Introduction

Le Samsung Galaxy S9 est certainement l’un des smartphones les plus attendus de cette année, et avec lui sa variante S9 Plus, similaire sur bien des points. Le constructeur sud-coréen a beaucoup à prouver cette année puisque le Galaxy S8, s’il n’était pas mauvais, n’a pas réussi à créer le réel engouement que l’on pouvait attendre d’un tel changement de génération qui initiait un nouveau design. C’est donc au Galaxy S9 de prouver que le design borderless sied parfaitement aux smartphones de la marque… mais en est-il capable ? Voici notre avis sur la question.

Mise à jour du 8 juin 2018 : Le prix du Galaxy S9 Plus ayant fortement baissé depuis sa sortie, nous remontons sa note de 7 à 8 sur 10 pour refléter son rapport qualité/prix actuel.

Les deux téléphones étant très proches, ce test est volontairement plus court que celui du Galaxy S9. Nous vous invitons à le lire également afin d’avoir un avis encore plus complet.

À lire sur FrAndroid : Test du Samsung Galaxy S9 : la déception, réimaginée

Fiche technique

Le Galaxy S9 Plus n’est pas seulement plus grand que le Galaxy S9. En plus d’avoir une diagonale d’écran passant de 5,8 à 6,2 pouces, il embarque également 2 Go de mémoire vive supplémentaires pour un total de 6 Go et un second capteur dorsal de 12 Mégapixels qui lui permet d’ajouter un zoom optique x2 au module principal qui brille déjà de son ouverture variable.

Modèle Samsung Galaxy S9 Plus
Version de l'OS Android 8.0
Interface Samsung Experience
Taille d'écran 6,2 pouces
Définition 2960 x 1440
Densité de pixels 529 ppp
SoC Exynos 9810 à 2,7GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Mali-G72 MP12
Mémoire vive (RAM) 6 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go, 128 Go, 256 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) Double capteur 12 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 8 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + ADP + aptX + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 3500 mAh
Dimensions 158,1 x 73,8 x 8,5 mm
Poids 189 grammes
Couleurs Bleu, Noir, Gris, Violet
Prix 729€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque.

Le design légèrement revu, mais pas totalement corrigé

En 2017, avec son Galaxy S8, Samsung a redéfini ce à quoi un smartphone devait ressembler. Le design n’était certes pas parfait, mais son aspect tout en rondeur, ses tranches incurvées et son ratio 18,5:9 le rendaient très agréable en main, plus encore que le LG G6 sorti juste avant lui.

On ne change pas une équipe qui gagne : le Galaxy S9 Plus reprend donc dans les grandes lignes l’esthétique de son prédécesseur, mais le perfectionne et en corrige les points les plus problématiques. Ainsi, les bordures horizontales sont légèrement plus fines, le capteur d’empreintes n’est plus excentré et préfère souligner les modules photo, tandis que les bords sont légèrement arrondis. Cela rend la prise en main un poil moins agréable, mais rend le téléphone bien plus stable entre des doigts maladroits, améliorant sa préhension. Au vu de son prix, on peut accepter très légèrement moins de confort pour l’assurance de ne pas le voir glisser et rebondir sur les pavés. Dans ces moments là, c’est toujours un peu le téléphone de Schrödinger dans notre tête, tant que l’on ne l’a pas ramassé, son écran est à la fois brisé et intact…

Il reste cependant quelques défauts à ce Galaxy S9 Plus. Tout d’abord, le capteur d’empreintes. Oui, il est mieux positionné, mais pas encore assez. Collé comme il l’est aux objectifs, il n’est pas rare de glisser son doigt sur ces derniers en tentant de déverrouiller son téléphone.

