Voici la première voiture électrique dotée du « passeport pour batterie » : tout savoir sur cette nouveauté

 

Bientôt disponible en Europe, le SUV électrique Volvo EX90 sera le premier modèle de voiture électrique à publier son "passeport batterie", c'est-à-dire toutes les données liées à la traçabilité des matières premières qui ont permis de donner naissance à sa batterie. Voyons comment cela fonctionne.

Volvo EX90 // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Quand on parle de voitures électriques, la première critique qui vient en général, ce sont les matières premières utilisées pour fabriquer les batteries. Difficile de tracer efficacement d’où viennent tous les composants d’une voiture (qu’elles soient thermiques ou électriques), mais dans un souci d’éco-responsabilité dirons-nous, l’Europe va instaurer à partir de février 2027 les passeports de batterie qui seront obligatoires pour les véhicules électriques vendus dans l’Union européenne.

Pour faire simple, ceux-ci indiqueront la composition des batteries, y compris l’origine des matériaux clés, leur empreinte carbone et leur contenu recyclé. S’il faut du temps pour éviter tout retracer, surtout pour certaines voitures déjà en production, du côté de chez Volvo, on a quasiment deux ans et demi d’avance avec le lancement qui approche de l’EX90.

Comme annoncé par l’agence de presse Reuters, cette décision a été communiquée par Vanessa Butani, responsable du développement durable mondial de la firme scandinave, aujourd’hui dans le giron du groupe chinois Geely. Mais comment ça fonctionne dans les faits ?

Tout savoir sur sa voiture électrique

Développée en collaboration avec la société anglaise Circulor, il s’agira d’une identification numérique qui utilise la blockchain pour cartographier les chaînes d’approvisionnement des entreprises ; une opération qui repose sur la collecte d’informations auprès des systèmes de production des fournisseurs de batteries et qui considère avant tout l’utilisation d’énergies renouvelables pour calculer la durabilité environnementale des produits.

Volvo EX90 // Source : Ulrich Rozier pour Frandroid

Chaque fois que Volvo fait appel à un nouveau fournisseur, l’entreprise devra donc réaliser une sorte d’enquête pour établir la traçabilité de tels ou tels matériaux utilisés. Les données reportées ensuite sur le passeport concerneront les minéraux, les composants, les matériaux recyclés et l’empreinte carbone. Les automobilistes y auront accès grâce à un code QR placé sur la porte côté conducteur, tandis que la version complète du document sera envoyée aux autorités compétentes et comprendra également des informations sur l’état de santé des batteries pendant 15 ans.

D’après le PDG de Circulor, Douglas Johnson-Poensgen, ce dispositif coûtera environ 10 dollars par voiture, ce qui sera évidemment répercuté sur le prix de vente de l’auto.

Un objectif plus global à l’échelle européenne

Sans surprise, comme 99 % des voitures électriques vendues aujourd’hui dans le monde, la batterie viendra d’une entreprise asiatique, qu’elles soient chinoises, japonaises ou coréennes. Le passeport batterie sera la première pierre à l’édifice d’une Europe qui mise sur l’économie circulaire. Rappelons d’ailleurs les objectifs :

  • Un taux de récupération des batteries usagées de véhicules électriques de 51 % en 2028, puis 61 % en 2031.
  • Un taux de récupération du lithium de 50 % en 2027, puis 80 % en 2031.
  • Un taux d’utilisation des métaux recyclés d’au minimum 16 % pour le cobalt, 85 % pour le plomb, 6 % pour le lithium et 6 % pour le nickel
  • Un taux d’efficacité de recyclage pour les batteries nickel-cadmium de 80 % dès 2025, et 50 % pour les autres chimies

Rappelons toutefois que le taux de recyclage effectif est déjà largement supérieur. Plus de 90 % des matériaux d’une batterie sont récupérables, comme le prouvent souvent les chiffres Tesla, mais aussi ses concurrents, comme Volkswagen ou encore Mercedes.