Internet par satellite et les méga-constellations : 100 000 clients pour Starlink, OneWeb ressuscite et place 34 nouveaux satellites

 

L'Internet par satellite se développe à vitesse grand V depuis que des projets de méga-constellations sont financés à coups de milliards d'euros chez SpaceX, Amazon mais aussi OneWeb. Elon Musk a annoncé le cap des 100 000 clients Starlink franchi, tandis que OneWeb a repris son déploiement de satellites.

Internet par satellite et les méga-constellations : 100 000 clients pour Starlink, OneWeb ressuscite et place 34 nouveaux satellites

StarLlink se développe à vitesse grand V. Elon Musk a profité d’une nouvelle étape franchie pour communiquer sur son service d’accès à Internet par satellite pour annoncer le cap des 100 000 clients franchi et la couverture de 14 pays. En France, vous pouvez vous abonner au service Starlink. Pour rappel, cela nécessite 500 euros de matériels ainsi qu’un abonnement sans engagement à 99 euros/mois.

SpaceX a lancé Starlink en en version bêta à la fin de l’année 2020. Vous pouvez voir à quoi ressemble le terminal dans l’image ci-dessus, qui montre une antenne installée sur le toit d’une école au Chili.

Starlink a donc enregistré 10 000 abonnements en un mois, Elon Musk avait déjà partagé l’information que 90 000 clients avaient trouvé preneur en juillet dernier. Starlink a déjà une constellation de 1 800 satellites, mais l’objectif est d’en déployer 42 000 pour couvrir la Terre entière. Même si l’objectif est d’atteindre un débit de 1000 Mbit/s, les premiers clients profitent déjà d’une connexion à 100 Mbit/s.

OneWeb, une alternative à Starlink

Alors qu’Elon Musk a choisi une orbite de 550 kilomètres avec une inclinaison orbitale de 53° pour ses satellites, un concurrent est en train de déployer également des satellites en orbite basse. OneWeb positionne ses satellites à 1 200 kilomètres au-dessus de nos têtes avec une inclinaison orbitale à 87,9°. OneWeb a été le premier, des nombreux projets de méga-constellations, à être partiellement déployé.

La fusée russe Soyouz, opérée par l’européen Arianespace

La fusée russe Soyouz, opérée par l’européen Arianespace // Source : La Tribune

Pas plus tard que la semaine dernière, à la mi-août 2021, un nouveau lancement est venu du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. C’est la neuvième mission de OneWeb, qui prévoit d’avoir 6 372 satellites pour terminer la deuxième phase du projet. Pour le moment, ce sont 288 satellites qui sont en orbite, sachant que vous avez besoin de 600 satellites environ pour couvrir la Terre entière. Le segment terrestre du projet comprend deux stations de contrôle et 50 stations passerelles réparties à la surface du globe terrestre pour assurer la liaison entre les satellites et les réseaux de télécommunications terrestres.

Le projet présente de gros risques financiers, et a été sauvé de la faillite en 2020. La société a été reprise par un consortium, dont le leader est le groupe Bharti Enterprises (PDG Sunil Mittal) associé à l’État britannique qui a injecté un milliard de dollars. OneWeb promet un accès à Internet à 50 Mbit/s dans les zones qui ne sont pas couvertes par du très haut débit.

Une pollution lumineuse importante et le syndrome Kessler

Avec ses dizaines de milliers de satellites au-dessus de nos têtes, 42 000 prévus pour Starlink de SpaceX, plus de 3000 pour Amazon Kuiper, plus de 2000 pour OneWeb, cela pose le problème de la pollution lumineuse spatiale du ciel nocturne.

Lorsque tous les satellites seront déployés, une centaine seront visibles dans le ciel à tout instant, plus brillants que Sirius. Vue de la Terre, Sirius est l’étoile la plus brillante du ciel après le Soleil, dépassant Canopus et Arcturus. Elle fait partie de la catégorie des étoiles blanches.

De plus, ces satellites font craindre la multiplication du nombre potentiel des débris spatiaux susceptibles d’être générés. On parle du syndrome de Kessler, un scénario envisagé en 1978 par la NASA dans lequel le volume des débris spatiaux en orbite basse dû à la pollution spatiale atteint un seuil au-dessus duquel les objets en orbite sont fréquemment heurtés par des débris, et se brisent en plusieurs morceaux, augmentant du même coup et de façon exponentielle le nombre des débris et la probabilité des impacts.

Au-delà d’un certain seuil, un tel scénario rendrait quasi impossible l’exploration spatiale et même l’utilisation des satellites artificiels pour plusieurs générations.

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