Après des années de pertes colossales, le géant du vélo par abonnement Swapfiets va-t-il enfin s’en sortir ? Ces chiffres encourageants donnent de l’espoir

 
Swapfiets, la marque néerlandaise de vélos par abonnement, a presque divisé ses pertes par deux en 2025 tout en augmentant son chiffre d’affaires. La rentabilité se rapproche, mais l’entreprise reste sous perfusion de sa maison-mère Pon.
Swapfiets

Il y a un an, Frandroid vous évoquait les finances encore très fragiles de Swapfiets, avec des pertes colossales sur les exercices 2023 et 2024, de respectivement 22,6 et 14,3 millions d’euros. Douze mois plus tard, la tendance semble s’inverser pour la société néerlandaise.

Encore des pertes, mais des pertes moins lourdes

D’après les chiffres publiés par le quotidien financier néerlandais FD, la perte nette de Swapfiets est tombée à 7 millions d’euros en 2025. Le chiffre d’affaires, lui, grimpe de 91,1 à 97,1 millions d’euros, soit environ 6,6 % de croissance.

Comment Swapfiets en est arrivée là ? Trois leviers principaux sont évoqués :

  • la part croissante des vélos électriques dans la flotte, bien plus rentables que les vélos musculaires classiques ;
  • une meilleure maîtrise des coûts, avec des vélos rendus plus résistants aux dégâts et un système de récupération des vélos volés amélioré ;
  • et un choix stratégique fait en 2022, celui de quitter les villes pas assez rentables et d’arrêter de s’implanter dans de nouvelles.

D’après Marc de Vries, CEO de Swapfiets depuis 2021, avoir évité ces expansions coûteuses dans des zones peu rentables a permis de faire d’importantes économies.

À noter tout de même que cette amélioration ne vient pas d’une hausse du nombre d’abonnés. Avant le rachat de Dance (voir plus bas), la base de Swapfiets stagnait autour de 270 000 clients depuis plusieurs années. Les progrès financiers sont surtout dus aux marges plus élevées des vélos électriques et à la baisse des coûts, plutôt qu’à une croissance de la clientèle.

Swapfiets vélos réparation
Source : Swapfiets

À quand la rentabilité ?

« Si l’on prolonge la tendance, la rentabilité est à portée de main », a même déclaré De Vries au FD. Le patron tempère tout de même ses propos, en précisant que Swapfiets restera déficitaire en 2026, même si la perte d’argent devrait encore reculer pour la quatrième année d’affilée.

L’entreprise dépend toutefois encore largement de sa maison-mère, Pon, propriétaire entre autres des marques Gazelle, Cervélo, FOCUS, Santa Cruz, Kalkhoff, Veloretti, Cannondale, Schwinn, Caloi, Urban Arrow ou encore Lease a Bike.

Le groupe néerlandais a injecté plus de 100 millions d’euros dans Swapfiets depuis son rachat en 2019, dont 10 millions supplémentaires en 2025 et près de 20 millions en 2024. Selon son rapport annuel 2025, Pon s’est engagé à maintenir ce soutien financier au moins un an de plus.

Rachat de Dance

Rappelons qu’en mai 2026, Swapfiets a racheté l’allemand Dance, une marque berlinoise d’abonnement de vélos électriques, ce qui lui a permis de renforcer sa présence dans de grandes villes européennes comme Berlin, Hambourg et Paris. Le nouvel ensemble revendique plus de 75 000 vélos électriques et environ 280 000 abonnés répartis dans 45 villes, sur huit pays : Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Danemark, Royaume-Uni, France et Autriche.

En tout cas, voir Swapfiets réduire ses pertes trois années de suite tout en améliorant son chiffre d’affaires est plutôt rassurant, qui plus est dans un contexte économique encore très morose à l’échelle européenne.


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