Voitures électriques : ce monstrueux tout-terrain d’Audi qui roule à l’essence

 

Après une première participation en demi-teinte l'an dernier au Rallye Dakar, Audi revient avec une voiture électrique (ou presque) "considérablement améliorée", notamment au niveau de la partie aérodynamique.

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Au début de l’année, Audi avait engagé trois voitures électriques à l’occasion du Dakar, qui, comme son nom ne l’indique plus, se déroule en Arabie Saoudite. Ces trois voitures, pilotées par Carlos Sainz, Stéphane Peterhansel et Mattias Ekström, auraient pu connaître un meilleur succès, mais les faits de course et les incidents en ont voulu autrement. La firme aux anneaux a toutefois remporté quatre victoires d’étape, mais sa meilleure voiture ne se plaça que neuvième au classement général final.

L’année prochaine, lors de l’édition 2023, Audi compte faire mieux au Dakar. Et pour l’occasion, la firme allemande vient de présenter un nouveau prototype qui se base techniquement beaucoup sur l’ancien, mais avec de profondes améliorations. Comme vous n’êtes sûrement pas sans le savoir si vous suivez avec assiduité le sport automobile, un certain nombre de réglementations contraignent les constructeurs. Ainsi, les ingénieurs d’Audi Sport ont dû composer avec, tout en essayant d’améliorer considérablement leur voiture.

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Une voiture plus large, moins lourde pour plus d’aérodynamisme

Ainsi, Audi annonce avoir revu les dimensions intérieures avec un cockpit nettement plus large, de nouveaux capots avant et arrière, et la suppression du passage sous le capot arrière à gauche et à droite des montants B. Les ingénieurs ont restructuré tous les systèmes d’affichages et de commandes, y compris un nouveau commutateur pour sélectionner parmi quatre «zones système» qui donnent accès aux différents modes de conduite.

Le poids étant l’ennemi en compétition, les ingénieurs ont aussi réduit le poids de l’engin avec l’ajout de couches de matériaux composites. Alors que le poids minimum pour la catégorie T1U à carburant alternatif a été augmenté de 2 000 kg à 2 100 kg, l’Audi de l’an passé était clairement supérieure à ce poids, ainsi, la firme d’Ingolstadt a cherché à réduire le poids de « plusieurs dizaines de kilogrammes », sans pour autant préciser le chiffre exact.

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Il y a eu de nombreux changements esthétiques par rapport au modèle précédent. Des changements qui ont une fonction, puisqu’ils doivent permettre d’améliorer l’aérodynamisme. L’Audi RS Q e-tron E2 mesure 4,67 mètres de long, 2,30 mètres de haut et 1,95 mètre de large, soit environ 17 centimètres de plus que la version précédente.

La marque précise que la traînée aérodynamique a été réduite d’approximativement 15 %, tandis que la vitesse maximale reste limitée à 170 km/h. Audi annonce que cela permet de réduire considérablement les besoins énergétiques de la voiture, la rendant plus efficace. Et justement, que se cache-t-il sous le capot ?

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Trois moteurs électriques et un bloc essence

Le même groupe motopropulseur que le modèle précédent, à savoir une motorisation intéressante que l’on qualifierait d’hybride et qui se divise en plusieurs éléments. Il y a, d’une part, le moteur électrique MGU05 utilisé en Formule E (250 kW soit 340 ch et 33 kg) qui est situé au-dessus de l’essieu avant. Ce moteur est alimenté par une batterie Lithium-ion composée de 13 modules et de 266 cellules chacun développant une capacité de 52 kWh. Cette batterie pèse 375 kg.

Nous retrouvons un énorme réservoir d’essence de 295 litres qui alimente le « générateur » tel que l’on pourrait l’appeler (ou bien prolongateur d’autonomie, comme sur l’ancienne BMW i3 REx) bien utile lors des longues étapes du Dakar), à savoir un quatre cylindres essence 2,0 litres TFSI qui est relié au deuxième moteur électrique afin de recharger la batterie et de récupérer l’énergie au freinage. Enfin, un troisième bloc électrique entraîne les roues arrière et n’est pas relié mécaniquement à l’essieu avant. Au total, l’Audi RS Q e-tron E2 développe 386 ch avec un transmission intégrale.

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Une réduction de la consommation

Toujours dans l’optique de réduire la consommation d’énergie, Audi a revu le logiciel interne avec un meilleur contrôle de la puissance, notamment lorsque la voiture est sur terrain accidenté et où elle passe pas mal de son temps les roues en l’air, sans avoir besoin de puissance à ce moment précis.

Dans la même philosophie, les appareils auxiliaires bénéficient également d’une commande optimisée, comme la climatisation par exemple, qui fonctionnera désormais par intermittence. Au début de l’année, les ingénieurs d’Audi avaient constaté qu’un fonctionnement excessif de la climatisation pouvait provoquer le gel du liquide de refroidissement.

L’Audi RS Q e-tron E2 fera sa première apparition en compétition à l’occasion du Rallye du Maroc au Maroc du 1er au 6 octobre prochain. Mais son plus grand défi, ce sera évidemment le fameux Rallye Dakar 2023 qui débutera en Arabie Saoudite le 31 décembre et qui s’achèvera 15 jours plus tard.

Vers une voiture 100 % électrique ?

À quand une voiture 100 % électrique pour couvrir le Rallye Dakar ? Les progrès dans le domaine devraient permettre ce genre de compétition, notamment avec l’arrivée des nouvelles batteries, comme la voiture chinoise Zeekr 001 dotée de 1 000 km d’autonomie sur cycle CLTC qui arrive dès l’an prochain. Ou encore avec les futures batteries solides. Encore faut-il que l’infrastructure de recharge soit présente dans les régions parcourues.

L’Europe vient d’adopter une nouvelle législation concernant les voitures hybrides rechargeables. Celle-ci pourrait mener à la fin anticipée de ce type de motorisation.
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