Pourquoi Microsoft ne veut pas d’écrans 4K dans ses Surface

 

Contrairement à ses concurrents, Microsoft ne propose pas d'écran 4K sur ses ordinateurs Surface. D'après la firme, c'est un choix parfaitement volontaire.

L’usage polyvalent de la Surface Book 3 // Source : Microsoft

Avec le Surface Book 3 dévoilé la semaine dernière, Microsoft a renouvelé son produit portable le plus haut de gamme. Les ingénieurs de la marque ont fait le choix de conserver l’écran PixelSense 3000 x 2000 pixels qui équipait déjà les précédentes générations de la machine. Une définition impressionnante à l’époque, mais aujourd’hui dépassée par la plupart des PC portable haut de gamme sous Windows, qui proposent souvent une configuration 4K (3840 x 2160 pixels). Le Surface Book 15 pouces peut monter jusqu’à 3240 x 2160 pixels, mais c’est encore insuffisant pour proposer une image 4K.

Une histoire de Rétina

Le site PC World a pu interroger Stevie Bathiche, qui travaille pour Microsoft Research et participe à la conception des produits Surface. Il travaille en particulier sur le développement des écrans Surface, et a pu donc répondre aux questions concernant la définition de l’affichage. Il explique que l’objectif de Microsoft est « d’afficher le bon nombre de pixels pour que vous ne puissiez plus les discerner ». Au-delà de ce cap « vous n’avez pas besoin de plus de pixels, puisque vous n’allez pas pouvoir voir la différence ».

Pour trouver cette limite, Microsoft a une formule basée sur une vision parfaite qui détermine, pour une distance entre l’écran et l’œil, le nombre de pixels par pouce nécessaire. Plus précisément, pour un regard à 30 cm de l’écran, dans le cas des PC portables comme le Surface Book, Microsoft estime cette limite à environ 260 à 280 pixels par pouce. Les écrans de Surface Pro 7 et de Surface Book 3 ont effectivement une densité de 267 pixels par pouce environ.

Cette définition n’est pas sans rappeler celle de l’écran Rétina d’Apple introduite avec l’iPhone 4 et ses 326 pixels par pouce, pour une distance entre l’écran et le regard de 25 cm. Cela n’a pas empêché la marque à la pomme ne faire monter cette densité de pixels dans les années suivantes, jusqu’à 458 pixels par pouce pour l’iPhone X, avec son écran « Super Retina HD ». La marque pomme estimait aussi atteindre les limites de la perception de l’œil humain en fonction de la distance.

La définition ne fait pas un écran

Au-delà d’un débat sur les capacités de l’œil humain, une montée en définition a un impact direct sur l’autonomie d’un PC portable. Il serait donc dommage que les fabricants partent dans une course à la définition d’affichage au détriment d’un critère également très important dans un appareil mobile.

La plupart des fabricants qui proposent des écrans 4K UHD sur leurs ordinateurs le font-ils uniquement pour répondre à un besoin « marketing » ? Non, les dalles proposées sont souvent de meilleures qualités sur d’autres critères que celui de la définition d’affichage. Sans partir dans quelque chose d’aussi radical qu’un passage du LCD à l’OLED, la configuration 4K proposée sur les PC vient souvent avec un spectre colorimétrique plus large, proche du DCI-P3, et une meilleure calibration des couleurs.

Un peu comme le nombre de mégapixels ne définit pas entièrement la qualité d’un appareil photo numérique, la définition d’un écran n’est pas le seul critère à prendre en compte pour en évaluer les qualités.

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