Et puis il y a ce bouton Bixby. Cette abomination de la nature sur laquelle on appuie régulièrement au cours de la journée en souhaitant baisser le volume ou capturer un screenshot… Cette excroissance qui repousse d’autant les boutons de volume vers le haut du combiné alors que celui-ci, avec ses 158,1 x 73,8 x 8,5 mm, est déjà bien assez grand pour rendre la tâche compliquée à ceux qui préfèrent l’utiliser à une seule main. Bref, ce bouton est gênant et n’importe quel utilisateur censé se doit de le désactiver (s’il est francophone en tout cas, en attendant que l’assistant soit entièrement compatible avec la langue de Molière). Notons par ailleurs que cette manipulation nécessite de se rendre dans les options de l’application… et donc de la configurer… et donc de se connecter avec son compte Samsung… pour ceux qui en ont un ; dans le cas contraire il est impératif d’en créer un.

En dehors de ces défauts, le S9+ reprend la fabrication de son ancêtre, avec ses deux faces en verre, plutôt salissantes, et son pourtour en aluminium. Le tout est censé être plus résistant que l’année dernière, mais des rayures sont déjà apparues en quelques jours. Et grande nouvelle : le port jack est toujours présent !

Dalle OLED dedans, très belle dehors

Depuis quelques générations, Samsung nous a habitué à équiper ses flagships des plus belles dalles OLED qui soient. Et c’est encore le cas ici avec un magnifique écran de 6,2 pouces d’une définition de 2960 x 1440 pixels… Au mieux, puisqu’à la sortie de la boite le téléphone est paramétré pour afficher du FHD+. Tout comme sur le Note 8, les bords sont légèrement plus doux que sur le S8 et encore aujourd’hui, alors que le borderless est devenu une norme, l’écran donne l’impression de recouvrir la totalité de la face avant, notamment grâce à ses rebords incurvés, sur lesquels il n’est pas rare d’appuyer par mégarde d’ailleurs.

Dans l’absolu, les changements restent minimes par rapport au Galaxy S8, qui avait alors déjà un excellent écran. On retrouve les contrastes infinis de l’OLED, des angles de vision excellents et une bonne luminosité de 400 cd/m² mesurée par notre sonde. L’écran peut normalement monter au-delà en cas d’extrême luminosité, mais une lampe torche braquée sur le capteur n’a cette fois-ci pas suffit à en faire la démonstration. Toujours est-il que les conditions lumineuses de ce mois de mars n’ont pas posé de problème lors de l’utilisation, même en extérieur.

Sa luminosité minimale en revanche est de 1,80 cd/m², garantissant que vous ne serez jamais ébloui par l’écran, même en pleine nuit (à condition de le régler au préalable bien sûr).

Et tout cela est normal puisqu’il s’agit apparemment de la même dalle que sur le Galaxy S8. Samsung a cependant légèrement revu son calibrage pour le rendre meilleur encore. Ainsi, s’il est nativement configuré en mode « Adaptatif » afin de plaire au plus grand nombre avec une température des couleurs tournant autour de 7500 K, son mode « Basique » offre une colorimétrie parfaite qui ne s’éloigne que très peu des 6500 K.

Autant dire qu’on atteint là des sommets de perfection et qu’il devient très difficile de faire la différence d’un smartphone à l’autre lorsque l’on pioche dans le haut du panier.

 

Le mieux est l’ennemi du bien

Je ne vais pas ici m’étendre des heures durant sur l’interface du Samsung Galaxy S9+, tout simplement parce que Maxime l’a déjà fait dans son test du Galaxy S9 (possédant la même interface) et que mon avis est similaire au sien. On reste sur une interface Samsung Experience 9.0 reposant sur Android 8.0 avec un patch de sécurité datant du mois de janvier. Le retard reste correct.

L’année dernière, avec le Galaxy S8, je disais que « c’est à cela qu’Android devrait ressembler ». Avec son thème personnalisable, ses multiples options et ses quelques fonctionnalités ajoutées, j’étais conquis. Mais c’est Samsung, et le constructeur veut toujours faire mieux, au risque d’en faire trop, ce qui est le cas sur ce Galaxy S9.

