L’Arcep va mesurer l’impact écologique d’Internet en France

 

L'Arcep a annoncé dans son rapport sur l'état d'Internet en 2019 qu'elle allait désormais évaluer l'impact écologique du réseau auprès des différents opérateurs.

L'Arcep veut évaluer le bilan écologique d'Internet en France

L’Arcep veut évaluer le bilan écologique d’Internet en France

À l’occasion de la remise de son rapport sur l’état d’Internet en France en 2019, l’Arcep s’est montrée préoccupée par l’impact environnemental du numérique. Le gendarme des télécoms souhaite ainsi mettre en place un futur « baromètre vert » sur l’empreinte environnementale des réseaux, des terminaux et des usages.

Dans son rapport, l’autorité donne déjà quelques pistes, notamment la différence de consommation énergétique entre la fibre et l’ADSL : « un acteur a indiqué que la fibre consomme en moyenne un peu plus de 0,5 watt (W) par ligne, soit trois fois moins que l’ADSL (1,8 W) et quatre fois moins que le RTC (2,1 W) sur le réseau d’accès ».

Par ailleurs, selon l’Arcep, la principale source d’émission de gaz à effets de serre des opérateurs est la consommation électrique des réseaux, mais d’autres sources sont à évaluer comme les centres de données ou la fabrication des appareils. L’impact environnemental du numérique est ainsi supporté à 20 % par les consommateurs, à 19 % par les data centers, à 16 % par l’utilisation du réseau, à 17 % par la production d’ordinateurs, à 11 % par celle de smartphones et à 11 % par celle des téléviseurs. Les appareils seraient ainsi responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effets de serre, dont 80 % au moment de leur fabrication.

Des conseils avant une évaluation complète

Afin de mieux évaluer cet impact numérique, l’Arcep annonce avoir lancé le 6 avril dernier une première collecte d’informations auprès des opérateurs pour mesurer l’impact environnemental du réseau Internet et des terminaux utilisés. D’ici la remise de ces informations, l’autorité administrative se contente de proposer quelques solutions afin de limiter l’impact environnemental du numérique.

Cela passerait notamment par le fait de choisir le réseau le moins énergivore en fonction de ses usages, en optant pour la fibre plutôt que le cuivre, le Wi-Fi plutôt que la 4G ou le téléchargement en avance des données en Wi-Fi plutôt que le streaming en 4G. Une autre piste envisagée par l’Arcep consiste simplement à éteindre sa box Internet la nuit ou en cas d’absence, réduire la définition des vidéos en streaming ou limiter le nombre de pièces jointes envoyées dans les mails. Enfin, l’autorité administrative recommande également de ne changer d’appareil que lorsque le précédent n’est plus fonctionnel et de préférer les appareils recyclés à ceux neufs.

Il faut dire que l’Arcep n’est pas le seul acteur public à s’interroger sur les conséquences écologiques du numérique en France ces derniers temps. Un groupe de sénateurs a en effet remis ce mercredi un rapport de 70 pages alarmant sur l’empreinte environnementale du numérique qui pourrait passer de 2 % des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui à 7 % dans 20 ans.

L’Arcep a rendu public ce jeudi son rapport sur l’état de l’Internet en France en 2019. L’autorité revient notamment sur les plus gros fournisseurs de contenus, Netflix en tête.
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