Pneus « durables » : Continental s’y met, ce que ça change pour les voitures électriques et la planète

 

Alors que Goodyear a dévoilé un pneu composé à 90 % de matériaux recyclés en janvier dernier, Continental annonce que ses gommes seront intégralement réalisées à base de matériaux durables en 2050. La firme utilisera des bouteilles recyclées ainsi que des éléments naturels comme le riz.

On pense souvent que la seule source de pollution d’une voiture thermique sont les gaz d’échappement, et que les véhicules électriques sont donc totalement propres. Or, c’est loin d’être le cas, comme nous l’avions expliqué dans un précédent dossier. Peu le savent, mais les pneus sont également très nocifs pour l’environnement, alors qu’une étude d’Emissions Analytics démontrait que leur usure rejette plus de particules fines que les gaz émis lors de la conduite d’une voiture thermique.

Des matériaux durables

Sans parler bien sûr de la production, très énergivore et de leur recyclage. D’après le Ministère de la Transition Ecologique, ce ne sont pas moins de 59 millions de pneumatiques qui sont fabriqués chaque année rien qu’en France. Un chiffre qui pourrait baisser grâce à l’essor des pneus sans air, développés notamment par Michelin avec son Uptis. Mais d’autres équipementiers travaillent sur des solutions alternatives.

À commencer par les gommes recyclées. C’est notamment le cas de Continental, qui annonce dans un communiqué un objectif ambitieux : proposer des pneus composés à 100 % de matériaux recyclés et durables à l’horizon 2050. Aujourd’hui, la proportion est déjà de 15 à 20 % dans ses gommes, en fonction du modèle.

Ainsi, l’équipementier allemand prévoit d’utiliser divers matériaux, comme le caoutchouc naturel issu de l’arbre hévéa. Actuellement, ce matériaux, qu’il soit durable ou non, représente entre 10 et 40 % du poids total d’un pneu, alors que cette industrie est l’un des plus grands consommateurs, utilisant 70 % de la production mondiale. Continental prévoit également d’utiliser de la gomme conçue à partir de pissenlits.

En effet, cette fleur produit un latex dont les propriétés sont très proches de celui de l’hévéa, avec une résistance qui serait même supérieure. Le principal avantage est alors le rendement supérieur, puisqu’il faut attendre sept ans pour pouvoir faire une première récolte de latex issu de l’arbre, contre seulement un an pour la fleur. Continental travaille sur ce matériaux depuis 2014 déjà.

Un recyclage plus propre

L’entreprise utilisera également des bouteilles recyclées ainsi que de la silice produite à base de cendres d’écorces de riz. Il s’agit alors d’un sous-produit issu de la transformation qui est souvent jeté, bien que certains constructeurs comme Seat commencent à s’y intéresser pour produire des pièces. Comme chez Goodyear, qui prévoit de produire des pneus composés à 90 % de produits recyclés, les gommes de Continental seront également fabriquées avec de l’acier et du noir de carbone recyclé.

Par ailleurs, l’entreprise souhaite également rendre le recyclage des pneus plus propre, grâce à des procédé mécaniques en complément de la pyrolyse, qui consiste à décomposer la gomme grâce à une forte chaleur, d’environ 500 degrés. Ainsi, les éléments séparés mécaniquement pourront être valorisés et réutilisés.

Cette solution plus vertueuse devrait donc permettre de réduire la pollution issue du recyclage des pneus, alors que 20 % des gommes seraient détruites prématurément. Elle va alors de pair avec la solution sans air de Michelin, qui permettrait quant à elle d’économiser 200 millions de pneus par an, soit l’équivalent de 2 millions de tonnes de matériaux.

Dans un communiqué, la firme française annonçait être le premier équipementier à produire des pneus composés de 58 % de matériaux durables, alors qu’elle prévoit de vendre des gommes atteignant les 100 % d’ici à 2050 également.


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