
Souvenez-vous : depuis 2023, il est acté que la vente de voitures thermiques neuves sera strictement interdite en Europe. Et ce dès 2035. Une mesure qui avait fait grand bruit, et qui n’avait évidemment pas fait l’unanimité. Ce qui n’avait pas empêché Bruxelles de confirmer sa mise en place à la fin de l’année 2024.
Un revirement loin d’être anodin
Depuis, les différents États membres de l’Union Européenne se déchirent sur le sujet. Certains, comme la France et l’Espagne, plaidaient en faveur de cette interdiction, tandis que l’Allemagne et l’Italie la contestaient fortement.
Et voilà que la Commission a finalement tranché le 16 décembre 2025. Elle a annoncé un important revirement de situation, en laissant la porte ouverte aux voitures essence et diesel, sous certaines conditions cependant. Car il n’est pas question de faire n’importe quoi, puisque l’Europe impose toujours une réduction de 90 % des émissions de CO₂ pour les voitures neuves.
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Et comme il est impossible de satisfaire tout le monde, cette décision ne fait sans surprise pas que des heureux. Car si l’Allemagne et l’Italie ont ainsi eu gain de cause, ce n’est pas le même son de cloche du côté de chez nous. C’est ce qu’indique le site Automotive News, qui rappelle que la France fait partie des grands perdants de cette décision prise par la Commission Européenne. Et pour cause, on sait à quel point notre pays est particulièrement investi dans le développement de la voiture électrique.

Outre les aides à l’achat particulièrement généreuses, comme le bonus écologique et le leasing social, la France est une terre d’électriques. Elle assure la production de plusieurs modèles de Renault et Stellantis, dont la R5 E-Tech ainsi que la Peugeot e-308. De plus, les immatriculations commencent enfin à augmenter de manière visible sur le territoire. Au mois de novembre 2025, les ventes ont grimpé de 47 % par rapport à la même période en 2024.
Une croissance notamment portée par le leasing social, qui permet à cette motorisation d’atteindre une part de marché de 26 %. On comprend donc pourquoi le gouvernement français ne veut pas faire marche arrière. Et désormais, il va tout faire pour défendre ses intérêts lors de débats au Parlement européen. Car pour l’heure, la fin de l’interdiction du thermique reste une proposition et doit encore être officiellement votée. Et un responsable indique que pour la France, « les négociations ne font que commencer ».
Un autre grand perdant
Car si Renault s’en sort gagnant, notamment grâce à la création de la catégorie M1E favorisant les petites voitures électriques, cette décision risque de mettre en difficulté le groupe Stellantis. Un porte-parole du groupe avait indiqué que « la proposition de loi globale ne favorise pas la production de véhicules abordables pour la grande majorité des clients ».
Mais un autre constructeur risque de particulièrement pâtir de cette décision. Il s’agit de Tesla, dont la situation est déjà fragile depuis plusieurs mois. Car la firme tire pour mémoire une grande partie de ses revenus de la vente de crédits carbone.
Or, si l’Europe assouplit les règles concernant les voitures thermiques, les marques auront moins besoin d’avoir recours à ce tour de passe-passe légal. Ce qui devrait constituer un immense manque à gagner pour la firme américaine. Car les crédits deviendront moins indispensables et perdraient de leur valeur. Et ce alors que des géants tels que Toyota, Stellantis ou encore Ford y avaient recours. Et ce n’est pas tout, car Tesla ne pourra même pas bénéficier de la nouvelle catégorie M1E. Car sa seule voiture électrique produite en Europe, la Model Y, reste trop grande pour en faire partie.

De plus, cette décision de Bruxelles pourrait également laisser la porte ouverte aux constructeurs chinois. Car le risque désormais, c’est que les marques européennes réduisent leurs investissements dans l’électrique, au profit des moteurs à combustion.
Ce qui permettrait aux constructeurs de l’Empire du Milieu de prendre de l’avance. Car s’ils sont décrits comme perdants avec cette nouvelle mesure puisqu’ils ne produisent pas encore massivement leurs voitures en Europe, ils pourraient finir gagnants vu le nombre de projets d’usines en cours.
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