« Il n’y a pas de chiffre magique » : la vente de SFR et le retour à 3 opérateurs pourraient-ils passer auprès des autorités ?

 
Alors que les rumeurs autour de la vente probable de SFR enflamment le marchĂ© des tĂ©lĂ©coms, l’autoritĂ© de rĂ©gulation du secteur a donnĂ© son avis sur un possible retour Ă  3 opĂ©rateurs.
Crédit : Frandroid

Il va falloir la jouer fine. Malgré les récentes spéculations autour du possible rachat de SFR par un des trois autres opérateurs hexagonaux, cette consolidation du marché, si elle a lieu, devra répondre à quelques contraintes dictées par les autorités.

Lors d’une confĂ©rence de presse organisĂ©e par l’Arcep, Laure de la Raudière, prĂ©sidente de l’autoritĂ© de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©coms, a donnĂ© son avis sur le sujet, explique Le Monde.

Peut-ĂŞtre oui, peut-ĂŞtre non

Estimant que l’Arcep n’a pas « de position de principe » contre un retour Ă  3 opĂ©rateurs, la responsable a tout de mĂŞme rĂ©affirmĂ© son attachement au maintien d’un marchĂ© « concurrentiel » sur le secteur des tĂ©lĂ©coms. Si l’ancienne dĂ©putĂ©e estime qu’il n’y a pas « de chiffre magique » pour atteindre ce dĂ©licat Ă©quilibre entre concurrence et viabilitĂ© du marchĂ©, elle Ă©met quand mĂŞme quelques rĂ©serves.

En effet, si l’analyse en détail du risque concurrentiel est réservée à l’autorité de la concurrence, l’Arcep, elle, note qu’une éventuelle fusion de SFR devra tout de même se « justifier » économiquement. Et c’est là que la bataille risque d’être rude.

Laure de la Raudière, prĂ©sidente de l’Arcep // CrĂ©dit : Dooby~frwiki – Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

En effet, pas possible de jouer la carte de l’investissement nĂ©cessaire dans les infrastructures, puisque ces derniers diminuent pour la troisième annĂ©e consĂ©cutive, note un rĂ©cent rapport de la mĂŞme Arcep. En parallèle, le revenu des opĂ©rateurs lui « progresse pour la quatrième annĂ©e consĂ©cutive, et de 1,5 % en 2024 ». Dans ces circonstances, difficile aussi de sortir l’argument de la consolidation obligatoire pour la bonne santĂ© du marchĂ©.

La délicate acquisition

Avec un dĂ©ploiement de la 5G bien entamĂ© et la mise en place de la fibre sur presque tout le territoire, le retour Ă  3 opĂ©rateurs devra donc se faire sur des arguments autres que celui des investissements et de la consolidation du rĂ©seau.

Pour aller plus loin
SFR et Bouygues se dĂ©barrassent de leurs tours tĂ©lĂ©coms en zone rurale, faut-il s’inquiĂ©ter pour son rĂ©seau mobile ?

Orange a de son côté indiqué ne pas « être à la manœuvre » pour acquérir SFR afin d’éviter de se retrouver dans une position dominante, tout en notant tout de même son intérêt pour certains des actifs de l’opérateur. Reste donc Bouygues et Free qui vont devoir rivaliser d’ingéniosité pour faire passer un éventuel rachat auprès des autorités.


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