
Parmi les accords les plus « loufoques » de l’industrie auto, on retrouve celui entre Stellantis et Jaguar Land Rover, un accord que l’on n’a pas forcément vu venir.
Le groupe britannique veut faire grossir ses activités américaines jusqu’à atteindre, à terme, la taille de l’ensemble de son business actuel. L’ambition est énorme, presque déraisonnable sur le papier, mais elle s’appuie sur une réalité tangible : au premier trimestre, l’Amérique du Nord est devenue le premier marché du groupe avec 28 155 livraisons, soit 30 % de ses ventes mondiales. La Chine, elle, ne pèse plus que 6,7 %. Comme beaucoup, pour ne pas dire la majorité des constructeurs, Jaguar Land Rover souffre en Chine.
Reste à savoir si ce pari sur le pouvoir d’achat américain (44 % des voitures vendues aux États-Unis dépassent 50 000 dollars, tout de même) tiendra la distance si la conjoncture se retourne. Miser autant sur un seul marché, aussi riche soit-il, n’est jamais sans risque.
Un Defender assemblé aux États-Unis grâce à Stellantis
Le point le plus concret de cette nouvelle stratégie reste l’accord avec Stellantis qui, comme tout le monde en ce moment, cherche à faire quelques économies.

L’idée ? Produire un Defender dédié au marché américain, potentiellement dans une usine Stellantis sous-utilisée outre-Atlantique. Rien n’est officiellement tranché, mais le calcul économique est simple comme bonjour.
À noter tout de même : cet accord n’est encore qu’un protocole d’intention non contraignant, signé en mai 2026 entre les deux groupes. Aucune usine n’a été officiellement retenue, même si la presse américaine évoque des sites Stellantis en Amérique du Nord, comme l’usine de Toledo dans l’Ohio, qui produit déjà des Jeep. Autrement dit, le projet peut encore ne jamais déboucher sur un véhicule.
Le Defender actuel, fabriqué à Nitra en Slovaquie, subit désormais des droits de douane qui ont grimpé de 2,5 % à 15 % depuis les mesures commerciales de l’administration Trump. Localiser la production sur place permettrait tout simplement d’éviter cette taxe.
C’est un peu ironique de voir un SUV aussi identitaire, aussi « britannique » dans son storytelling, potentiellement assemblé dans une usine américaine gérée par un groupe franco-italo-américain.
Retour discret des motorisations thermiques
Autre signal révélateur de la période : JLR assouplit sa feuille de route électrique pour l’Amérique du Nord. Profitant du relâchement des normes d’émissions et de l’abandon de certaines obligations sur les véhicules électriques outre-Atlantique, le groupe va réintroduire davantage de motorisations thermiques et hybrides.
La plateforme EMA, conçue au départ pour des modèles électriques de taille moyenne, accueillera donc aussi des variantes hybrides.

Le premier modèle sur cette base sera un nouveau Range Rover, sorte d’héritier du Velar avec une silhouette plus basse, attendu d’ici la fin d’année.
Suivra un Defender compact, décliné en versions électrique et hybride. Jaguar, en revanche, ne dévie pas de son virage 100 % électrique, avec la berline Type 01 toujours annoncée avant la fin de l’année. Un modèle décrié à la présentation de son concept-car, certes, notamment en termes de design, mais qui est aujourd’hui à relativiser après la présentation de la Luce de Ferrari, particulièrement clivante à ce niveau.
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