L’interface de Samsung devient vite pesante

Si on omet Bixby, qui ne sert à rien en l’état à part gêner l’utilisateur, l’interface de Samsung devient vite pesante. Tout est prétexte à une infobulle qu’il faut défiler sur trois volets avant de pouvoir accéder pour la première fois à une fonction, même la plus basique. Imaginez-vous arriver aux toilettes et être obligé de lire le manuel d’utilisation de votre cuvette, de créer un compte auprès de son constructeur et d’accepter les termes et conditions d’utilisation. Vous avez mouillé votre pantalon ? Ici c’est pareil, l’insecte que vous vouliez prendre en photo a eu le temps de s’envoler.

Mais le pire, c’est que ces infobulles prennent tout leur sens tant l’interface est beaucoup trop souvent inutilement alambiquée. À titre d’exemple, il s’agit là de la première fois que j’utilise aussi souvent la fonction de recherche dans les paramètres d’un smartphone afin de m’y retrouver dans ce labyrinthe de sous-menus. Bon nombre d’écrans sont inutilement encombrés, mais j’y reviendrai plus en détails dans la partie photo, particulièrement symbolique de ce défaut.

Ajoutons à cela un nombre grandissant d’animations qui alourdissent la navigation, pourtant fluide sans cela. Le capteur d’empreintes est par exemple très rapide à scanner le doigt, mais l’animation de déverrouillage donne une impression de lenteur incroyable à la manipulation.

Enfin, notons que si les applications de Samsung peuvent ne pas être installées lors du premier démarrage (à condition de faire encore un minimum attention au bout après avoir cliqué une bonne douzaine de fois sur « suivant »), il reste toujours la suite Microsoft (Word, Excel, PowerPoint, OneDrive et LinkedIn), que l’on peut heureusement désactiver, et Bixby, qui prendra toujours de la place sur la mémoire vive et le stockage de votre téléphone. Et je ne vous parle même pas du clavier…

 

Des performances de haut de gamme

Le Samsung Galaxy S9+ reprend le même SoC que le GS9, à savoir l’Exynos 9810. Il s’agit d’une puce gravée en 10 nm FinFET LPP avec des cœurs personnalisés allant jusqu’à 2,9 GHz. Le tout est couplé à 6 Go de RAM au lieu des 4 Go présents sur le Galaxy S9. Le marketing de Samsung promet des performances de 40 à 50 % supérieures d’une génération de processeur à l’autre pour une consommation énergétique similaire.

 Samsung Galaxy S9+ (FHD+)Reference Design S845Samsung Galaxy Note 8 (FHD+)Huawei Mate 10 Pro
SoCExynos 9810S845Exynos 8895Kirin 970
AnTuTu 7.x249034257637199313207132
PCMark 2.05 379n/c5 1597 028
3DMark Slingshot Extreme3 3124 4032 6592 818
3DMark Slingshot Extreme Graphics3 6464 8092 7212 874
3DMark Slingshot Extreme Physics2 5093 4002 4632 638
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)26 / 28 FPS22 / 35 FPS21 / 25 FPS20 / 21 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen)57 / 77 FPS54 / 84 FPS54 / 58 FPS51 / 54 FPS
Lecture / écriture séquentielle814 / 207 Mo/sn/c783 / 205 Mo/s800 / 230 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire33,2k / 5,8k IOPSn/c32,2k / 3,8k IOPS45,6k / 44,1k IOPS

Dans les faits, les différences sont relativement minimes avec l’Exynos 8895 de l’année dernière, aussi bien dans les benchmarks qui poussent la puce dans ses derniers retranchements que sur des utilisations plus banales du quotidien. On note d’ailleurs que les chiffres montrent des résultats inférieurs à ceux d’un Snapdragon 845 de référence, même si on attend de voir ce que donne la nouvelle puce de Qualcomm une fois intégrée dans un vrai smartphone et non un design de référence.

Dans l’absolu, la navigation sur l’interface est fluide et se voit ralentie plutôt par ses animations un peu longues que par un quelconque lag technique. Et une fois en jeu, il ne fait aucun doute que l’on est ici en présence d’une configuration haut de gamme, sans pour autant que cela impressionne. Les performances sont très bonnes, mais la différence avec les SoC de l’année dernière ne se fait pas particulièrement ressentir. Autant dire que face à un Kirin 970 ou un Snapdragon 845, le Galaxy S9+ ne vendra pas particulièrement du rêve.

