
Face à un système comme Windows qui perd progressivement la confiance des utilisateurs, la montée en puissance de Linux est vue comme une tendance de fond dans l’univers PC. Si le système se place comme une réelle alternative, par sa simplicité et ses performances, il reste cependant encore largement minoritaire par rapport au mastodonte de Microsoft.
C’est notamment dans le domaine du jeu vidéo que Linux impressionne ces 20 dernières années. Alors que certains jeux sont nativement portés, comme Counter-Strike 2, Stardew Valley ou récemment Baldur’s Gate III, les joueurs doivent généralement exploiter des interfaces logicielles pour exécuter les versions Windows de ces jeux.
En fer de lance, on ne peut évidemment pas omettre Wine, la couche de compatibilité qui permet de lancer des applications Windows sur Linux. C’est d’ailleurs sur Wine que Valve a développé Proton, son propre fork pour assurer une compatibilité irréprochable des jeux Windows sur SteamOS.
Les bonnes nouvelles s’enchaînent aussi côté pilotes graphiques alors qu’AMD mène la danse sur Linux avec ses drivers open source. Et là encore, le travail de la communauté promet de nouvelles avancées, notamment pour le jeu en ray tracing.
Focus sur le ray tracing en 2026 sur Linux
Sur Linux, vous avez divers moyens de lancer des jeux vidéo pourtant natifs sous Windows. L’un d’entre eux consiste à se reposer sur Mesa, une bibliothèque logicielle open source qui sert d’interface entre votre carte graphique et les applications. Elle permet notamment d’implémenter les API graphiques les plus répandues comme Vulkan, OpenGL et Open CL.
Au sein de Mesa, il existe un pilote graphique très performant axé sur l’API Vulkan, RADV. Celui-ci est co-développé par la communauté ainsi que des entreprises comme Valve, pour optimiser le support des jeux Vulkan sur Linux. Ces derniers mois, le pilote a subi une accélération spectaculaire dans son développement, avec plusieurs améliorations majeures pour les jeux en ray tracing.
Un temps de compilation de shaders drastiquement réduit
La compilation de shaders est devenu une étape systématique pour tous les jeux au socle technique moderne. C’est par ce processus de compilation qu’on peut ainsi éviter les saccades en plein jeu dû à une compilation manquante en amont.
Sur Linux, une modification de code proposée (merge request) au sein du pilote RADV promet des temps de compilation liés aux pipelines ray tracing 10 fois plus rapides dans les jeux Unreal Engine 4. Dans Ghostwire Tokyo, le délai a été réduit de plus de 4 minutes à moins de 20 secondes.
Des performances en ray tracing doublées dans certains cas
Ce sont aussi les performances des jeux en ray tracing qui s’améliorent sensiblement. Le rendu des effets en ray tracing est ainsi deux fois plus rapide dans Ghostwire Tokyo, avec un gain global de 30% de performance en jeu.
Le pilote RADV est désormais plus performant et stable que le pilote officiel d’AMD (AMDVLK) pour les jeux Vulkan sur les cartes graphiques AMD RDNA 4 (RX 9070 XT).

Les performances en ray tracing rivalisent avec Windows dans cet exemple, une observation qui pourrait bien se reproduire pour d’autres jeux sur Linux. À noter que Cyberpunk 2077 ne devrait pas être impacté, car son moteur, le REDengine, n’utilise pas les fonctions que Mesa cherche actuellement à optimiser.
Le support complet de l’Unreal Engine 5
Une autre étape cruciale a été franchie avec le support de Lumen, la technologie d’illumination globale de l’Unreal Engine 5 au sein du pilote RADV.
Ainsi, les performances en ray tracing sur les jeux qui exploitent le ray tracing matériel de Lumen (accéléré par la carte graphique) peuvent s’avérer 4 à 8 fois supérieures selon les titres avec des performances en hausse d’environ 30% dans une majorité de tests.

Les gains sont massifs dans des jeux comme Oblivion Remastered ou Silent Hill 2 Remake (+50% pour ce dernier, tout de même).
D’autres optimisations à venir en 2026
Toutes ces améliorations, vous l’aurez compris, visent exclusivement les cartes graphiques AMD. Nvidia, ultra leader sur Windows, est encore à la traîne sur une plateforme comme Linux.
Les projets restent ambitieux pour un pilote comme RADV et plus globalement pour Mesa. Parmi les chantiers en cours, les développeurs cherchent aussi à optimiser la gestion de la mémoire vidéo, réduire la charge CPU sur les jeux Vulkan et offrir une compatibilité toujours forte avec les jeux Windows.
Alors que le pilote ntsync, qui promet lui aussi de meilleures performances pour les jeux Windows sur Linux, s’est invité dans Wine et SteamOS ces derniers jours, on peut dire que l’avenir est radieux pour les joueurs sur Linux.
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