Les voitures électriques sont plus fiables que les essence et diesel au-delà de 100 000 km : 47 millions de contrôles techniques passés au crible

 
Une nouvelle étude commandée par la BVRLA, l’association britannique des loueurs et sociétés de leasing, compare le taux d’échec des voitures électriques et thermiques au contrôle technique outre-Manche. À faible kilométrage, les deux font jeu égal, mais passé 96 000 kilomètres, les électriques sont nettement moins souvent recalées.

Les automobilistes sont de plus en plus enclins à passer à la voiture électrique, et les chiffres le prouvent. En août 2026, cette motorisation a atteint le niveau record de 38,2 % des ventes de voitures neuves en France (30 % sur les huit premiers mois de l’année).

Cependant, certains points peuvent encore en dissuader une grande partie. Parmi eux, on peut citer le prix, mais aussi l’autonomie. D’autres s’inquiètent encore de la fiabilité après plusieurs années, qu’il s’agisse de la batterie ou du reste de la voiture. Pourtant, de nombreuses études rassurantes ont déjà vu le jour sur le sujet.

Une nouvelle étude va dans le même sens, et place même les VE devant les modèles essence et diesel une fois passé un certain kilométrage. Commandée par la British Vehicle Rental and Leasing Association (BVRLA), qui fédère les loueurs et sociétés de leasing britanniques, elle a été réalisée par l’organisme de recherche indépendant New AutoMotive.

Elle porte sur les résultats du MOT, l’équivalent britannique du contrôle technique. Au total, 47,4 millions de contrôles réalisés entre juillet 2024 et juillet 2026 ont été analysés, à partir des données officielles de la DVSA, l’agence britannique chargée du contrôle des véhicules. Puis, les équipes ont comparé les modèles à âge et kilométrage similaires.

Cette étude tord le cou à une vieille règle du marché de l’occasion, selon laquelle une voiture qui a beaucoup roulé a plus de risques d’être recalée. Du moins pour les électriques. Certes, à faible kilométrage (entre 32 000 et 64 000 kilomètres), les modèles essence font un peu mieux, avec 11,7 % d’échec, contre 12 % pour les VE. Mais à mesure que le kilométrage augmente, la tendance s’inverse drastiquement.

Une très nette différence

À partir d’environ 96 000 kilomètres, les voitures électriques font bien mieux que leurs équivalents à combustion. Le taux d’échec des VE se stabilise autour de 16 %, tandis que celui des modèles essence et diesel continue d’augmenter. L’écart se creuse entre 145 000 et 193 000 kilomètres. Sur les voitures de 3 à 8 ans, 22,1 % des modèles essence (et 21,2 % des diesel) sont recalés, contre seulement 16,5 % des autos zéro émission (à l’échappement). Au-delà de 193 000 kilomètres, l’écart grimpe à 7,5 points, avec 16 % d’échec pour les électriques contre 23,5 % pour les essence.

Sans ce double critère de l’âge et du kilométrage, le résultat serait inverse. À âge égal seulement, les électriques de 3 à 12 ans sont recalées 1,6 à 2,3 points plus souvent que les essence. Elles roulent pourtant davantage, notamment parce qu’elles passent souvent leurs premières années dans des flottes d’entreprise ou de location. Lors de leur premier contrôle, à 3 ans, elles affichent en médiane 27 072 miles au compteur (environ 43 600 kilomètres), contre 20 499 miles (environ 33 000 kilomètres) pour les essence. Comparer des voitures de même âge et de même kilométrage corrige ce biais.

Les chercheurs ont aussi vérifié si les voitures revenaient au contrôle dans les 30 mois suivants. À 15 ans, c’est le cas de 94,6 % des électriques, contre 88,1 % des essence. Le taux de sortie de la circulation (casse, export ou retrait déclaré de la route) est donc de 5,4 % pour les électriques, contre 11,9 % pour les essence. Tout n’est pas rose pour autant. Les VE présentent 1,8 fois plus de défauts liés aux pneus que les voitures essence.

BYD Dolphin Surf // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Les auteurs de l’étude l’expliquent par le poids des batteries et le couple disponible immédiatement, qui usent la gomme plus vite. Le problème touche surtout les premières électriques dérivées de modèles thermiques, comme la Volkswagen e-Golf ou le Nissan e-NV200, bien moins celles conçues d’emblée pour l’électrique, comme la BMW i3 ou la Hyundai Ioniq Electric.

En revanche, malgré leur poids, les électriques ne connaissent pas plus de défauts de suspension. Elles font même mieux que les essence, avec 4,7 défauts pour 100 contrôles contre 6,1 entre 96 000 et 145 000 kilomètres. De plus, le freinage régénératif permet de faire baisser le taux d’échec lié au système de freinage.

BMW i3 // Source : BMW

Ce bénéfice a toutefois un revers avec l’âge. Le freinage régénératif ménage les freins des VE qui roulent beaucoup (2,2 défauts pour 100 contrôles au-delà de 145 000 kilomètres, contre 6,5 pour les essence). Mais sur les électriques anciennes qui roulent peu, les disques et étriers, rarement sollicités, finissent par rouiller. À kilométrage modéré, les VE de 10 à 11 ans comptent ainsi 11,2 défauts de freins pour 100 contrôles, contre 9,8 pour les essence.

Deux limites, enfin. Les hybrides affichent des taux d’échec encore plus bas que les électriques dans chaque tranche de kilométrage (13,6 % entre 145 000 et 193 000 kilomètres), et les auteurs précisent que l’étude ne vise pas à désigner une motorisation plus fiable que les autres. Surtout, le contrôle technique ne mesure pas l’état de santé de la batterie. Pour Toby Poston, directeur général de la BVRLA, un kilométrage élevé ne doit pas à lui seul décourager l’achat d’un VE d’occasion, mais l’historique, les pneus et l’état de la batterie restent à vérifier avant de signer.


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