La photo, réellement réinventée ?

Pour cette génération, Samsung a clairement mis l’accent sur la photo, et le Galaxy S9+ a droit à son petit supplément avec un second capteur servant de zoom optique hybride. On a donc un premier module avec une ouverture variable (f/1.5 ou f/2.4), et un module plus resserré avec une ouverture f/2.4. Les deux reposent sur un capteur de 12 Mégapixels, mais le second reste tout de même plus petit (avec des photosites de 1 µm contre 1,4 µm pour le capteur principal).

L’interface

Mais avant de parler de la qualité photo, il parait important de parler de l’interface de l’application dédiée qui est, comme dit plus tôt, une véritable purge symptomatique de la volonté de Samsung d’en faire toujours plus.

À son lancement, vous arrivez sur le mode automatique, avec la possibilité de switcher sur l’un des 7 autres modes d’un simple glissement de doigt. Un peu trop simple d’ailleurs et il est quasi impossible de prendre plus de quelques photos sans se retrouver sans le vouloir en mode « mise pt direct » ou en mode « super-ralenti ». C’est d’autant plus frustrant qu’en dehors du Panorama et du mode Pro (manuel), les autres options sont très superfétatoires. Mais ne soyons pas trop médisants, puisqu’il est possible de désactiver ces modes dans les options de l’application, preuve que même Samsung est conscient de ce défaut.

Et quand ce n’est pas un changement de mode, c’est un changement de caméra qui a lieu, lors d’un glissement de doigt vertical à la sensibilité bien trop nerveuse. En revanche, au moment où vous en avez besoin, il faudra toujours vous demander s’il faut glisser dans un sens ou dans l’autre, sachant que bien sûr cela change lors d’un passage paysage/portrait.

Je vous épargne également mon avis sur les Emoji AR, que Maxime a déjà suffisamment détaillés par ailleurs dans son test. J’en pense tout autant de mal que lui, d’autant qu’il n’existe apparemment qu’une seule forme de crâne pour les chauves, ce qui rend assez peu évident de différencier son avatar d’un autre au premier coup d’œil.

La qualité d’image

Il faut cependant l’admettre, le travail réalisé sur l’appareil photo en lui-même est très bon. En plein jour, les clichés sont très précis et arrivent à rester assez nets, même à distance, et la gestion des couleurs et des différentes sources lumineuses est également étonnamment bonne. Les cibles mouvantes sont bien figées et le passage automatique en HDR fait des merveilles lorsqu’il s’agit de capturer une scène très dynamique. Même une fine fumée arrive à se démarquer sur un ciel blanc neigeux, autant dire que peu de téléphones sont capables d’un tel résultat.

Dans des conditions encore plus difficiles, la double ouverture de l’objectif fait ce qu’on attend d’elle : à savoir s’ouvrir automatiquement pour capturer davantage de lumière. Dans les faits, il faut bien l’avouer, la différence entre les deux ouvertures n’est pas flagrante, que ce soit au niveau de la profondeur de champ ou du gain de luminosité. Ce gain permet cependant d’offrir des conditions de prise de vue légèrement plus favorables, et donc de réduire un peu le temps de pose, ce qui devrait offrir à tous ceux qui comme moi n’ont pas la main très assurée de prendre une photo nette plus facilement.

Quoi qu’il en soit, le résultat est là : même en basse lumière, le Galaxy S9+ réalise de bons clichés, détaillés et aux couleurs propres. Il lui arrive cependant de lisser un peu la scène ou d’avoir des difficultés à garder l’ensemble net, mais on peut lui pardonner.

Le capteur supplémentaire fait quant à lui son office, à savoir nous rapprocher d’un élément. La qualité est également présente malgré son ouverture f/2.4, même si l’on sent à certains moment que l’appareil est obligé de pousser un peu la sensibilité, ce qui rajoute du bruit à l’image qui n’est pas forcément là sur le FOV large.

Enfin, le capteur en façade est correct, le piqué suffisant, mais il peine bien plus dans les conditions difficiles, affichant des problèmes de surexposition ici ou là, un flou visible si la lumière n’est pas avantageuse, et une colorimétrie plus hasardeuse.

