Le retour du moteur essence pour sauver la voiture électrique ? La stratégie étonnante des constructeurs avec les prolongateurs d’autonomie

 
De plus en plus de constructeurs optent pour les voitures électriques à prolongateur d’autonomie. Cette motorisation pourrait gagner du terrain, malgré de très sérieux inconvénients, notamment financiers.
Leapmotor C10 // Source : Leapmotor

On le sait, l’Union européenne souhaite assouplir ses règles pour 2035 et de ne plus interdire la vente de voitures thermique. En parallèle, les immatriculations d’électriques continuent de progresser, mais pas vraiment au rythme espéré. Alors, les constructeurs décident peu à peu d’abandonner leur objectif de ne plus vendre que des autos de ce type. C’est par exemple le cas de Ford, Volvo ou encore du groupe Stellantis. En parallèle, certains misent désormais sur l’hybride, tandis que d’autres croient à une autre alternative.

Il s’agit des voitures électriques à prolongateur d’autonomie, qui sont de plus en plus plébiscitées en Chine notamment. Sur le papier, le principe est très simple. Un petit moteur thermique est ajouté en complément du bloc électrique et fait office de générateur pour recharger la batterie. De ce fait, il n’est pas relié aux roues et ne sert en aucun cas à faire avancer le véhicule. Mais il permet de faire grimper l’autonomie, qui peut parfois dépasser les 1 000 kilomètres grâce à cette technologie.

Le moteur du Leapmotor C10 en version REEV

Et celle-ci est de plus en plus prisée, comme l’indique le site Automotive News Europe. C’est le cas en Chine depuis quelques années, mais elle commence tout doucement à faire aussi son arrivée en Europe. Par exemple, Leapmotor propose déjà une version REEV de son C10, que nous avions pu essayer.

Et Volkswagen aussi envisage d’introduire cette alternative sur le Vieux Continent, alors qu’elle va en premier lieu la lancer dans l’Empire du Milieu, notamment avec sonID. Era 9X. Même chose pour Audi, qui prépare un modèle à prolongateur d’autonomie.

Une part de marché prometteuse

Mais ce n’est pas tout, car même les marques françaises s’intéressent de très près à cette technologie. C’est par exemple le cas de Renault, qui a développé un petit moteur aux côtés de Geely, dans le cadre de leur co-entreprise Horse. Ce dernier pourra notamment être utilisé en tant que prolongateur d’autonomie sur de prochaines voitures électriques. Enfin, BMW teste déjà cette technologie sur son iX5, avec un lancement potentiel dès 2026. Car le potentiel de cette motorisation serait très fort selon certains spécialistes du secteur.

Pour aller plus loin
Voitures électriques à prolongateur d’autonomie (REEV / EREV) : avantages et inconvénients de cette technologie

C’est le cas de Stefan Bratzel, directeur du Centre de gestion automobile. Ce dernier estime qu’il « pourrait y avoir un créneau en Europe […] avec une part de marché de 5 à 10 % dans les cinq à dix prochaines années ». Même son de cloche du côté de Harry Husted, directeur technique de BorgWarner, qui indique que « cette architecture séduit de plus en plus les consommateurs ». Il faut dire que sur le papier, elle offre le meilleur des deux mondes. Mais dans les faits, c’est un peu différent.

Crédit : Volkswagen

Certes, leur batterie plus petite permet de réduire les coûts de production, jusqu’à environ 6 000 dollars. Mais attention, car actuellement, les autos à prolongateur d’autonomie sont soumises aux droits de douane en Europe. Et en France, elles sont exclues du bonus écologique mais sont concernées par le malus sur les émissions et sur le poids. Une taxation qui risque de dissuader les clients, sauf si les pouvoirs publics changent leurs règles.

De plus, certaines marques comme Mercedes ont renoncé, en raison d’une complexité forte et de coûts élevés. Le tout sans réel avantage à long terme. Surtout, l’entretien est plus coûteux, les consommations plus élevées, etc. comme nous le relatons dans notre dossier dédié.


Recherche IA boostée par
Perplexity