« Le délai minimum » : pourquoi le patron de Renault refuse de concevoir ses nouvelles voitures encore plus vite

 
Au groupe Renault, on est très fier du développement express des dernières citadines électriques (24 mois pour la Twingo, 16 mois pour la Spring). De quoi inciter à aller encore plus vite ? Pas question, d’après François Provost, PDG du groupe. Les raisons tombent sous le sens.
Renault 5 E-Tech // Source : Robin Wycke pour Frandroid

Pendant longtemps, le développement d’une nouvelle voiture durait plus ou moins cinq ans. Travaux préparatoires, compétitions design, recherche et développement, industrialisation, etc. : l’industrie européenne ronronnait.

Puis les marques chinoises ont dynamité cette dynamique, avec des cycles de lancement réduits à deux ans… voire moins. À la clef, des économies de temps et d’argent, sans oublier une réactivité accrue.

Un développement réduit…

Loin de se lamenter dans son coin, Renault (à l’époque mené par Luca de Meo) a pris le train en marche : en créant un centre dédié à Shanghai et en apprenant de ses rivaux, le groupe a pu développer la Twingo E-Tech en deux ans et lancer la nouvelle Dacia Spring en 16 mois seulement (la Spring étant un dérivé de la Twingo, le développement a pu être accéléré).

Renault Twingo E-Tech Evolution // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

En parallèle, une rationalisation de la conception de ces citadines a permis de réduire le nombre de pièces : une Twingo est composée de 720 éléments quand une R5 en demande 1 120.

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Tout cela permet de tirer les coûts vers le bas. La Twingo électrique démarre en France à 19 490 euros tandis que la Spring, en bonne Dacia, tire encore les prix vers le bas avec un ticket d’accès à 17 900 euros.

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…qui ne devrait pas s’accélérer davantage

Renault le confirme : ces 24 mois de développement seront désormais la norme pour tous les futurs lancements. Renault ira-t-il encore plus loin ? Pas question, d’après François Provost, le PDG du groupe.

Dacia Spring // Source : Dacia

L’entretien relayé par Automotive News ne fait aucun doute : « Chez Renault, nous estimons que deux ans constituent le délai minimum pour garantir la qualité, notamment pour effectuer des millions de kilomètres d’essais en conditions réelles, en hiver comme en période de forte chaleur, et pour résoudre les problèmes techniques, etc. », explique-t-il.

« Si nous ne sommes pas sûrs à 100 % [qu’il n’y a pas de problèmes de qualité], nous ne lancerons pas un modèle, quelle que soit la pression commerciale », poursuit-il – même si la Twingo n’a pas été exempte de petits problèmes de jeunesse. Voilà qui est clair.

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Il faut contextualiser avec la situation en Chine : les marques locales accélèrent encore, visant désormais un temps de développement autour des 18 mois, pour tenter de survivre dans un marché saturé et en pleine mutation – la fin des subventions étatiques, notamment, devrait impacter durablement le marché.

Renault Twingo E-Tech // Source : Bruno de Faria-Lopes / Cetadi Prod pour Frandroid

Des développements d’une rapidité folle, donc, qui semblent avoir des impacts sur l’expérience client : les premiers possesseurs se transformeraient en une sorte de bêta-testeurs.

De quoi irriter les régulateurs, qui commencent à s’intéresser au sujet et à réglementer plusieurs sujets : conduite autonome, poignées de porte, sans compter des visites surprises dans des usines et des réflexions sur des durées minimales de développement.


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