La vidéo

Le Samsung Galaxy S9+ est capable de filmer en 4K à 60 images par secondes, mais il est obligatoire de se contenter du Full HD à 30 IPS pour profiter de tous les avantages du téléphone, comme la stabilisation ou le suivi autofocus. En Full HD, la qualité est cependant très bonne en extérieur, avec notamment une capture assez forte du son (un peu trop parfois concernant le son environnant, comme les bruits de moteurs dans la rue), et très peu, si ce n’est pas du tout de rolling shutter.

En intérieur ou dans des conditions difficiles, on perd bien évidemment en qualité et le résultat est souvent moins bien exposé, avec des ombres prédominantes, ou alors un ensemble bruité. Rien de choquant pour autant, il ne s’agit pas d’une caméra et aucun smartphone n’a réussi des prouesses en la matière jusque là.

La bonne nouvelle est que Samsung a laissé le zoom x2 en mode vidéo. La mauvaise, c’est que celui-ci ne repose pas sur la seconde optique, mais se contente de recadrer logiciellement l’image, la dégradant au passage.

Enfin, parlons du mode utra slow-mo dont Samsung semble être si fier. Comme tous les modes de ce genre, les contraintes sont nombreuses. Il est impératif de fuir comme la peste les lumières néon pour éviter le flickering, l’image est plus sombre, et la durée de capture est limitée afin de ne pas saturer la mémoire du téléphone trop rapidement.

C’est ce dernier point qui est finalement le plus dommageable, car le passage ralenti se trouve être extrêmement court avec autant d’images à la seconde, tellement que l’on a plus l’impression d’avoir un arrêt sur image qu’autre chose. Donc à moins de vouloir capturer en plein jour, en extérieur, l’explosion d’un ballon, son utilité est très limitée. Ce n’est au final qu’une option de plus sur laquelle votre doigt va glisser par mégarde alors que vous cherchiez à faire autre chose.

Audio

Petite nouveauté chez Samsung, les Galaxy S9 possèdent un double haut-parleur, l’un étant situé sur la tranche inférieur, le second en façade puisqu’il s’agit du haut-parleur d’appels, utilisé pour l’occasion. Samsung n’est pas le premier à utiliser cette technique, déjà grandement utilisée, notamment par les constructeurs chinois. La réalisation reste cependant très soignée.

Notons déjà que l’ensemble a été calibré pour ne pas provoquer de coupure lorsque le téléphone passe d’une orientation verticale à une position en mode paysage et que les 2 enceintes ont été finement calibrées pour fournir un son qui parait équilibré des deux côtés malgré leur orientation différente et la différence de puissance significative. Résultat, on obtient un son à la fois fort et clair, très agréable pour regarder un film, une série, ou n’importe quelle vidéo de discussion (comme des podcasts).

Le haut-parleur principal a cependant tendance a faire un peu résonner le téléphone à plein volume, ce qui peut être dérangeant sur certains types de musiques, notamment lorsque les basses sont très marquées. Cela reste néanmoins un défaut mineur pour un smartphone.

Enfin, notons que le gabarit du S9+ est plus imposant que celui du S9, ce qui offre une meilleure prise en main à l’horizontale et permet d’obstruer bien moins souvent l’amplificateur principal que sur le petit modèle.

Pour une écoute au casque, sur prise jack, on note que le son est une nouvelle fois très puissant (évitez le volume maximum) et très clair avec des aigus et des médiums bien définis. Les basses sont cependant très marquées, ce qui se ressent sur certains styles musicaux et qui ne comblera pas forcément les amateurs de son neutre ou ceux qui possèdent un casque amplifiant déjà ces fréquences. Dans mon cas, la différence s’est montrée flagrante sur un Audio Technica MSR7, pourtant réputé pour son équilibre.

Les plus tatillons pourront cependant se rendre dans les paramètres du téléphone, d’une part pour activer le Dolby Atmos, qui pousse un peu plus la qualité à fort volume, et d’autre part pour ajuster l’égaliseur à leur goût.

