Derrière ce titre qui transpire le sensationnalisme, nous avons souhaité nous interroger sur un sentiment qui s’est largement exprimé dans les commentaires ces dernières heures : Android Oreo est-il réellement à la hauteur de nos attentes ?


Android commence à prendre de l’âge, puisqu’il va souffler ses 10 bougies dans quelques semaines. Durant cette période, pas moins de 26 versions majeures se sont succédé à des rythmes parfois effrénés (plusieurs versions d’Android certaines années !).

Android commence à prendre de l’âge, puisqu’il va souffler ses 10 bougies dans quelques semaines.

Les plus téméraires auront pu observer des nouveautés qui se sont multipliées, sans jamais ou presque, lever une quelconque grogne des utilisateurs. Mais Android Oreo est un peu différent…

Le système d’exploitation développé par Google est désormais mature et il devient bien plus difficile d’éveiller un sentiment de révolution permanente. Pourquoi ? Puisque les attentes principales des utilisateurs sont remplies depuis une ou plusieurs versions déjà. Google est donc dans l’obligation d’innover en permanence pour surprendre.

Un premier coup d’oeil sur Android Oreo ?

Inutile d’y aller par quatre chemins, quand on ouvre un cadeau, on distingue le plus visible au premier coup d’oeil.

De cette manière, si on prenait un bloc-note, après avoir démarré un téléphone sur Android O, on y observerait rapidement :

  • une application Paramètres complètement revue (c’était mieux avant)
  • des nouveaux emojis (c’était mieux avant)
  • des notifications multimédia
  • un launcher qui affiche des icônes avec des formes différentes
  • des nouvelles animations

Android 8.0 dans toute sa gaieté

Et c’est à peu près tout…

J’oubliais : le Picture-in-Picture. On lance alors YouTube pour le découvrir et… RIEN ! Google n’a toujours pas mis à disposition une fonctionnalité qui est pourtant attendue depuis des années sur sa plateforme d’hébergement de vidéos.

Un premier sentiment mitigé… qui se transforme peu à peu

Devant une telle première impression, on se demande alors si Google ne s’est pas reposé sur ses lauriers au cours de l’année passée. C’est au final lors d’une utilisation quotidienne que l’on découvre les gemmes que Google a semées un peu partout. On se rend alors compte qu’Android Oreo est avant tout une version venant peaufiner les détails, qui ne se révèlent qu’après une utilisation plus intensive.

Citons notamment la fonctionnalité d’Autofill, qui se révèle extrêmement pratique. Plus besoin de vous souvenir de vos mots de passe, la synchronisation avec Chrome est automatique (sans compter les gestionnaires de mot de passe comme Dashlane). L’essayer c’est l’adopter ! Il suffit de revenir sur une version antérieure d’Android pour se rendre compte que cette fonctionnalité est extrêmement appréciable.

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Continuons avec la tendance du moment et un système d’exploitation qui devient toujours plus intelligent. Deux exemples : la sélection pour le copier/coller prédit désormais le ou les mots que vous souhaitez surligner. Il en est de même pour la fameuse fonction de partage d’Android. L’intégration n’en est qu’à ses balbutiements, mais en fonction du contenu, les applications pertinentes seront mises en avant (et non plus par fréquence d’utilisation).

(…) la sélection pour le copier/coller prédit désormais le ou les mots que vous souhaitez surligner

De gros changements sont également au rendez-vous du côté des notifications. Android se met à la mode Inbox et permet de remettre à plus tard des notifications (maximum 2 heures). Une fonctionnalité à laquelle on devient très vite accroc. Ensuite, il ne faut pas oublier les notifications channels, mais trop peu d’applications l’implémentent aujourd’hui.

Enfin, on perçoit au quotidien quelques petites évolutions : un démarrage plus rapide, des mises à jour plus transparentes, des paramètres certes déroutants, mais plus compréhensibles pour le plus grand nombre…

Android Oreo est donc, à l’image de sa gourmandise, une version qui se déguste et offre ses saveurs avec le temps.

Le casse-tête

Mais ne nous voilons pas la face, Google domine le marché des smartphones et concentre ses efforts pour cette plateforme. Dès que l’on regarde les nouveautés pour les tablettes, les télévisions ou les montres connectées, la liste s’amincit à vue d’oeil. On le regrette, puisqu’il y aurait pourtant matière, mais les parts de marché modestes l’en dissuadent probablement !

