
Si les ventes de voitures électriques continuent de progresser, les détracteurs restent encore nombreux. Mais plus que les réels opposants à cette motorisation, beaucoup de conducteurs ne sont simplement pas encore tout à fait prêts à sauter le pas. Et bien souvent, la raison est liée au prix ainsi qu’à l’autonomie.
Une perte réellement catastrophique ?
Il faut dire qu’une grande partie des automobilistes a encore très peur de se retrouver à court de batterie durant leur trajet. Une crainte qui est toutefois de moins en moins justifiée au fil des années, grâce aux progrès sur les bornes et les batteries. Mais cet argument contre la voiture électrique a encore la dent dure, et tout particulièrement en hiver. On dit en effet souvent que l’autonomie chute drastiquement à mesure que les températures baisses. C’est vrai, comme l’ont déjà confirmé de nombreuses études.
Mais voilà que Le Figaro nous indique qu’une auto zéro-émission (à l’échappement) peut perdre entre 30 et 50 % de son autonomie en hiver. Le média explique notamment qu’une propriétaire de BMW i3 est passée de 190 kilomètres à seulement 130 kilomètres entre dimanche et lundi seulement. Des chiffres alarmants, qui créent la peur chez les conducteurs déjà frileux sur l’électrique. Mais dans les faits, est-ce réellement aussi grave que cela ? C’est ici que les données concrètes entrent en jeu.


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C’est ce que confirme Julien Ohayon, PDG de Kissgroup, une entreprise spécialisée dans le cloud. Ce dernier a mené l’enquête afin de vérifier les propos du média. Pour cela, il a comparé la consommation réelle de sa Tesla Model Y Grande Autonomie Propulsion sur plus de 30 000 km par rapport à une météo idéale, avec une température de 20°C. Il a ensuite croisé deux facteurs : la vitesse (ville et autoroute) ainsi que la température (de -5 à 35°C). De quoi obtenir des données sur un large spectre d’usages.
Qu’est-ce qu’on y apprend ? En fait, les chiffres sont en réalité nettement moins alarmants que ceux du Figaro. Et contrairement à ce que nous pourrions croire, ce n’est pas sur l’autoroute que la consommation explose le plus, mais en ville, à une vitesse de 30 km/h en moyenne. Dans ce cas, cette dernière est en hausse de 60 à 70 % lorsqu’il fait -5 degrés. En revanche, la surconsommation est stable, entre 20 et 25 % seulement sur l’autoroute à 130 km/h.
Des chiffres à nuancer
Alors, oui, la consommation des voitures électriques augmente par temps froid. Mais déjà, il faut que la température soit de -5°C, ce qui reste relativement rare en France. De plus, Julien Ohayon apporte une nuance très importante. Il précise qu’il est normal de consommer beaucoup en roulant au pas par ce temps. Car dans ce cas, c’est surtout le chauffage qui fait fondre l’autonomie, car l’énergie n’est pas utilisée pour réellement avancer. Et sur les voies rapides, la perte ne serait en fait que de 20 % à -5 degrés.
En parallèle, l’auteur de l’étude a aussi testé ce que cela donnerait par temps de canicule, à une température de 35 degrés. Dans ce cas, c’est là encore surtout en ville que la consommation a tendance à augmenter. Et là encore, car la climatisation fait flamber cette dernière, sans que la voiture n’avance beaucoup. Nous avions d’ailleurs montré que celle-ci fait partie des éléments qui consomment le plus sur une voiture électrique, tout comme le chauffage. Et contre toute attente, la consommation chute à 130 km/h par 35 degrés.

La raison est simple : l’air chaud est moins dense que l’air froid, et la voiture fait donc face à une résistance réduite. Et si la climatisation continue de peser dans la consommation, le gain aérodynamique permet de compenser ce phénomène.
Si on prend encore plus de recul dans un pays vraiment froid, on peut se pencher sur les tests « grandeur nature » du média norvégien motor.no : le dernier en date comparait 24 voitures électriques différentes, et le pire élève (le Peugeot E-3008) ne voyait son autonomie chuter « que » de 31 % sur un parcours type.

Alors oui, une voiture électrique consomme effectivement plus dans certains cas, ce n’est pas une généralité et les chiffres doivent être pris avec des pincettes. De plus, la différence dépend des modèles, comme nous l’avions récemment expliqué dans un article.
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