Voiture électrique : pourquoi Nio refuse catégoriquement l’hybride et les prolongateurs d’autonomie

 
Nio n’est pas intéressé par la voiture électrique à prolongateur d’autonomie. A la place, le constructeur chinois veut plutôt miser sur l’échange de batterie.
Nio ES9 // Source : Nio

L’autonomie reste le cheval de bataille de la plupart des constructeurs automobiles. Et ce alors que c’est le point qui dissuade encore le plus les conducteurs, avec le prix. Les marques optent pour diverses stratégies afin de régler ce problème. Certaines veulent proposer des batteries toujours plus grosses, tandis que d’autres choisissent une autre solution.

Parmi elles, on peut notamment citer le prolongateur d’autonomie. Ce dernier se compose d’une batterie et d’un moteur électrique. Le tout est aussi associé à un bloc thermique.

Toutefois, celui-ci n’est pas relié aux roues et joue seulement le rôle d’un générateur pour recharger l’accumulateur. Sur le papier, cette alternative est très maline. Mais elle ne séduit pas tous les constructeurs, bien au contraire.

C’est par exemple le cas de Nio. La firme chinoise, qui a connu un parcours financier chaotique ces dernières années, vient de confirmer son orientation, dans le cadre de la conférence Future Automotive Pioneers. C’est dans ce contexte que son patron et fondateur William Li a pris la parole, relayé par Gasgoo.

Nio ET7 // Source : Nio

Et ce dernier est on ne peut plus clair. Il a fermé une bonne fois pour toutes la porte aux voitures électriques à prolongateur d’autonomie. Pourtant, cette technologie est plébiscitée par certains de ses rivaux en Chine, dont Leapmotor. Mais pour le moment, le CEO n’a pas expliqué clairement la raison de son choix. On sait toutefois que cette motorisation est fortement pénalisée en Europe sur le plan fiscal. Ce qui pourrait en partie expliquer cette stratégie.

Une autre direction pour Nio

Par ailleurs, le constructeur rejette également l’idée de proposer des hybrides rechargeables, contrairement à son rival BYD. Pour mémoire, celui-ci mise sur cette motorisation afin de contrer les droits de douane en Europe. Mais que prévoit Nio à la place, tandis qu’il a aussi fait marche arrière sur sa grande batterie semi-solide capable d’offrir 1 000 kilomètres d’autonomie ? Et bien la firme chinoise veut à la place mettre l’accent sur l’échange de batterie.

Le contexte économique pèse aussi dans la balance. Nio vient d’enchaîner deux trimestres consécutifs de rentabilité (T4 2025 et T1 2026) et William Li a profité de la conférence pour assumer un choix d’investissement massif sur l’échange de batterie, sans chercher à rentabiliser chaque station à court terme. Le constructeur revendique aujourd’hui 3 729 stations et plus de 100 millions d’échanges cumulés depuis le lancement du service en mai 2018.

Un mot sur l’Europe, où la stratégie d’échange de batterie patine. Nio compte une soixantaine de stations sur le continent fin 2025 et la direction européenne a confirmé qu’aucune nouvelle station ne serait ouverte dans la région en 2026 : la totalité des 1 000 inaugurations annoncées se fera en Chine. Une station danoise a même été fermée fin 2025, une première depuis l’arrivée de la technologie en Europe.

Une technologie déjà bien éprouvée par le constructeur, qui a même fait son chemin jusqu’en Europe. Elle permet de recharger intégralement une voiture électrique en moins de trois minutes, le tout de manière totalement autonome. Et ce grâce à des stations dédiées, déjà déployées massivement en Chine (plus de 3 700 stations) et, à plus petite échelle, dans quelques pays européens et aux Émirats arabes unis. Nio veut accélérer dans ce domaine, et prépare l’ajout de 1 000 nouvelles stations d’ici à la fin de l’année 2026.

Nio ES9 // Source : Nio

En parallèle, le constructeur veut concentrer ses efforts sur la recherche et développement pour ses technologies sous-jacentes. Et notamment les puces électroniques ainsi que les systèmes d’exploitation pour son battery swapping (échange de batterie). Enfin, le patron de Nio indique fermer la porte au développement d’un monospace (MPV) au cours des prochaines années. Et ce alors que la gamme propose déjà le grand SUV ES9 au sein de son catalogue.


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