Enfin, rappelons que Samsung a déjà adopté la norme Bluetooth 5.0.

Réseau et communications

Tout comme le Galaxy S9, le S9+ embarque un modem LTE de catégorie 18 lui permettant en théorie d’atteindre des débits de 1,2 Gb/s en agrégeant jusqu’à 6 bandes. Il est par ailleurs compatible avec toutes les bandes de fréquences françaises, y compris les B20 (800 MHz) et B28 (700 MHz)..

Sans surprise, l’accroche réseau est donc exemplaire et nous n’avons rencontré aucun problème lors de notre période de test en Ile-de-France sur le réseau d’Orange.

Il en va de même en WiFi avec sa connectivité Wi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac qui a toujours atteint les débits maximaux proposés par nos réseaux.

Les appels sont également clairs, aussi bien en émission qu’en réception et ne posent aucun problème de distorsion tout en atténuant assez les bruits de fond pour réussir à communiquer sans souci dans une rue parisienne fréquentée.

Enfin, le GPS fixe rapidement assez de satellites pour se localiser correctement (à quelques mètres près dans un premier temps avant de rapidement corriger sa position), et sa boussole est nativement bien calibrée.

 

Une autonomie décevante

Le Samsung Galaxy S9+ embarque une batterie de 3500 mAh, soit un peu plus que le Galaxy Note 8 (3300 mAh). Cela reste correct, mais semble un peu juste lorsqu’on le compare au Mate 10 Pro et à sa batterie de 4000 mAh.

Dans les faits, je dois avouer que mon premier contact avec le S9+ a été plutôt bon. Posé sur une table, Always-On activé, sans bouger du week-end, il a plutôt bien tenu la charge et j’ai été assez surpris de ne pas le retrouver à plat. Puis je l’ai allumé, et j’ai déchanté. En seulement 13 min d’utilisation de l’écran (pour de la messagerie et des réseaux sociaux) et moins de 2 heures loin du chargeur, le téléphone avait déjà perdu 7 % de batterie.

Globalement, le S9+ peine à dépasser les 4 heures de Screen On Time sur une même charge, ce qui ne m’étais pas arrivé depuis longtemps sur un flagship. Autant dire qu’avec mon utilisation, je tiens difficilement la journée.

Ces impressions ont été peu ou prou confirmées par notre protocole de test automatisé SmartViser. Avec la luminosité d’écran calibrée à 200 cd/m², le téléphone a tenu 9h15. C’est beaucoup mieux que le S9 (8 heures), mais encore loin du OnePlus 5 que j’utilise au quotidien (11h28). Il faut bien l’admettre, c’est décevant, même s’il y a pire.

Score Viser
  • Galaxy S9+ : 555
  • Galaxy S9 : 480
  • OnePlus 5T : 637
  • Pixel 2 XL : 584

Les habituels modes d’économie d’énergie sont bien sûr de la partie, mais ils sont censés permettre de gagner quelques minutes, voire quelques heures sur les très longues journées, par à réaliser une journée normale…

Pour la recharge, le bloc secteur d’origine délivre un courant de 15W pour un 0 à 50 % en 40 minutes, ou un 0 à 100 % en 1h45. Encore une fois, c’est loin d’être extraordinaire, d’autant plus quand l’on sait que 50 % de batterie ne promettent pas de nombreuses heures d’utilisation. C’est le temps qu’il faut habituellement pour des batteries de 3750 ou 4000 mAh.

 

Prix et date de sortie

Les Samsung Galaxy S9 et S9+ sont disponibles en précommande pour une commercialisation le 16 mars 2018. Le prix de vente conseillé du Galaxy S9+ est fixé à 959 euros.

