« 3 ans de retard » : voici la condition pour que l’Europe dépasse la Chine dans le domaine des voitures électriques

 
Selon l’ONG Transport & Environment, l’Europe n’a que trois ans de retard sur la Chine concernant les ventes de voitures électriques. Le Vieux Continent pourrait rattraper son rival, à condition d’accélérer la transition vers cette motorisation.
Peugeot e-308 // Crédit : Peugeot

Les ventes de voitures électriques continuent d’accélérer en Europe, et ce fut tout particulièrement le cas en 2025. Elles ont atteint une part de marché de 17,4 %, avec un total de 1 880 370 exemplaires écoulés. C’est évidemment bien mieux qu’il y a quelques années, mais ce n’est pas parfait non plus. Et surtout, le Vieux Continent reste tout de même largement à la traîne face à la Chine. Aujourd’hui, l’Empire du Milieu contrôle une grande partie de la filière, que ce soit les matières premières ou la production des VE.

Ainsi, certains experts estiment que l’Europe ne peut tout simplement pas rivaliser. Mais ce n’est pas l’avis de l’organisation Transport & Environment, qui pense le contraire. Dans un rapport tout juste publié, celle-ci explique au contraire que l’Union européenne n’a « que trois ans de retard »par rapport à la Chine. Certes, cela peut sembler beaucoup, mais il n’en est rien. Et ce alors que l’ONG rappelle que notre continent « obtient de meilleurs résultats qu’on ne le pense ».

Nous pourrions rapidement combler notre retard face à Pékin, mais cela ne se fera pas sans quelques ajustements. Car pour mémoire, la Chine et l’Europe étaient à égalité en 2020, mais cette dernière s’est finalement laissée distancer. La raison ? Selon T&E, cela a directement un rapport avec « la faiblesse des normes européennes en matière d’émissions de CO2 pour les voitures après 2022 ». En somme, la seule manière de rivaliser avec l’Empire du Milieu serait de durcir la réglementation.

Reprendre la tête de la course ?

Pour l’organisation, l’Europe peut tout simplement reprendre la tête de la course à la voiture électrique. Mais à condition de mettre en place « des politiques adaptées ». C’est ce qu’explique William Todts, directeur exécutif de T&E. Ce dernier rappelle que « le discours de l’industrie selon lequel nous sommes trop loin derrière la Chine et qu’il faut assouplir la réglementation sur les émissions de CO2 des voitures pour l’aider à être compétitive est fondamentalement erroné. » Pour lui, il faut au contraire durcir les normes.

Pourtant, l’Union européenne a décidé de finalement autoriser la vente de véhicules thermiques en 2035, revenant ainsi sur sa décision. Pourtant, il est indispensable de faire en sorte que les électriques s’imposent durablement. Le directeur rappelle que « nous devons accélérer, et non capituler. » Il explique que les efforts des pays où les ventes des VE sont importantes sont contrebalancés par « une augmentation des émissions dans des pays où les ventes de véhicules électriques restent bien trop faibles ».

Photo Yannick Brossard / DPPI

De plus, il est aussi très important d’accroître la production de voitures et de batteries sur notre sol. Cela alors que la Chine assure 60 % de la fabrication des VE vendus dans le monde. Sa production d’accumulateurs est également 20 fois supérieure au Vieux Continent. C’est notamment pour cela que Bruxelles veut inciter les entreprises à fabriquer sur place, grâce à des incitations financières. Actuellement, il faut tout de même savoir que sept véhicules électriques sur dix vendus en Europe y sont produits. Mais il faudrait aller encore plus loin.


Rejoignez-nous de 17 à 19h, un mercredi sur deux, pour l’émission UNLOCK produite par Frandroid et Numerama ! Actus tech, interviews, astuces et analyses… On se retrouve en direct sur Twitch ou en rediffusion sur YouTube !

Recherche IA boostée par
Perplexity