Renault et Geely accélèrent sur la voiture électrique au Brésil avec ce nouvel investissement massif

 
Associés dans le cadre d’une joint-venture, Renault et Geely annoncent un nouvel investissement de 319 millions d’euros. Le but ? Produire des voitures électriques au Brésil, avec un accord gagnant-gagnant.
Usine Renault de Curitiba

Les constructeurs automobiles chinois prennent de plus en plus de place sur le marché automobile mondial. Et désormais, ils s’associent de manière plus active avec les marques « traditionnelles », notamment via des joint-ventures qui profitent aux deux parties.

Ainsi, les entreprises chinoises bénéficient des usines des sociétés européennes, tandis que ces dernières tirent parti du savoir-faire technologique des premières. C’est dans ce contexte que se sont associés Renault et Geely, dans le cadre d’une co-entreprise au Brésil.

Baptisée Renault Geely do Brasil et née en novembre 2025, celle-ci vient justement de franchir une nouvelle étape. C’est ce qu’indique Numerama, qui a fait le déplacement en Amérique latine. Ainsi, un nouvel accord a été signé ce mardi 15 septembre 2026 entre les deux partenaires, portant notamment sur un investissement de 319 millions d’euros. L’enveloppe totale passe désormais à 899 millions d’euros, sur la période allant de 2025 à 2027.

Geely EX5 EM-i // Crédit : Renault Geely Brésil

Mais à quoi va servir concrètement cette somme ? Eh bien, cette dernière va notamment permettre la production d’un tout nouveau modèle électrifié, au sein du complexe industriel Ayrton Senna. Celui-ci appartient pour mémoire à Renault, qui a ouvert ses portes à son partenaire chinois. Une stratégie également adoptée par d’autres constructeurs en Europe, afin de permettre aux constructeurs chinois d’éviter les droits de douane.

Un marché en pleine expansion

Situé à São José dos Pinhais, dans l’État du Paraná, le site accueille depuis le début du mois de septembre la production du Geely EX5 EM-i Super Hybrid (vendu en France sous le nom de Geely Starray EM-i). C’est ce que confirme le communiqué officiel, qui indique que son lancement est prévu pour la fin de l’année 2026. En parallèle, la petite Geely EX2, connue en France sous le nom E2, démarrera quant à elle sa fabrication en décembre 2026. Le tout au sein d’une usine entièrement modernisée, afin d’accueillir la production des autos basées sur la plateforme GEA de Geely.

C’est justement sur cette dernière que reposera la nouvelle auto électrifiée, qui sera vendue avec le logo Renault. Son arrivée est prévue dans le courant de l’année 2027, sans plus d’informations pour le moment. Mais elle devrait redynamiser le site brésilien, qui emploie actuellement 5 100 salariés et était jusqu’alors en sous-capacité. Ce dernier est capable de « fabriquer l’ensemble des technologies de propulsion, des moteurs à combustion interne et hybrides performants aux véhicules 100 % électriques » selon le communiqué.

Geely E2 // Crédit : Geely

L’objectif est double pour Renault et Geely. La firme au losange va pouvoir développer sa gamme de voitures hybrides et électriques, sur un marché en pleine expansion. Actuellement, les autos zéro-émission (à l’échappement) affichent une part de marché de 7,6 %. De son côté, le constructeur chinois va pouvoir se développer au Brésil, en y vendant ses autos produites sur place. Le pays applique par ailleurs des droits de douane de 35 % sur les VE importés, selon Reuters.

Si Renault et Geely accélèrent, c’est aussi parce que la concurrence chinoise ne les a pas attendus sur place. Au Brésil, BYD grignote du terrain à coups de modèles 100 % électriques et hybrides rechargeables abordables, et y a même bâti sa propre usine. De quoi expliquer l’empressement des deux partenaires à sortir au plus vite des autos produites localement.


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