Galerie photo

Test Samsung Galaxy S9+ Le verdict

design
7
Le Samsung Galaxy S9+ est toujours aussi beau, moins glissant et se paye le luxe d'avoir un port jack en 2018. Il a tendance cependant à accuser le temps qui passe et son ergonomie laisse à désirer, notamment en raison du bouton dédié à Bixby, toujours aussi désagréable.
écran
10
Comme toujours, Samsung propose ici le meilleur écran du moment. Excellent en tous points !
logiciel
6
Samsung Experience était intéressant l'année dernière. Puis Oreo est arrivé et Samsung a essayé d'améliorer son interface logicielle en rajoutant des fonctionnalités, retombant dans ses travers de la pire époque. Tout est trop chargé au mieux, bordélique au pire, et bien trop souvent mal placé et moyennement bien pensé.
performances
8
Le Galaxy S9+ est un smartphone haut de gamme, c'est indéniable. Plus que le S8+ ou le Note 8 ? À moins de scruter le téléphone à la loupe, il est difficile de le dire. On ressent les mêmes légères chutes de framerate sur les utilisations les plus gourmandes (et avouons-le, les moins optimisées) et les améliorations à ce niveau ne se ressente pas particulièrement. Il reste donc dans le haut du panier, mais l'arrivée des smartphones dotés d'un S845 pourrait le faire frémir.
caméra
9
Samsung s'est donné le défi de réimaginer la photo. C'était peut-être un peu audacieux et très prétentieux, et on ne peut pas dire que ce soit réellement le cas. Mais une fois ces considérations marketing mises de côté, le Galaxy S9+ reste l'un des meilleurs smartphones du moment pour prendre des photos. La prise en main est un peu difficile en raison de l'application native de Samsung, l'intérêt de la double ouverture reste très minime et le super slow-mo est juste inutile, mais pour le reste, il est très difficile de prendre le SGS9 en défaut, aussi bien de près que de loin. Chapeau bas.
autonomie
6
La batterie du Galaxy S9+ est réellement décevante. Si elle tient étonnamment bien en veille, elle fond comme neige au soleil dès lors que l'on allume l'écran. Et ne comptez pas sur le charge "rapide" pour vous sauver la mise en quelques minutes.
Note finale du test 8/10
Le Samsung Galaxy S9+, tout comme le S9, portait sur ses épaules les espoirs de Samsung pour réimaginer la photo et un peu quelque part aussi le smartphone. On ne peut pas dire que l'on sente un énorme gap avec les générations précédentes, mais le résultat est bel et bien là.

On a donc un smartphone qui tient sérieusement la route matériellement parlant, avec un écran sublime, un très bon appareil photo, un haut-parleur plus que correct et quelques détails agréables comme le port jack toujours présente. La puissance est également présente, même si elle ne semble pas inaugurer une nouvelle génération, se laissant même parfois dépasser par des puces de 2017.

Malheureusement, toute l'expérience est gâchée par la manie du constructeur d'en faire toujours plus. Le bouton Bixby est frustrant et nécessite de s'inscrire à un service JUSTE pour le désactiver, l'application caméra est un fardeau, mais surtout Samsung Experience est devenu une véritable usine à gaz rappelant les pires dérives de la firme en la matière (coucou Galaxy S4). Tout est bordélique, mal pensé, encombré et bourré de fonctionnalités dont on se passerait bien la plupart du temps, obligeant à fermer un grand nombre de pop-ups explicatives des-dites fonctions.

Et si tant est que l'on arrive à passer outre cette interface abominable (en changeant le clavier, le launcher, les applications de bases, en désactivant Bixby et en finissant par apprendre par cœur les sous-sous-sous-menu des paramètres), le Galaxy S9+ reste décevant sur un autre point très important : l'autonomie. Partir une journée sans votre chargeur pourrait se révéler problématique si un imprévu vous demande d'utiliser votre smartphone un peu plus longtemps que de coutume, on se croirait retourné en 2012.

Venant du numéro un du marché, ce flagship est donc décevant malgré ses excellentes qualités.
  • Points positifs
    • Le port jack !!
    • Le plus bel écran du moment
    • Dual SIM
    • Son Dolby Atmos et égaliseur intégré
    • Très belles photos
  • Points négatifs
    • Le bouton Bixby
    • Le capteur d'empreintes encore un poil mal placé
    • Samsung (Mauvaise) Experience
    • Autonomie digne d'une autre époque
    • L'application Caméra