ChromeOS avec applications Android

Par ailleurs, Google reste tiraillé entre Chrome OS, son système d’exploitation pour les ordinateurs qui permet d’exécuter les applications du Google Play, et Android. Le Samsung Chromebook Plus en est un parfait un exemple : à quoi bon vouloir une tablette, quand on peut avoir un produit encore plus complet ?

Le Samsung Chromebook Plus en est un parfait un exemple : à quoi bon vouloir une tablette, quand on peut avoir un produit encore plus complet ?

Entre frustration et les Pixels

Depuis Android 5.0 (Lollipop), Google a opté pour pour la publication de versions bêta (les Developer Preview, ou DP). Mais ce programme n’a guère porté ses fruits, puisque le sentiment de surprise a désormais disparu et le catalogue d’applications compatibles avec la dernière version reste toujours très mince le jour de la sortie officielle. Ne faudrait-il pas y apporter quelques modifications, voire le supprimer ?

Cela génère également un effet pervers, puisque certaines fonctionnalités testées sont retirées dans les versions finales. Par exemple, Android O semblait pouvoir permettre l’utilisation de thèmes… mais la nouveauté est rapidement passée à la trappe.

Si Google opte pour cette stratégie, c’est aussi parce qu’il doit en garder sous le coude. Jusqu’à présent chaque version majeure d’Android était systématiquement accompagnée d’un nouveau téléphone ou d’une tablette. Depuis Android 7.0 Nougat et l’arrivée des Pixels, Google se réserve un lot de fonctionnalités qu’il sort quelques semaines plus tard, sous la forme d’une version intermédiaire. C’était le cas l’année passée, avec les shortcuts (l’équivalent du Force touch sur iOS) qui n’ont été présentés que sur Android 7.1 avec les Pixel et Pixel XL. Il y a fort à parier que le même scénario se produise cette année, où la deuxième génération devrait rapidement pointer le bout de son nez (une 8.1 en vue ?).

Certaines fonctionnalités testées sont retirées dans les versions finales.

Le programme Nexus désormais clos, Google se distingue par sa gamme de Pixels, mais le matériel ne suffit pas. Le créateur d’Android doit aussi donner du temps, de ses ingénieurs Android, pour différencier la partie logicielle. Un casse-tête brillamment contourné pour la première itération de Pixels (exclusivité temporaire de certaines fonctions), mais qu’en sera-t-il cette année ?

Une stratégie qui vise le plus grand nombre

Vous le savez, le déploiement des dernières versions d’Android est très long, comparativement à ce que peut faire Apple. En général, il faut compter trois ans, entre la sortie d’une version et le fait qu’elle devienne majoritaire dans les statistiques.

Devant ce fait, Google ne cesse de rivaliser de stratégies pour réduire ce délai : fournir des versions le plus tôt possible aux différents éléments de la chaîne (fondeurs, constructeurs, opérateurs…), faire des mises à jour plus transparentes pour l’utilisateur avec un recours au Google Play…

Cibler la dernière version d’Android est donc une mauvaise idée, car le public est relativement restreint. De cette manière, Google opte pour un développement de ses outils par l’intermédiaire des Google Play Services (cette brique ô combien volumineuse, mais riche en fonctionnalités). Posséder la dernière version d’Android n’est donc plus une problématique, puisque Google vise le plus grand nombre et c’est par ailleurs cette stratégie que les éditeurs tiers utilisent.

Fournir un grand nombre de nouvelles APIs est donc crucial pour chaque nouvelle version d’Android, mais elles ne seront réellement exploitées que quelques mois ou années plus tard. Android Oreo semble une nouvelle fois obéir à cette règle.

Qu’en conclure sur Android Oreo ?

Android Oreo n’est donc pas une révolution, mais en attendions-nous réellement une ? Cette déclinaison est avant tout une version venant peaufiner certains détails. Et après quelques jours d’utilisation, le retour en arrière sera de plus en plus difficile.

Par ailleurs, à quoi bon attendre une nouvelle version d’Android, quand une grande partie des nouveautés sont aujourd’hui distribuées par l’intermédiaire des Google Play Services, c’est-à-dire également sur les versions antérieures ?

Android Oreo marque donc l’étape de la maturité pour un système qui va atteindre ses 10 ans dans quelques semaines. Aurait-il fallu numéroter cette version en 7.5 ? Probablement… Ce jalon va-t-il être une exception ou bien marquer un déclin sur le long terme ? Difficile de le prédire pour le moment.

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