modernes.

Jeux vidéo : le patron de Xbox plaide pour une émulation légale

Si ce n’était pas encore clair, Microsoft aimerait que la marque Xbox soit associée avec la préservation du jeu vidéo. Cette semaine, la marque a fêté les 20 ans de la Xbox et a annoncé à cette occasion l’ajout de 70 jeux à son programme de rétrocompatibilité. Elle a aussi précisé que face à des problèmes techniques, et surtout des problèmes de droits, le programme de rétrocompatibilité allait prendre fin.

Les ajouts réguliers de jeux rétrocompatibles étaient un moyen de remettre ce sujet dans l’actualité. Maintenant que c’est terminé, le patron de Xbox Phil Spencer aimerait en remettre une couche supplémentaire.

S’inspirer de la musique et du cinéma

Pour Phil Spencer, l’histoire du jeu vidéo est très importante comme source d’enseignements.

Je pense que nous pouvons apprendre de l’histoire de la façon dont nous sommes arrivés ici grâce à la créativité. À propos de la possibilité de revenir sur les œuvres du passé, j’adore ça dans la musique. J’aime ça pour les films et la télévision, et il y a des raisons positives pour que les jeux veuillent suivre cet exemple.

Il est vrai que le cinéma et le monde de la musique font des efforts pour rendre accessibles aussi bien les dernières grandes productions que des classiques. Les services de SVOD comme Disney+ ou Netflix proposent des films et séries qui précèdent largement le streaming.

Dans le domaine des jeux vidéo, le sujet est beaucoup plus complexe. Le média est encore jeune et il est surtout dépendant du matériel sur lequel il tourne. Fondamentalement, les jeux vidéo sont des logiciels exécutables et compatibles seulement avec un écosystème matériel et un logiciel bien particulier. Leur préservation sous forme jouable est donc très complexe. Un autre sujet d’inquiétude est dans la préservation des données de créations des jeux et notamment le code source. Des studios comme Square Enix ou Konami ont, de façon célèbre, perdu l’accès au code source de jeux pourtant très célèbres (Final Fantasy VIII par exemple).

Proposer une émulation légale à l’échelle de l’industrie

Dans son interview avec le média Axios, Phil Spencer se concentre surtout sur la question de l’accès aux jeux vidéo par les joueurs. Il plaide très simplement pour ce que propose déjà Xbox : une rétrocompatibilité logicielle légale permettant de retrouver l’accès à des jeux que l’on a déjà achetés.

Mon espoir (et je pense que je dois le présenter pour le moment) est qu’en tant qu’industrie, nous travaillerions sur une émulation légale qui permettrait au matériel moderne d’exécuter n’importe quel exécutable (dans la limite du raisonnable) plus ancien, permettant à quelqu’un de jouer à n’importe quel jeu.

Il aimerait donc que l’initiative de Xbox devienne une initiative plus large à l’échelle de l’industrie. Évidemment, Microsoft n’a pas inventé l’émulation, qui est déjà une pratique populaire notamment sur PC pour accéder à des jeux anciens ou plus récents. Il est d’ailleurs assez simple d’émuler la plupart des consoles avec les Xbox Series S et Xbox Series X. C’est donc une position assez simple à tenir pour le patron de Xbox, mais on ne peut pas non plus lui donner tort. La préservation du jeu vidéo est en effet une cause sérieuse. Ici, Phil Spencer vise avant tout Nintendo et Sony PlayStation pour que les deux autres géants adoptent aussi cette cause.

Si Nintendo propose quelques solutions, comme la possibilité de jouer à des jeux NES, SNES ou Nintendo 64 sur ses services d’abonnements, la marque a aussi démontré que ses efforts étaient assez limités, et ne préservaient pas les jeux vidéo d’une excellente façon. De son côté, Sony n’offre pas la possibilité de jouer aux jeux PlayStation 1 et PlayStation 2 sur les consoles modernes, alors que la marque était connue à ses débuts dans le jeu vidéo pour son excellente rétrocompatibilité. Le patron de PlayStation, Jim Ryan, s’était même montré plutôt opposé à la rétrocompatibilité lors d’une interview au Time en 2017.

Lorsque nous nous sommes essayés à la rétrocompatibilité, je peux dire qu’il s’agit d’une de ces fonctionnalités très demandées, mais peu utilisées. De plus, j’ai assisté récemment à un événement Gran Turismo où il y avait des jeux PSone, PS2, PS3 et PS4, et les jeux PSone et PS2 avaient l’air vieux, comme si quelqu’un voulait jouer à ça !

Depuis, Sony a lancé la PlayStation 5 avec une pleine rétrocompatibilité avec les jeux PlayStation 4. Surtout, la console est proposée avec l’excellent jeu Astro’s Playroom qui rend un véritable hommage à toute l’histoire de la marque PlayStation.


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