18 grammes pour tout retenir : SwitchBot s’attaque au marché de l’assistant vocal portable

 
Après l’échec cuisant du Humane AI Pin, on pensait le marché des « badges IA » mort et enterré. Mais SwitchBot n’est pas d’accord. Au CES 2026, ils dégainent le MindClip, un assistant vocal discret conçu pour être votre « second cerveau ». La promesse est belle : transformer vos conversations en to-do lists. La réalité ? Elle dépendra de l’abonnement.

SwitchBot sort de ses murs. Connue pour domotiser nos intérieurs, l’entreprise profite du CES 2026 pour s’attaquer à un tout nouveau terrain de jeu : l’extérieur, et plus précisément votre veste. Voici le SwitchBot AI MindClip, un accessoire qui ressemble à s’y méprendre à un simple clip, mais qui ambitionne de devenir votre « moteur de connaissances personnel ».

L’idée n’est pas nouvelle (on pense aux déboires de Humane ou Rabbit), mais l’approche ici semble beaucoup plus pragmatique. Pas d’écran laser ou de projection futuriste inutile. Juste un micro, de l’IA, et une promesse : alléger votre charge mentale.

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Un « Second Cerveau » dans la poche

Concrètement, qu’est-ce que ça fait ? Le MindClip n’est pas un dictaphone de luxe. Il capture en continu vos réunions, vos conversations ou vos idées à la volée. Mais la vraie magie opère après, dans le cloud.

L’appareil transforme ces données audio brutes en résumés structurés et en listes de tâches exploitables (les fameuses to-do lists). Vous sortez d’une réunion de 2h ? Le MindClip vous en sort les 3 points clés et ce que vous devez faire pour lundi. C’est le concept du « second cerveau » : une base de données personnelle que vous pouvez interroger.

Le système permet de « poser des questions lorsque des détails ont été oubliés ». Par exemple : « Qu’est-ce que Michel a dit à propos du budget marketing mardi dernier ? ». Si ça fonctionne comme promis, c’est un outil de productivité redoutable pour ceux qui enchaînent les calls.

18 grammes et un abonnement

L’objet ne pèse que 18 grammes. C’est imperceptible sur un vêtement, ce qui corrige le défaut majeur des concurrents souvent trop lourds ou encombrants. Il gère également plus de 100 langues, ce qui en fait potentiellement un outil de traduction ou de prise de notes universel.

Mais attention, il y a un « mais ». Et il est de taille. Toute cette intelligence ne tourne pas en local sur ce petit bout de plastique. Le MindClip est alimenté par un service d’IA Cloud sur abonnement.

On achète le matériel, mais pour qu’il soit utile, il faut repasser à la caisse tous les mois. SwitchBot positionne cela comme un service premium pour « transformer des informations fragmentées en connaissances exploitables », mais reste à voir si le tarif sera digeste pour le grand public.

La question qui fâche : la vie privée

SwitchBot assure que le MindClip est conçu pour « la vie et le travail ». Il capture les « moments du quotidien ». C’est là que notre sourcil se lève. Avoir un micro ouvert en permanence sur soi pose d’immenses questions de confidentialité, non seulement pour l’utilisateur, mais pour les personnes autour.

La marque met en avant le chiffrement de bout en bout, ce qui est le minimum syndical. Mais confier l’intégralité de ses conversations pro et perso à un cloud tiers demande un niveau de confiance absolu.

Il y a pléthore d’appareils similaires actuellement. Le plus attendu ? Celle du partenariat entre Jony Ive et Sam Altman. Fin 2023, Bloomberg révélait que l’ancien designer historique d’Apple (iMac, iPod, iPhone) travaillait avec le CEO d’OpenAI sur un « appareil basé sur l’intelligence artificielle » destiné à un usage quotidien.


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