Nos politiques sont nuls en informatiques… mais moins que les autres

 

Une étude s'est penchée sur les informations de nos personnalités politiques disponibles sur le dark web. Résultat : il y en a beaucoup... mais moins que pour d'autres pays européens.

Assemblée nationale

Personne n’est à l’abri de se faire pirater, encore moins les personnalités politiques qui manipulent des données sensibles. Il n’est donc pas très étonnant de retrouver certaines de leurs informations privées en vente sur le dark web. Numerama détaillait d’ailleurs en 2023 l’histoire de l’accès à une boîte mail de député vendu pour 138 euros.

18 % de personnalités politiques hackées

Une étude menée par Proton et Constella Intelligence indique que sur les 925 membres de l’Assemblée nationale et du Sénat, 166 ont vu leurs informations diffusées sur le dark net. Cela représente tout de même 18 % de l’ensemble des deux chambres, soit près d’un parlementaire sur cinq. Notons tout de même une énorme disparité entre le Sénat (33 % des sénateurs sont concernés) et l’Assemblée (8,8 % des députés). Cela peut-il avoir un lien avec la différence d’âge entre les deux chambres ? Rappelons que la moyenne est de 60 ans pour le Sénat et de 49 ans pour l’Assemblée.

Cela paraît beaucoup, d’autant que ce sont des personnes qui peuvent détenir des informations particulièrement sensibles, mais il est vrai que c’est un score relativement « bon ». À titre de comparaison, un test de sécurité avait été mené au sein d’Humanoid, l’entreprise qui édite Frandroid et dont les (plutôt jeunes) membres sont globalement sensibilisés aux failles informatiques. Et pourtant, près de 18 % ont tout de même cliqué sur un lien qui aurait potentiellement pu compromettre les données de leur ordinateur de service.

Dans d’autres pays, le bilan est bien pire. L’étude révèle ainsi qu’en Angleterre, ce sont 68 % des parlementaires qui ont vu des informations personnelles
liées à leur compte de messagerie officielle fuiter sur le dark web. Et 44 % des députés européens.

Des attaques répétées

Il peut s’avérer alarmant de voir qu’aucune mesure n’est prise pour sécuriser davantage certains comptes. Bien que seulement 166 personnalités politiques soient concernées, ce sont 1306 occurrences d’adresses mail qui ont été relevées dans ce rapport. Une seule personne a ainsi subi jusqu’à 137 fuites !

Pire encore, 320 mots de passe de comptes piratés sont échangés en texte clair dans l’arrière-boutique d’internet. Un sujet qui peut s’avérer non négligeable pour la sécurité nationale.

Dans son communiqué, Proton précise que les comptes en question sont souvent liés à une fuite d’un service tiers comme LinkedIn, Dailymotion ou Dropbox. Des comptes pouvant contenir des informations personnelles facilitant les campagnes de phishing pour accéder à des données bien plus sensibles encore.

À la suite de cette étude, toutes les personnes concernées ont été averties de cette divulgation d’informations. Si vous voulez vérifier si vos informations sont corrompues, des services comme Have I Been Pwned permettent d’en avoir le cœur net. Et un gestionnaire de mots de passe est déjà un très bon moyen de se prémunir d’attaques en cas de fuite.


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